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11.12.2015

L’humiliante punition du refus de faire une campagne nationale

Et nous ? Qui ça ? « Nous », c’est quatre stratégies différentes pour 13 régions, aucun label commun, aucune campagne nationale. Une personnalisation régionale autour des candidats locaux. Et on voudrait que les électeurs s’y retrouvent et se sentent forts ? Qu’ils aient l’impression d’aider à un mouvement global même dans le plus petit village de France ? Dans certaines régions s’est ajouté à cela un conflit ridicule pour savoir lequel serait le plus « Front de Gauche » entre liste du PCF et liste du Parti de Gauche et Europe Ecologie-Les Verts. Bilan: en additionnant toutes les variétés de listes contenant tout ou partie de Front de Gauche, on arrive péniblement à 1,4 million de voix. C’est l’étiage du Front de Gauche depuis sa création. Très loin des 4 millions d’électeurs que nous avons réunis à la présidentielle en 2012. Mais observez les chiffres. Le PS a obtenu 23% avec…. 5 millions de voix. Faites le calcul : si nous avions mobilisé nos électeurs de 2012 autant que Marine Le Pen l’a fait avec les siens nous serions au coude à coude avec le PS et la gauche serait à près de quarante pour cent. Mais les méthodes de cette campagne comme celles des précédentes ont rendu cette mobilisation impossible.

Du coup, nos électeurs de 2012 sont les plus abstentionnistes ! Selon l’institut de sondage IFOP et son sondage « jour de vote », 55% de mes électeurs de 2012 se sont abstenus au premier tour des élections régionales. C’est le record parmi tous les électorats ! Le seul où l’abstention dépasse 50%. Pendant ce temps, seuls 35% des électeurs Le Pen de 2012 se seraient abstenus, et 38% de ceux de Nicolas Sarkozy. On avait déjà constaté cette démobilisation dans notre camp au moment des européennes de l’an dernier venant après les calamiteuses élections municipales. Mais le mal s’est aggravé. Un tiers des électeurs du Front de Gauche qui s’était quand même déplacé aux européennes n’est plus venu voter cette fois-ci ! Là encore, c’est le taux le plus fort parmi les différents électorats.

Les raisons de cette abstention sont aussi demandées par l’IFOP. Bien sûr, L’IFOP propose une liste de réponses. Cela oriente les réponses comme on le comprend. Mais la liste balaye large. La première raison d’abstention parmi les abstentionnistes est « manifester votre mécontentement à l’égard des partis politiques ». Elle est invoquée par 21% des abstentionnistes. C’est aussi la première raison de mes électeurs de 2012 devenus abstentionnistes. Parmi eux, ce taux monte à 35% ! Personne ne fait autant que nous pour ce qui est de vouloir donner un « bon coup de balai »! Dans ces conditions, Inutile de dire que le retour au bon vieux cartel des organisations est d’avance condamné.

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