Le mois dernier, ce blog a reçu 372 806 visites

149 commentaires


  1. Noëlle MOLINELLI

    Quelques éclaircissements s’imposaient. Désormais, tout est limpide ! Espérons que le journaliste de l’Humanité et Benoît Hamon prendront le temps de lire ces clarifications.

    1. max

      J’en doute, ces mecs la n’ont aucune fierté personnelle et ne reconnaissent jamais leur faute ou leur incompétence. Juste des petits « toutous » du système !

  2. Maryse Smith

    Bonjour Jean-Luc, je souhaite savoir pourquoi certains Insoumis ont ressenti le besoin de se réunir en délégation ou en groupe à l’intérieur des Insoumis. N’y a-t’il pas un risque que chacun prêche encore pour sa chapelle et que çà parte encore en vrille comme au FdG ? Quel est l’intérêt pour les Insoumis d’accepter que des Insoumis se disent communistes, ou PS ou autres à l’intérieur du mouvement ? Quel sera l’impact de leurs « délégations » à l’intérieur du mouvement ? Merci par avance de ta réponse.

    1. Claire Pinçon

      Bonjour , je dois dire que je me pose la même question. Pourquoi atomiser un mouvement dont la force principale est le rassemblement ?

    2. Francis

      La réponse n’est-elle pas dans le texte de JL Mélenchon ?
      « l’espace politique » du mouvement. Cet espace est composé de divers groupes communistes du PCF qui se sont nommés « Communistes insoumis », de « la nouvelle gauche socialiste », du Parti de gauche et des militants de « Ensemble insoumis ».
      C’est précisément pour ne pas nier le rôle des partis que cet espace dédié existe au côté de l’espace citoyen. Me semble t’il.

    3. J.Bayle

      Je vois ce que vous voulez dire mais la France Insoumise est un mouvement citoyen, et le FdG était une alliance de partis politiques. Le prisme est donc plus important et la contribution de partis politiques, syndicats ou encore associations citoyennes sont une force au lieu d’être un frein à la venue des citoyennes et citoyens, et ainsi à un travail vraiment constructif !

    4. Claire Pinçon

      Vous devez avoir raison. J’espère juste que tous sauront être insoumis avant d’être socialistes, communistes, et autres. Ce serait une catastrophe que toute cette belle énergie se dilapide en querelles intestines.

    5. Sylvain COSTET

      Pour moi aussi le coup de la délégation composée uniquement de membres de partis pour représenter un mouvement dont la majorité des membres ne l’est pas pose problème. Cette rencontre avec le PCF engageant tout le mouvement il aurait été normal, en bonne démocratie, que soit constituée une délégation représentative de la composition de la France Insoumise. Cette histoire d’«espace politique» constitué de la sorte ressemble trop à une tentative d’instaurer une direction des partis sur le mouvement et donne malheureusement l’impression que les leçons de l’échec du FdG n’ont pas été tirées contrairement aux apparences de ces derniers mois. À éclaircir d’ urgence.

    6. Le Père Duchesne

      Je dirais même plus. Pourquoi reconstituer un cartel de politiques, dont certains ont quand même collaboré durant des années avec l’actuelle droite de gouvernement, pour discuter avec un parti dont les dirigeants nous sont clairement hostiles ? Rassembler, oui, mais sous le contrôle des citoyens uniquement. Quel est exactement le mandat de l' »espace politique » de la France Insoumise pour cette rencontre ? Un compte rendu de l’entrevue est-il prévu ? Les décisions prises à l’issue de celle-ci seront-elles soumises à l’approbation de l’ensemble du Mouvement ? Je réprouve, pour ma part, la coexistence d’un « espace politique » et d’un « espace citoyen », sauf si ce dernier est majoritaire, contrôle le premier et mandate celui-ci, par principe démocratique.

    7. MP Langeais 37

      Idem, c’est pour moi aussi assez insupportable ce travail « souterrain » d’appareils qui semble exclure les insoumis non encartés pour aller palabrer avec le (seul) PCF. Certes il y a la charte (sorte de mandat) à laquelle vous faites référence. Mais c’est accorder bien de l’importance à une organisation qui n’est plus que l’ombre d’elle-même et qui, si j’en crois les échos de la fédé locale, à déjà tranché. Mais peut-être n’est-ce que tactique, pour ne pas être accusé de sectarisme, prêter le flan aux coups bas et ne pas tirer sur l’ambulance ?
      Pour le reste de l’analyse, je partage.
      « La France insoumise… n’est pas un parti parmi les autres. C’est un label commun pour une action commune (…) ce label désigne l’action commune sur un objectif très ample : porter une candidature à l’élection présidentielle et avec elle un programme pour transformer le pays »
      C’est effectivement aujourd’hui la priorité.

