macron pain blanc

08.03.2020

La semaine de la déroute morale de Macron

C’était la semaine du 49.3. Pas un des journaux télévisés du 20H de France 2 ni de TF1 n’ont parlé du vote de censure le soir où il avait lieu. Je me suis assez exprimé sur le sujet pour ne pas y revenir encore ici. On retrouve facilement mon intervention et celles de mes camarades à la tribune et dans les débats. Ce moment fut un naufrage pour le gouvernement. Il n’a pas fini d’en payer le prix. En une semaine le Premier ministre a perdu 10 points d’intentions de vote au Havre. Et quant à nous, la satisfaction du travail bien fait et bien mené nous gonfle le cœur. Des milliers de messages d’encouragements et de remerciements nous ont formidablement stimulés. On se sentait portés. 

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Nous savons ce que nous sommes parvenus à faire à 17, conjointement avec les 11 députés communistes. Nous avons remporté au nom des milliers des nôtres, grévistes et manifestants, la victoire morale la plus totale contre un appareil et des moyens mediatico-étatiques cent fois, mille fois supérieurs. Je raconte ici le final de la bataille sur le texte de la loi organique. Il fut à la hauteur du reste. 

Le bilan final est que La République en Marche n’aura pas trouvé cent voix dans l’Assemblée pour soutenir le texte « le plus important du quinquennat ». Une déroute complète. D’ici au prochain retour du texte dans notre hémicycle, il y aura eu les municipales et le bilan d’un mois de gestion du coronavirus. Le plantage ne fait que commencer. 

Ayons bon espoir que sur le plan sanitaire les conséquences de cette épidémie soient au final aussi légères que possible. Mais ce ne sera pas le cas. Trois vagues désastreuses vont se superposer. L’une sanitaire et proprement liée au coronavirus. La suivante sera l’impact sur un système sanitaire public du double épisode de la crise du coronavirus et de la grippe saisonnière. Le système public a été mis en ruine par les politiques néolibérales des gouvernements. La troisième sera l’impact de la récession du commerce mondial sans lequel ce système économique ne peut fonctionner. La longueur des chaînes d’interdépendance entre les entreprises, la globalisation de la sphère financière, tout cela garantit la propagation du virus d’effondrement économique. En attendant et en pensant que le pire n’est pas toujours certain, observons le Liban en état de cessation de paiement, l’Italie triant à la porte des hôpitaux en fonction des chances de survie, et ainsi de suite. Plus près de nous la fête médiatique de l’anxiété, de la peur et du sensationnel bat son plein, 24 heures sur 24, en parfaite et habituelle irresponsabilité. 

« Le Figaro » saluait même avec jubilation l’exploit du gouvernement d’avoir réussi à faire passer sous les radars le 49.3 dans le paquet des bavardages du Conseil des ministres sur le coronavirus. 

Ici, il n’est pas question de se risquer à sous-estimer l’épidémie. Mais parfois on serre les dents et les poings devant le tapage. Surtout quand on le rapporte au nombre de morts dans tant d’autres secteurs et de tant d’autres causes qui indiffèrent les « experts » repus qui caquètent sur les plateaux de télé. Une pensée à cet instant pour les morts qui ne les intéressent pas : les morts au travail (600 par an), les morts de la rue (2000 par an), les morts de faim ou de froid, les morts des maladies professionnelles (1200 par an). Et ainsi de suite. 

En revanche on peut d’ores et déjà relever que cette séquence met à nu les béances d’une action publique réduite pour l’essentiel à des éléments de communication. Surtout quand ils apparaissent aussi visiblement contradictoires. Cela doit sonner comme une alerte. Les régimes néolibéraux sont inaptes à traiter des crises sanitaires (plus ou moins) sérieuses. Les régimes néolibéraux sont donc incapables de faire face aux crises qui vont résulter du dérèglement climatique. À l’inverse, l’atout de la révolution citoyenne, de son gouvernement et de ses mesures de « salut commun », sera de faire apparaître la stabilité, la force et l’engagement de l’État et des citoyens comme meilleur rempart pour la sûreté collective. L’épisode en cours dans tous ses compartiments fonctionne comme une école de formation. Les hoquets du présent ne doivent pas le faire perdre de vue.  

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