salaire maximum patronal jean luc melenchon

02.04.2016

Le salaire maximum patronal doit être instauré

Quelle complaisance de François Hollande et de ses ministres pour les salaires monstrueux des PDG ! Aujourd’hui, c’est le conseil d’administration des entreprises, c’est-à-dire les représentants choisis par les actionnaires, qui décident des rémunérations des dirigeants. À Renault comme à PSA, l’État est un de ses actionnaires, parmi les plus influents. Mais les ministres du gouvernement Hollande se cachent derrière leur petit doigt en expliquant que les représentants de l’État dans les conseils d’administration de Renault et PSA ont voté contre ces rémunérations mais qu’ils n’y peuvent rien car l’État n’est pas majoritaire au capital de ces entreprises.

Il ne leur reste donc que les postures morales d’ailleurs bien timides. Le ministre des Finances Michel Sapin se contente de dire que la hausse du salaire de Carlos Tavares est « dommageable ». Mais il n’a rien à dire sur l’usage des fonds du crédit d’impôt compétitivité pour augmenter les rémunérations des dirigeants ? Et le ministre de l’Économie Emmanuel Macron botte en touche : « nous ne pouvons pas l’empêcher, c’est normal parce que nous n’avons pas la majorité du capital, mais d’un point de vue politique et éthique, je considère que cette rémunération est trop élevée. Je pense que Carlos Tavares a tort de faire abstraction de la sensibilité des Français sur ce sujet ». Ça sonne si faux de la part de celui qui voudrait que les jeunes Français aient comme rêve dans la vie de devenir milliardaires.

Derrière les postures morales et médiatiques, Macron est d’accord avec la logique de ces salaires vertigineux. Il l’a dit sur RTL : « je vous dis qu’étant en charge de la politique industrielle et de l’État actionnaire, je veux avoir les meilleurs talents à la tête de l’industrie française, et cela passe aussi par là ». Raison pour laquelle le gouvernement et François Hollande n’entendent absolument pas agir pour empêcher ces rémunérations indécentes. Macron lui-même salue Carlos Tavares : « c’est un bon manageur, en train de réussir la transition de l’entreprise ». Et il écarte toute idée de légiférer contre ses rémunération, renvoyant la question à la seule morale personnelle : « au final, je pense que la responsabilité et l’éthique ne se règlent pas par la loi, mais par l’exemple que l’on donne ». Prêchi prêcha !

Ça suffit ! Je propose d’en finir avec ces « récompenses » indécentes ! Pour cela, je propose d’agir et pas seulement d’attendre une auto-limitation et autres codes éthiques bien connus ! Comment ? En fixant par la loi un salaire maximum. C’est-à-dire un écart maximum entre le salaire le plus bas et le salaire le plus élevé dans une entreprise. J’ai proposé de fixer cet écart maximum à vingt fois le salaire le plus bas. Cette mesure a été appliquée en Équateur par le président Correa. Je mentionne qu’en France, dans l’économie sociale et solidaire, un tel principe existe déjà et qu’il n’autorise qu’un écart de un à sept. Mais notez l’arrogance de la caste qui accable ceux qui réclament une hausse du SMIC et défend les siens. Pour les puissants, le salaire des petits est toujours trop élevé. Mais ils ne trouvent rien à redire aux salaires de leurs amis grands patrons.

Je propose donc les prendre à leur propre jeu et de leur retourner l’argument. Avec ma proposition de salaire maximum, si Carlos Ghosn veut gagner 7,2 millions d’euros au titre de sa fonction de PDG de Renault, il le pourra. Mais à une condition : augmenter les salariés de Renault de sorte à ce que le moins bien payé gagne 360 000 euros par an soit 30 000 euros par mois ! Si Carlos Tavares veut gagner 5,2 millions d’euros par an, le conseil d’administration pourra en décider ainsi. A condition que le salarié le moins payé de PSA soit payé 260 000 euros par an soit 21 000 euros par mois ! Chiche ? Sinon rendez-vous en 2017.

 

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