    8. Pascal Jean-Michel

      « l’espace politique » du mouvement. Cet espace est composé de divers groupes communistes du PCF qui se sont nommés « Communistes insoumis », de « la nouvelle gauche socialiste », du Parti de gauche et des militants de « Ensemble insoumis».
      Cela veut dire qu’à l’intérieur du mouvement il y a la composante partidaire dans sa diversité et les Insoumis qui encartés ou non sont la masse des bénévoles. Vous remarquerez que cet espace politique regroupe des militants qui se battent pour rallier leurs camardes de parti à FI. C’est pourquoi on lit : « communistes insoumis », « Ensemble insoumis », « nouvelle gauche socialiste » (ce la désigne les vrais frondeurs qui ont quitté le PS). Quant au PG, lui, dans sa totalité soutient FI et c’est le seul agissant ainsi pour le moment. C’est important pour la représentativité de FI, mais en aucun cas ça ne peut prendre le pas sur la masse des bénévoles qui constitue FI pour l’essentiel. Ces militants ne sont pas parcourus par des courants de pensée et il ne faut pas ! Alors, sans doute faut-il veiller à ces délégations qui en rencontrent d’autres et ne jamais oublier que nous avons la grande chance d’avoir de très nombreux militants non encartés qui doivent se retrouver dans les représentations diverses du Mouvement. Je ne doute pas que cette volonté existe. Il reste à la faire vivre pleinement.

    9. J.Bayle

      Oui vos commentaires sont en même temps très judicieux, ne (re)partons pas dans de mauvaises et vieilles tambouilles politiciennes. Mais je me dis tout de même que cette délégation d’Insoumis est allée à la rencontre des dirigeants du PCF de manière diplomate et non pas opaque pour convaincre du mouvement la France Insoumise. Je ne pense pas à un quelconque marchandage qui ferait fuir les citoyens.
      Continuons toutes et tous de construire, d’avancer tous ensemble et que chaque citoyenne et citoyen amène sa pierre à l’édifice et se retrouve dans la France Insoumise. Évitons les divisions et querelles qui ne feraient que nous pénaliser.

    10. Vassivière

      Je partage les mêmes interrogations concernant cette délégation composée uniquement de membres de partis. Pourquoi n’y a-t-il pas eu de représentants citoyens du mouvement ?

    11. morvan

      Bon, j’admets que dans un 1er temps mon versant ado de presque septuagénaire m’a fait sursauter, comme apparemment une cohorte d’autres insoumis. Toutefois, et après réfléchissement documenté, j’ai conclu que mon début d’ire n’était justifié que quant à la forme, de l’annonce « fait accompli » de cette rencontre, et du label « espace politique » donné à cette délégation, laquelle eût pu rester délégation tout court sans encombre, évitant ainsi aux inquiétudes de se réveiller. Je me permets donc de décerner un zéro assez pointé quant à cette forme, et à l’impression d’exclusion qu’elle peut donner aux autres insoumis, lesquels sont convaincus à juste titre d’être engagés politiquement dans FI. Maintenant le fond, en le mettant sous le sceau de l’urgence « excusant » l’annonce tardive : personne ne niera qu’il fallait une rencontre, et qu’il valait mieux que ni Jean-Luc Mélenchon ni P.Laurent y soient présents. Personne ne peut nier non plus que pour cette rencontre « de l’appareil » du PCF sur des sujets cruciaux la délégation FI devait être constituée de politiques un peu ou beaucoup rompus à la dite politique. Jean-Luc Mélenchon, lors de son appel à soutien, à tous les individuels d’abord, y invitait aussi tout groupe dont partis « s’ils sont prêts à respecter le pluralisme et la priorité donnée à l’action citoyenne« , laquelle est définie ailleurs comme, notamment, chacun selon ses compétences. Les délégataires d’hier, dont on eût aimé avoir le nom, ont ces compétences. Pas moi…

      [Edit webmestre : Si vous aviez suivi le lien que donne Jean-Luc Mélenchon vers le blog d’Eric Coquerel, vous eûtes connu ces noms… Il n’est pas trop tard pour le faire.]

  3. Valiente Michel

    Depuis longtemps déjà, 10 ans, 15 ans, 20ans, je pense que « nous changeons de civilisation » comme l’expriment des intellectuels de ce monde.
    Il y eu dans notre Histoire récente « Les Révolutionnaires de 1789 », « Les Misérables de 1848 » de V.Hugo, « Les Communistes de 1945 » de L.Aragon. Il va y avoir « Les Insoumis de 2020 » (l’écrivain n’est pas connu à ce jour).
    Mon grand père et mon arrière grand-père (mineurs à Aubin – 12) étaient misérables. Mon père (mineur à Aubin – 12) était communiste. Moi-même instituteur depuis 1969, d’abord communiste, suis insoumis depuis un certain temps.
    Bon courage à tous !

