03.07.2022

Et le fond de scène ?

Tout ce que je viens de détailler s’en tient aux seules logiques des dynamiques politiques à la surface institutionnelle de la vie politique. J’en ai prévenu en commençant mon propos. Mais évidemment l’action politique des partis est très profondément dépendante des mouvements de la société.

En temps « ordinaire », cette relation fonctionne assez souplement. L’une s’ajuste à l’autre en douceur et chacun poursuit ses objectifs tanto en convergent tantôt en s’ignorant. Sans reprendre l’histoire depuis des années pour montrer comment cette capacité d’adaptation s’est exprimée, j’en reste aux traits simplifiés du moment actuel pour conclure mon coup d’œil sur lui.

La scène de la représentation politique a explosé en 2017. L’émergence des trois blocs politiques l’atteste. Dans cet univers profondément instable, la société entre dans une phase d’agitations. D’abord parce que le néolibéralisme triomphant a épuisé sa dynamique. Les dégâts de toutes sortes se voient davantage que les acquis promis. Les conséquences en sont innombrables. Je n’en pointe ici qu’une car elle fait apparaitre comment une crise devient un phénomène global de société.

La classe moyenne supérieure est entrée dans un doute existentiel et son appui au système économique où elle trouvait sa place, cruciale pour le maintien de ce système, est mis en question. C’est le phénomène qui produit notamment « la grande démission » des cadres et à « la fin de l’ambition » pointée par les enquêtes sociologiques et médiatiques. Les dévastations prévues avec l’arrivée de l’intelligence artificielle dans les métiers hier considérés comme hautement qualifiés vont aggraver la tendance.

Ensuite, la prise de conscience de la crise écologique s’approfondit de tous côtés et notamment dans la très jeune génération. Elle disqualifie le système qui en tire des profits. Elle répand une idéologie collectiviste assez spontanée.

Enfin, dans l’immédiat, arrive l’augmentation générale des prix. Elle résulte à la fois de la dislocation des chaînes de production de la période ultra libérale et des aspects les plus brutalement cupides de la spéculation. Ce fait va mettre en mouvement des millions de gens pour récupérer ou sauver leur pouvoir d’achat.

Qui paiera le rattrapage ? Les profits ou les conditions de vie des gens ? Cette question devient incontournablement concrète et nullement idéologique quand il s’agit de payer le repas de vos enfants. L’inflation est un puissant activateur de la lutte de classes. Peut-être le plus puissant. Et cette agitation de fond va organiser les mois à venir. Elle va donner son tempo à la vie des institutions et à la représentation politique qui les animent.

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