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05.01.2022

Glyphosate : l’empoisonnement des sols et de l’eau est un fait

Intervention de Jean-Luc Mélenchon le 5 janvier 2022 en commission des Affaires économiques sur la proposition de loi visant à interdire le glyphosate. Voici la retranscription de cette intervention.

«Je venais pour le texte suivant mais j’ai écouté avec tellement d’intérêt. Je ne comprends pas très bien pourquoi toute discussion doit être portée à des paroxysmes tels qu’on ne peut plus se parler. Parce que si, évidemment, il y a des gens qui traitent les autres d’assassins, c’est fini, on ne peut plus rien faire.

Non, ce n’est pas le sujet. Je ne crois pas qu’on le fasse. Deuxièmement, je me rattache à l’idée que le Parlement incarne la tierce partie de toutes les discussions de la Nation. C’est la raison pour laquelle, même quand des accords sont signés entre les syndicats de patrons et des syndicats de salariés, j’ai toujours pensé que cela ne suffirait pas à forcer ma décision. Même si le syndicat ouvrier avait accepté parce que nous, nous représentons la société dans son ensemble, le peuple dans son ensemble, donc c’est à nous et à personne d’autre de dire ce qui est bon pour tous.

Que les paysans soient capables de dire ce qui est bon pour eux et même ce qui est bon pour tous est une chose. Mais c’est à nous de dire ce qui est bon pour tous. Et l’empoisonnement des sols est un fait. L’empoisonnement de toutes les eaux du pays est un fait.

Nous avons tenu les mêmes raisonnements absurdes avec le chlordécone jusqu’à ce que les gens et 90% de la population soit affectée. J’achève en disant que l’agriculture a toujours été une pratique en évolution et on a déjà connu des modèles agricoles qui se croyaient très performants et qui se sont condamnés, par exemple l’agriculture de l’Égypte antique et morte du système de canalisation qui était l’objet de sa réussite. Vous lirez cela dans le livre de Monsieur Dufumier d’une manière tout à fait claire. Donc, le moment est venu de rectifier les pratiques agricoles. Voilà, n’en faisons pas un procès en sorcellerie de ceux qui veulent changer de cette attitude.

D’autant que je finis là-dessus. Nous sommes certains de la responsabilité de l’alimentation et de la forme de l’alimentation sur des maladies qui sont récurrentes et des facteurs de comorbidité dont tout le monde aujourd’hui découvrent qu’ils sont facteurs aggravant d’autres maladies que celles que portent les gens eux-mêmes.

Voilà la situation. On essaye de la corriger et ce n’est pas la peine de monter dans les tours et d’en faire une immense guerre civile alors que ce n’est pas le sujet.»

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