  4. Nicolas.B

    Je me doutais bien que dans ce texte, comme d’habitude il y a de bonnes intentions qui en cachent d’autres moins digestes. C’est une coutume européenne courante et vos compte rendus de vote en attestent régulièrement. La mauvaise foi de Hamon est flagrante, avec Filoche ils sont là pour repeindre en rose la façade décrépie du PS pour lui refaire une virginité électorale. Mais c’est trop tard il faut raser l’édifice, ça couterait trop cher au peuple de le rénover.

  5. Jlb

    Aïe aïe aïe. Nos amis communistes (et les autres), « invités » par leurs cadres dirigeants, vont-ils vraiment devoir encoreE se rallier à ces variétés de sociaux libéraux ? Mais quand cela va-t-il donc cesser ? Quand va-t-on enfin respecter une véritable projet progressiste ? Hors des tristes arrangements de nos partis auto-vérouillés ?
    Merci Mr Mélenchon pour l’explication conceptuelle et pratique de ce qu’est ce « mouvement » (La France Insoumise), outils de construction d’un « peuple » fédéré (selon une dynamique collective, symbolique, et performative) et régénéré à sa racine, qui aspire à faire y compris avec les partis qui le souhaiteraient exactement le contraire de ce que sont nos partis aujourd’hui. Une régénération profonde de notre identité progressiste est engagée, pour une véritable construction culturelle (« hégémonique »), levier central d’un progressisme collectif de moyen et long terme. Merci de nous faire réfléchir.

  6. Jacques Arsena

    Qu’en est-il réellement de la position du PCF à l’approche des élections ? Est-il en phase de réflexion ? Est-il en préparation programmatique pour une candidature soliste ? Est-il en route pour reconstituer le feu « front de gauche » ? Est-il en alliance avec le PS et, dans l’hypothèse, sera t-il un des participants à la primaire de gauche ? Est-il attentiste de l’après primaire de gauche, en espérant que le candidat de son choix (pas encore dévoilé) en sorte vainqueur ? Il y a t-il un vrai débat en interne pour s’orienter (ou pas) vers la France Insoumise ?
    Cette série de question n’est en rien ironique ou provocatrice, mais je m’étonne de ne pas entendre de prise de parole par les cadres du PCF à quelques mois simplement des présidentielles.

    1. J.Bayle

      Ce week-end ils sont en congrès national et cela devrait (normalement) clarifier leur ligne.

    2. Vassivière

      La ligne « tout sauf Mélenchon » prévaut chez Laurent et son porte-parole Dartigolles et guide toutes les déclarations et séries de manœuvres assez embarassées. Les pressions sont fortes en interne pour dissuader les militants de soutenir les Insoumis. Il y a fort à parier, vue la culture du PC, que le résultat du congrès du 5 soit sans surprise. Et après tout ce serait une excellente nouvelle pour l’autonomie du mouvement.

  7. Ricardo Villanova

    Les primaires du PS sont une mascarade, les candidats dit de la gauche du PS sont 4 (Filoche, Lienmann, Hamon, Montebourg) et ils n’ont même pas tentés de s’unir pour avoir une chance de l’emporter au lieu de partir chacun de leur côté face à la droite du PS qui elle ne présentera qu’un candidat Hollande ou Valls. Mais c’est peut être volontaire pour laisser regagner Hollande ou son représentant puisque ils se sont engagés pour la plupart à soutenir le gagnant de l’élection , au fait est ce que Filoche et Lienmann soutiendront le gagnant de la primaire ou soutiendront ils Jean Luc ? Cette primaire ressemble plus à un congrès du PS ou chacun évalue le poids de son courant qu’à un choix honnête et où les dés ne sont pas pipés d’avance.

  8. STEPHANE VAN SON

    Pour tenter d’exister mais aussi pour tenter de nuire, Arnaud, Bernard et les autres vont multiplier les gesticulations, les coups bas, mais aussi les tirs dans le dos. Démonter leurs arguments, est-ce encore nécessaire ? Nous savons bien que quoi qu’ils disent, ils ne sont pas crédibles ! Ces querelles de cour de récré stériles faites pour détourner l’attention polluent le programme de Jean-Luc Mélenchon. Il faut s’adresser et convaincre les jeunes (beaucoup ne veulent pas aller voter car « les dés sont pipés »). Oui ! la 6ème République, le changement des institutions, c’est possible, mais pas sans eux.

