FAQ du moment politique

 « Front républicain » ? Je n’aime pas cette étiquette. Certes la question de savoir qui met en danger la République est tranchée. En trois jours, deux ans de calomnies et accusations d’antisémitisme sans fondement, d’arc républicain et autres ont été mis de côté. Mais le mot « front » est trompeur ». On pourrait croire qu’il y a une alliance. Il n’y en a pas. Ou bien que « le Nouveau Front Populaire » est déjà fini. Ce n’est pas le cas. La situation est plus simple. Dimanche soir à 20H20, j’ai annoncé au nom du mouvement insoumis le retrait de nos candidatures quand nous étions en troisième position et le RN en premier. Nous l’avons décidé sans négociation ni contrepartie. Nous avons retiré l’échelle dont le RN avait besoin pour gagner à coup sûr. Rien de plus. Mais rien de moins.

Que visons-nous dimanche ? Les insoumis souhaitent un dimanche où pour une fois on dit : « vivement lundi ! ». Parce que lundi le « front populaire » donnera immédiatement la retraite à tous ceux qui ont soixante deux ans, bloquera les prix, augmentera les salaires, interdira les pesticides et les méga bassines et ainsi de suite. Mais pour cela il nous faut la majorité absolue. Rien d’autre n’a de sens. Nous sommes tous mobilisés pour cela : des milliers de bénévoles accourus dans nos permanences et locaux, des centaines d’activistes venus participer aux équipes qui partent sur les terrains de mission électorale depuis Paris, Marseille, Toulouse… Il y a la réserve de voix pour conquérir cette majorité absolue : seize millions de personnes se sont abstenues dimanche dernier. Nous leur disons: c’est vous qui avez la décision entre les deux projets pour la France. Les uns contre les autres avec le RN ou « tous ensemble » avec le Nouveau Front Populaire ? 

Coalition ? « Assemblée plurielle » ? Certains partis du NFP y semblent favorables paraît-il. Les insoumis ne lâcheront rien. Nous n’irons au gouvernement que pour appliquer le programme du Nouveau Front Populaire ! C’est la parole donnée. Car c’est celui pour lequel ont voté nos électeurs. Le programme cela veut bien dire tout le programme. Rien de moins.

En fait l’alliance de toutes les droites se prépare aujourd’hui derrière le rideau de la comédie et des diversions. Des macronistes, les LR maintenus « non-Ciotti » et jusqu’au RN peuvent former la majorité à l’Assemblée nationale. Parce que ceux-là ont déjà souvent voté ensemble comme pour la loi contre le séparatisme ou la loi immigration, contre le rétablissement de l’ISF ou contre les prix garantis pour les agricultures. Ils sont prêts. La distance entre eux est mille fois moins grande qu’entre eux et les plus « sociaux libéraux» des socialistes ou de Place publique. C’est la logique, la pente prise, la dynamique de situation. 

Pays ingouvernable ? Non. Et d’ailleurs Macron connaît l’Histoire. Si le pays est ingouvernable, la sortie de l’impasse est la présidentielle anticipée. Il y a un précédent. Il y a cent ans justement, en 1924, le cartel des gauches a fait tomber tous les gouvernements jusqu’à ce que le président démissionne. Macron n’aura besoin d’aucun effort. Il lui suffira de nommer. Puis d’attendre sans session extraordinaire la date constitutionnelle du 2 octobre, le temps de graisser les rouages de la nouvelle « cohabitation » …

François Ruffin ? « Dans une élection aussi dangereuse, ce n’est pas le moment de régler des comptes personnels. Je n’ajouterai pas à la polémique. À trois jours du vote, en confisquant une circonscription qui était attribuée aux insoumis, il se met en danger. Les gens ne savent plus pour quoi on vote. Surtout que la semaine dernière il distribuait des tracts avec ma photo dans sa cuisine. La météo politique est formelle : quand le vent souffle fort, il emporte aussi les girouettes. » (ma déclaration sur TF1 jeudi 4 juillet 2024)

Nos candidats « qui posent questions » ? Comme disent les bien-pensants ? Réponse : il n’y en a pas.  Sur les candidats du RN : Marine Le Pen dit : « ce qui compte c’est comment on les traite ensuite ». Elle ment ! Elle a siégé deux ans auprès d’un négationniste antisémite. Nous avons banni en une heure un candidat pour des tweets postés il y a huit ans dont il s’est pourtant excusé.

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