venezuela chavez france 2

04.12.2017

France 2 cadre contre cadre

Une soirée comme « L’Émission politique » s’apparente davantage à la violence planifiée d’une corrida qu’à un quelconque exercice intellectuel. Il est donc essentiel de comprendre qu’il s’agit d’un spectacle faisant appel au voyeurisme sadique davantage qu’à une émission d’information politique. Bien sûr, avec mon équipe, nous en tenons compte dans la préparation. Nous savons d’avance que certaines caricatures incontournables seront mises en scène. Certaines de ces caricatures nous amusent d’avance. L’équipe d’arsouilles de France 2 les croient dévastatrices. Nous les savons propulsives. Ainsi quand ils mettent en images mon hostilité aux USA. Ils auront sans doute un sujet de conversation agréable dans leurs milieux habituels et ambassades préférées. Mais sur le terrain, l’hostilité aux USA est, à juste titre, un fondamental de la culture politique française de masse. Elle est transgénérationnelle. De ce genre « d’attaques prévues d’avance » nos amis du « Discord insoumis » ont même fait un bingo humoristique.

Mais il faut aussi percevoir la dimension subliminale de sommaire de l’émission. Le choix des thèmes fonctionne comme un manifeste politique. Même la séquence glyphosate où le doute fut mis non sur le produit mais sur sa critique. Le reste est d’une banalité affligeante : les musulmans, le Vénézuela, et ainsi de suite. Tout fonctionne comme la mise en place d’un cadre idéologique imposé. Et aussi bien sûr comme un signal d’appartenance politique. C’est donc à la fois une manœuvre d’enrôlement du public et de ralliement des partisans. Les musulmans et le Vénézuela sont les obsessions d’un milieu bien spécifique dans les dîners en ville. Il est donc vain de composer avec, de faire « le gentil ». Car ce cadre est nourri par le rabâchage quotidien dans tous les médias  à chaque instant. Il est l’enjeu même du moment ? C’est celui de l’idéologie dominante ! Ce serait conforter la légitimité et la prééminence du cadre ainsi mis en scène que de négocier avec lui.

C’est d’ailleurs peine perdue de le tenter. Car c’est ce qui est attendu. L’invité, ployant sous la charge de l’évidence rabâchée, se justifie ou « répond calmement » aux arguments. Comme si tout était faussé. Ici : y a-t-il assez de papier hygiénique au Vénézuela ? Dès lors, seul le contrepied frontal fait sens en faisant spectacle. Il est vain de croire qu’un quelconque autre mode opératoire fonctionne puisque, dans tous les cas, on ne dispose que de quelque secondes pour parler sans être interrompu. À vrai dire, il n’y a parfois aucun autre choix tactique possible. Quand commence la séquence Vénézuela, avant même que l’idiote utile des USA ait commencé à mériter son cachet, c’est le cadre lui-même qu’il faut fracasser.

Car quel peut bien être le sens d’un « débat » sur le Vénézuela quand il y a la Syrie, l’Irak en guerre, la Corée du Nord en offensive nucléaire dans la vraie actualité qui compte ? La marionnette Debray le sait bien. Du coup elle attaque son sujet par du pathos censé désarmer le débat rationnel. La pauvre grand-mère qui manque de papier hygiénique est ici la figure éplorée d’une volonté délibérée de ne pas dialoguer mais d’enfermer dans un dolorisme compassionnel sans contenu rationnel. Le reste est une récitation sans talent des tracts de l’extrême droite vénézuélienne. On ne discute pas davantage avec ce genre d’énergumène qu’avec un répondeur téléphonique.

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