  9. Francis

    J’ai suivi le dialogue entre C. Mouffe et JL Mélenchon qui fut d’une très haute tenue théorique. Le compte rendu de l’Humanité n’est pas fait pour m’étonner tant il est difficile de comprendre le monde tel qu’il est en restant englué dans ses certitudes d’hier. On peut très bien écrire un livre intitulé 99% et ne pas comprendre ce que recoupe cette réalité.
    Finalement tout est à l’avenant pour qui ne dépasse pas les apparences et pour qui ne cherche pas à analyser les mouvements profonds de l’humanité. On reste dans le général, on commente un débat philosophique et sociologique comme s’il s’agissait d’un match de football.

  10. Antoine Berrit

    M. Mélenchon,
    Rejoindre les insoumis, rejoindre son programme, vous rejoindre, c’est pour ceux qui font de la politique à plein temps et sont, à juste titre comme vous, rémunérés pour cela, tout abandonner et repartir de zéro à l’aventure. Rien donc à attendre du moindre bénéficiaire des prébendes de la République. Qui peut se rallier sinon ceux qui n’ont rien à perdre. Mais ceux-là, comment pourraient-ils consacrer leur temps au mouvement s’ils n’ont aucun moyens. D’ailleurs comment faites vous pour que les « cadres, techniciens etc. » puissent vivre tout en travaillant à la cause. S’ils sont bénévoles c’est qu’ils sont suffisamment riches pour n’avoir pas à travailler. Comment les cadres du mouvement et les 577 insoumis qui seront désignés ne pourraient-ils pas être issus de la classe favorisée, matériellement et intellectuellement. Ceux qui feront réussir le mouvement par leur nombre sont ceux qui n’ont qu’un moyen d’action gratuit, leur bulletin de vote, déléguant aux « autres » le soin de la mise en oeuvre. Soit !

    1. bruno

      Il existe également des mots tels que engagement, bénévolat. Les bénévoles du resto du cœur, du secours populaire par exemple ne sont pas riches. Par contre ils souhaitent défendre une cause et aider les autres. Vous avez le choix de rester sur votre canapé et de regarder les infos ou des séries. Perso bien qu’ayant une activité professionnelle, j’ai pu faire 2 heures de tractage sur le marché ce matin jlm2017. Allez cordialités insoumises.

    2. Pauvre2

      Beaucoup des gens dont vous parlez sont effectivement des bénévoles le plus souvent. Quelques-uns ont pris un congé sans solde pour aider. D’autres, beaucoup plus nombreux tractent, collent, militent à tous les niveaux sur leur temps de repos. Ils ne sont pas nécessairement des nantis. Mon père était ouvrier, je suis sorti de l’école à 16 ans et demi et je suis allé travailler dans différentes usines pendant 10 ans puis petit à petit, j’ai gravi des échelons sociaux. Je n’ai jamais oublié ni méprisé ce milieu. Diriez-vous que je suis issu de la classe favorisée ?

    3. Antoine Berrit

      Morale de dames patronnesses sur la paresse des pauvres et le travail comme recette pour sortir de sa condition, la bienpensance bourgeoise trouve toujours une cause à qui donner un sou pour soigner sa fausse mauvaise conscience d’avoir la chance de dormir au chaud. Rien de nouveau sous le soleil !

  11. max

    Jean-Luc
    Pourrais tu dans tes longues et intéressantes explications être un peu moins « intello » et utiliser un phrasé un peu plus accessible a des gens comme moi. Effectivement j’ai parfois un peu de mal a juste comprendre ce que tu veux dire ou exprimer par la manière que tu emploies, a savoir un vocabulaire assez sophistique qui doit, je pense, en rebuter quelques uns ! Merci de comprendre que tout le monde n’a pas ton niveau intellectuel (et ce n’est pas un défaut) et que tu devrais parfois te forcer a être plus simple dans tes explications afin que tout le monde te comprenne bien. Mais surtout continue de nous faire ces excellentes « explications de texte » qui nous permettent de connaitre souvent les dessous des choses et de nous forger un meilleur esprit critique !

    1. Pauvre2

      En lisant ce texte j’ai pensé un peu comme vous et me suis souvenu de Vygotsky, psychologue Russe dont les travaux portaient sur l’apprentissage. Comme il était de l’autre côté du rideau de fer, naturellement presque personne n’en a parlé. Il a travaillé sur un concept appelé « zone proximale de développement » (ZPD) où il explique que lorsque un personne est face à un texte « hermétique » parce qu’elle n’a pas tous les outils méthodologiques de base, elle risque d’être sidérée et décrocher. Bien sûr qu’un nouvel apprentissage nécessite une déconstruction des anciennes connaissances, mais les nouveaux apprentissages doivent être juste au niveau supérieur pour « l’apprenti » mais pas trop au dessus. Il faut aussi que « l’apprenti » fasse des efforts.

  12. bruno

    Citation d’André Gide : « Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis. »

  13. Claude31

    J’ai trouvé très intéressant le débat avec Chantal Moufle ainsi que les précisions apportées dans ce post sur ce sujet. Toutefois je m’interroge sur la place qu’occupe la lutte des classes. Si j’ai bien compris, cette dernière aurait pour finalité de faire triompher l’intérêt général humain alors qu’avant, elle avait pour objet de faire triompher les intérêts de la classe ouvrière. Cette dernière éprouvait un sentiment d’appartenance de classe que l’on nommait la conscience de classe. Que devient ce concept qui me paraît toujours d’une grande actualité ? Quelle est sa place dans le concept de peuple ? Peut on avoir une conscience de peuple aussi vivace ? Dans la vision marxiste, la lutte des classes est le moteur de l’histoire. Quel est le moteur de l’histoire dans notre conception de la révolution citoyenne ?
    Merci pour votre éclairage.

    1. Jérôme-91

      La « conscience de classe », si j’ai bien compris, reposait sur la conscience de l’opposition entre détenteurs du capital exploiteurs et travailleurs salariés exploités. C’était le « eux » et le « nous » de cette époque, qui excluait la grande masse des paysans pauvres, mais propriétaires de leur terre, les paysans non propriétaires, et les indépendants, trois catégories proportionnellement beaucoup plus nombreuses alors qu’aujourdhui.
      Notre situation actuelle est grandement bouleversée. La proportion des paysans et des indépendants a diminué jusqu’à compter moins de 10% de la population active, l’écrasante majorité de la population est salariée, retraitée d’un travail salarié, ou exhortée à chercher un travail salarié. Il y a donc un « eux » et un « nous » encore plus clair (et qui n’a pas échappé aux classes oligarchiques, comme le montrent les travaux des époux Pinçon-Charlot). Ma compréhension de la pensée de Jean-Luc Mélenchon et Mme Mouffe, est que le moteur de l’histoire devient donc la lutte entre la classe oligarchique et ses serviteurs d’un côté, et tout le reste de la population de l’autre. Le mouvement des insoumis prend acte que le camp des « nous » est profondément fragmenté, voire divisé, mais qu’il est possible de l’unir dans cette opposition. J’ajouterai que, pour moi, vu comment le capitalisme traite le sureffectif, c’est une question de vie ou de port.

    2. tidi

      La lutte des classes ne disparaît pas. Elle est replacée dans une perspective historique plus large, dont l’horizon demeure le matérialisme historique. Mais son apparition est mis en corrélation avec le nombre des êtres humains. C’est parce que le nombre d’êtres humains a augmenté que les villes apparaissent et avec elles les ouvriers et leur conscience, la classe ouvrière, dont le marxisme constitue une expression.
      Toutefois, aujourd’hui, l’augmentation de ce nombre est tel qu’il n’est plus possible de ne pas prendre en compte les dangers de destruction que celui-ci fait courir à l’écosystème humain. Cette augmentation a aussi des implications qualitatives : quasi disparition de la paysannerie, du commerce indépendant, hégémonie du salariat urbain. La lumière de cette dimension nouvelle ré-institue la classe ouvrière elle-même en « peuple », entendu ici comme conscience politique de l’intérêt général humain, le « nous » face au « eux », à ceux qui ne sont pas, qui ne peuvent être le peuple du fait de leurs intérêts antagonistes, non seulement de la survie de l’écosystème humain, mais de la majorité du salariat et donc la possibilité de citoyenneté responsable.
      Les termes changent et approfondissent la conscience qu’a la révolution citoyenne d’elle-même mais l’engagement n’en est pas pour autant moins intense ni moins messianique. Peut-être un peu moins dictatoriale. Est-ce un mal?

    3. OUZILOU

      Oui je partage ces interrogations. Se situer théoriquement est essentiel car c’est un guide pour l’action. Qu’on le veuille ou non dans cette conception du « eux » et du « nous », l’idée que la société est structurée autour de conflits et de contradictions qui s’expriment dans la lutte de classe, cette idée disparait. Au profit d’une autre où se serait le nombre qui deviendrait le support des contradictions. On est pas obligé d’être marxiste pou agir. Mais comme le souligne le texte de Jean-Luc Mélenchon cela a des conséquence sur les formes de l’organisation politique. Une des conséquences immédiates est de dire aujourd’hui qu’il ne s’agit plus de construire des partis de « classe » mais des mouvements de… (peuple ?). Considérer que les notions de lutte de classe et de conscience de classe ne sont plus des moteurs de l’histoire et cela au nom d’une idée de « peuple » très flou, me semble un tournant théorique car cette vision de l’histoire est un des fondements du matérialisme historique. N’oublions pas que ce sont ces idées qui fondaient la nécessité d’un dépassement de nos sociétés pour aller vers le socialisme. Tout cela est-il toujours à l’ordre du jour dans cette « nouvelle » pensée du « eux  » et « nous » ?

    4. Pierre Pifpoche

      @Claude31
      Il y a une erreur profonde, selon moi, dans votre question, s’agissant de votre interprétation de ce qu’était la lutte de classe et le rôle de la classe ouvrière. Vous dites en effet de la lutte des classes « …Si j’ai bien compris, cette dernière aurait pour finalité de faire triompher l’intérêt général humain alors qu’avant, elle avait pour objet de faire triompher les intérêts de la classe ouvrière. »
      La différenciation que vous faites ne me semble pas du tout légitime, en ce sens que pour nous les révolutionnaires d’alors et communistes (dont j’ai été longtemps militant), l’intérêt de la classe ouvrière contre les possédant rejoignait totalement l’intérêt général humain, y compris celui de la paysannerie et de l’artisanat. Et c’était d’ailleurs la raison d’une excellente implantation communiste dans la petite paysannerie, ainsi que d’une bonne alliance entre les intellectuels et la classe ouvrière, à l’époque. Il n’y avait donc pas de distinction à faire entre intérêt profond de la classe ouvrière (contre l’oligarchie) et l’intérêt général du peuple dans sa grande masse. Aujourd’hui, la démographie, le salariat et l’urbanisation ont changé, mais les réalités dominantes de la lutte des classes n’ont fait que se renforcer et s’homogénéiser dans un surcroit d’uniformisation. Fraternellement.

  14. Thoreau

    Je me demande si Jean-Luc Mélenchon ne devrait pas aller à la primaire du PS, et le candidat écologiste aussi. Celle-ci deviendrait alors une primaire de toute la Gauche. D’une part cela n’obligerait pas Jean-Luc Mélenchon à suivre, le cas échéant, un vainqueur qui serait de la ligne Hollande / Valls (Il pourrait par exemple appeler à voter pour le candidat du NPA) ; d’autre part cela lui permettrait d’avoir ce débat si nécessaire avec la droite du PS sur ce qu’est un programme de gauche, social et écologiste. Cette clarification serait très bénéfique pour les électeurs. De plus Jean-Luc Mélenchon aurait ainsi la parole à des heures de grande écoute dans ces débats de primaires que les grands médias aiment tant.
    Car réfléchissons bien : Jean-Luc Mélenchon peut faire seul un bon score ; entre 12 et 15 % au premier tour, voire même 17! Mais cela ne suffira pas! Pour aller au second tour il lui manquerait encore 10 points!
    Pour que la Gauche ait une petite chance d’aller au second tour et de nous éviter 5 années avec la Droite très dure, il faut peut-être prendre le risque de rassembler la Gauche.

    1. JeanLouis

      Rassemblez la gauche dites vous, oui mais laquelle ? Perversion du vocabulaire, que voulez vous rassembler avec Hollande et Valls. Comment imaginer que si JL Mélenchon arrive en tête d’une telle primaire, l’appareil du PS le soutiendra ? D’ailleurs Valls exclus JL Mélenchon et nous avec de ce qu’il appelle la gauche qu’il veut rassembler. Et vous, vous soutiendrez Hollande s’il gagnait une primaire dont on ne sait pas bien qui serait l’électorat ? Moi pas ! La règle, l’éthique, d’une primaire est de soutenir le vainqueur. Donc il ne peut y avoir de primaire dans laquelle ceux de la France Insoumise seraient intégrés. Primaires piège à c..s. Ensuite ou on arrive à convaincre les Français, à cristalliser un peuple autour de nos thèmes et de nos objectifs ou pas. Si nous n’y arrivons pas et bien les Français auront choisi « 5 années de droite très dure », ce sera leur choix.

    2. MOREAU Patrice

      Je voudrai vous rappeler, et si vous ne vous en êtes pas rendu compte, que la France Insoumise est une force réelle et non de circonstance, avec son programme, son mouvement. La convention de Lille est un moment qui fera dans notre histoire. Il est loin maintenant le temps des discussions interminables pour convaincre sur ce qui est ou qui représente le mieux la gôche. Il me semble que la période 2012/2016 devrait nous suffire à se faire un jugement sur la gôche au pouvoir avec tous les sbires de circonstance. Faut-il à chaque fois faire un rappel de tous les reculs sociaux ou les cadeaux au Medef. Cela devient fastidieux à la longue. Je vous prie de vous reportez sur ce site à chaque fois que vous avez la nostalgie des promesses de la campagne présidentielle de 2012 de Hollande et du PS.
      Pour ce qui est des primaires, je ne vois pas La France Insoumise participer à des débats télévisuels après avoir dénoncé pendant 4 ans leurs mensonges et leurs duplicités, leur bilan désastreux, leurs complaisances avec l’oligarchie et leurs contributions à des campagnes outrancières contre et envers notre représentant Jean-Luc Mélenchon ou des représentants syndicaux. Et de là « cela n’obligerai pas à suivre ensuite le vainqueur » à se fourvoyer dans des combines malhonnêtes et machiavéliques digne du plus fourbe politicard. Aucun intérêt.
      Ne nous leurrons pas aussi pour ces débats« Cette clarification serait très bénéfique » pour personne à part des petites phrases ou des invectives pour faire le buzz. La politique spectacle ne mène à rien sinon à entretenir la caste des bien- pensants. Pour ce qui est du second tour, donne nous les moyens humains, matériels, financiers de réussir. Cela dépend de nous. Entièrement de nous. Et de notre volonté de s’en sortir.

    3. robby

      Hors de question de participer a la primaire, laissons seul le PS qui est entrain d’agoniser. La politique de Hollande n’a rien a voir avec la gauche alors pourquoi participer a la primaire ?

    4. patrice 30

      Je rejoins@ Thoreau sur les 5 années avec la droite très dure à partir de 2017. Juppé a mis la France dans la rue en 1995. J’en ai encore le souvenir et il sera vite dépassé par la situation d’autant plus que Sarkozy ne lui sera d’aucun secours.
      Le vent souffle très fort dans le sens de la droite style FN. Ne fermons pas les yeux et continuons de lutter. Notre candidat est vraiment très bon de plus en plus percutant, et il passe bien mieux auprès des gens car il apparaît plus calme qu’avant. Nous pouvons plus facilement faire passer nos idées. Espérons pour la suite car la droite va vraiment se déchirer et la réaction n’amène rien pour les classes populaires à part s’en prendre plein la gueule.

  15. Foucaud Jean-Marc

    Pour ma part je pense que ce mouvement « les insoumis » est tout d’abord une formidable chance de redonner la parole à ceux qui comme nous ne l’ont plus depuis bien longtemps, si ce n’est, comme nous l’avons faits jusqu’alors, pour aller voter pour des gens représentant des partis politiques et non plus ceux qui ont votés pour eux, c’est à dire nous. Ensuite l’avènement d’une 6ème République à travers une constituante, nous redonnera la parole de manière justement proportionnelle et réelle de nos exacts courants de pensées et çà c’est quand même une chance formidable de pouvoir s’exprimer républiquement parlant que nous n’avons pas eus jusque la.

  16. Jlb

    J’ai pour ma part beaucoup apprécié le débat Jean-Luc Mélenchon / Chantal Mouffe.
    Mais reconnaissons qu’avoir lu Marx, Gramsci et surtout, dans ce cas, Ernesto Laclau, reste bienvenu pour prendre la mesure de la portée des échanges.
    Deux remarques :
    La « méthode » employée pour la France Insoumise est désormais remarquablement outillée intellectuellement (merci Laclau).
    Aussi : médiatiquement « Jean-Luc Mélenchon l’intellectuel », contrepoint du bruit et de la fureur qu’il restera, est à mon avis une posture qui sera très fructueuse (médiatiquement).

    1. marcel

      Militant ouvrier à la retraite, syndicaliste, communiste ,ancien Maire de Roussillon, je tiens à remercier JL Mélenchon et l’ensemble des amis et camarades insoumis qui agissent avec un tel niveau de réflexion qu’il soit ouvrier ou intellectuel. Je revis, oui je revis. On va y arriver, quand je ne sais pas, mais on va y arriver. Poursuivons.

  17. malinvoy

    J’ai eu l’occasion de suivre une vidéo complète et très didactique sur le site ou blog d’Alexis Corbière sur la Révolution française qui s’apparentait à une séance d’université populaire.
    Je pense qu’il serait bien utile pour tous et pas seulement pour les néophytes qu’il y ait quelque chose de similaire sur les concepts utilisés et notamment le lien entre les concepts marxistes de classes, lutte de classe, conscience, et la réflexion des insoumis sur le mouvement politique, le populisme de gauche, la fédération du peuple, les nouveaux moteurs des transformation. Faute de quoi on risque de générer incompréhension ou confusion voire découragement.

  18. André

    Je ne doute pas de l’opportunité des réponses qui sont apportées aux prétendus arguments des détracteurs systématiques et pour ma gouverne personnelle j’ai beaucoup apprécié la lecture que je viens d’en faire. Ceci étant il est bien clair qu’à partir du moment où se profile une perspective enfin crédible de sortir du fiasco dans lequel nous enfonce le fonctionnement de la 5ème république tous les appareils qui ont inventé cultivé et ou développé ce fonctionnement délétère basé sur tout sauf le souci de notre vivre ensemble feront bloc pour le « tout sauf Mélenchon » et que nous aurons droit périodiquement à la prestation de chacun des acteurs publics praticiens et profiteurs de cette politicaillerie nauséabonde. L’essentiel reste que soit scrupuleusement et clairement maintenue l’exclusion du fonctionnement sanctionné par cette dérive qui finit par tellement apparaître pour ce qu’elle est qu’elle devient un moyen efficace de motiver nombre de citoyens de sortir de leur réserve. De ce constat découle l’importance pour les acteurs du mouvement (auprès desquels je m’excuse d’avoir l’air de donner des conseils cependant que je ne suis pas en mesure de partager efficacement leur démarche) de trouver la pédagogie susceptible de faire apparaître le fossé entre le cinéma dont les médias nous abreuvent et le mouvement de « la France Insoumise » auprès de citoyens de plus en plus nombreux qui relèvent et dénoncent la déliquescence du contexte ambiant

  19. turmel jm

    J’ai tant de chose à dire en réponse de ce billet que je ne dirai que ceci concernant mon parti. La situation n’a jamais était aussi explosive. Nous n’avons jamais été aussi près de l’implosion en multitudes de façon de penser jusqu’à celles et ceux qui ne comprennent plus rien ou qui sont complètement désorientés. Bien camarades Dartigolles, Laurent et les autres, qu’allez vous impulser le 05 novembre ? C’est le « Bob » (dixit R Hue) qui doit regretter, il s’est précipité, ce n’était qu’une question de sémantique, après 2012 tout est revenu comme avant. Il avait donc toute sa place.
    Un communiste insoumis.

    1. Pierre Pifpoche

      Vos propos me semblent pleinement pertinents lorsque vous évoquez une sorte de « Robert Hue-isation » actuelle du PCF de ces derniers mois. A tel point que Marie-Georges Buffet s’est sentie obligée de démissionner, a-t-il semblé, de son Conseil National. Oui, Robert Hue semble avoir provisoirement gagné la direction du PCF. Mais l’on peut espérer que la masse des militants communistes qui restent ne permettra pas que ce soit cette ligne là qui l’emporte et triomphe, car sinon, beaucoup se retourneraient dans leur tombe et le parti communiste continuerait de se tirer une balle dans le pied, quand nous aurions besoin plutôt d’un bon et solide partenaire en lui qui trouverait toute sa place, comme par le passé.

    2. René-Michel

      @Pierre Pifpoche
      « toute sa place comme par le passé »
      Le passé, c’est parce que les dirigeants successifs du PCF ont toujours refusé d’analyser courageusement, en marxistes, son histoire qu’il en est là. Dieu sait que les questions sont nombreuses concernant un siècle d’existence troublé et souvent trouble. On ne peut vivre et prospérer sur des non-dits que ne gomment pas, loin s’en faut, les faits de bravoure incontestables de générations militants admirables.

  20. robby

    Il est grand temps que le PCF lache le PS, mais les communistes veulent sauver leurs sieges a l’assemblee donc ils continuent a jouer la roue de secours du PS. Il est grand temps qu’une nouvelle voix s’eleve, que le peuple se prenne en main et que nous balayons tous ceux qui nous mentent, nous saignent !

    1. JESTIN Yves

      C’est d’autant plus idiot d’être la roue de secours du PS que celui-ci ne rate aucune occasion d’évincer ses partenaires en général et les communistes en particulier tout en exigeant d’eux une loyauté irréprochable à son égard.

    2. morvan

      @JESTIN Yves
      « C’est d’autant plus idiot d’être la roue de secours du PS »
      …Lorsque le chemin choisi par celui-ci a déjà engendré une telle multitude de crevaisons.

Les commentaires sont fermés.

©2015/2018 Jean-Luc Mélenchon / V5 / Design INFO Service | Contact | Mentions légales