Retrouvez la retranscription du discours de Jean-Luc Mélenchon à l’occasion d’un rassemblement organisé en solidarité avec le peuple vénézuélien, le 3 janvier 2026.
C’est formidable que vous soyez là si vite si nombreux. Soyez certains que vous êtes regardés dans toute l’Amérique du Sud et naturellement au Venezuela.
C’est un moment triste. Et il faut le regarder dans toute sa dureté.
À cette heure, il ne s’agit de rien d’autre qu’une manifestation agressive de l’Empire pour assurer sa domination sur les Amériques et sur l’Europe. Ce n’est pas autre chose. Il n’y a pas de bon empire, il n’y a pas de bonnes invasions, il n’y en a que de mauvaises. C’est la raison pour laquelle aucun prétexte n’autorise une nation à envahir son voisin, et encore moins s’il prétend le faire pour y régler les problèmes qui s’y trouvent. Les problèmes et leurs solutions appartiennent aux peuples qui, dans chaque pays, sont les seuls maîtres. Trump a envahi, car dans les semaines précédentes déjà , dans la servilité des puissants de ce monde, on l’avait déjà laissé attaquer des soi-disant bateaux de narcotrafiquants et ensuite à bombarder Caracas.
Alors la servilité ne produit rien d’autre qu’une extension du champ de la domination du plus fort. Voilà la règle qui s’applique et se vérifie toujours. Et pour laquelle il faut dire stop dès la première minute ! Mais qui va dire stop sur cette planète ? Quand est accepté un génocide à Gaza, quand est acceptée l’invasion de l’Ukraine, quand sont acceptees toutes ces choses. Qui, sinon nous, le peuple, parce qu’il ne reste plus que cela, hélas. Où est passé le président de la République française, qui devrait être le premier à dire que la France n’accepte pas la loi du plus fort, où que ce soit ?
On a donc enlevé Nicolas Maduro et son épouse. Pourquoi son épouse, par-dessus le marché ? Et Trump vient d’annoncer qu’il a l’intention de “régler” et de “faire tourner” le Venezuela – je traduis littéralement les deux mots qu’il a utilisés – jusqu’à ce qu’il y ait des élections.
Depuis quand sont-ce les États-Unis d’Amérique qui organisent des élections dans les pays voisins ? Pourquoi ne l’organiseraient-ils pas aussi au Donbass pour savoir ce que veut le peuple du Donbass ? À Gaza, pour savoir si vraiment les Gazaouis sont d’accord pour qu’on crée une marina ?
Il n’y a d’autre possibilité que la résistance à son discours. Mais il faut que chacun et chacune d’entre vous le démasque complètement. Car vous allez avoir les grandes orgues de la propagande, celles qui d’abord avaient expliqué la nécessité et la justesse de la guerre en Irak, et ont détruit définitivement ce pays. Qui avaient expliqué la nécessité de la guerre ici et là. Et comme à chaque fois, vous verrez la même presse servile, couchée aux pieds du maître, aboyant en cadence pour trouver des prétextes à relativiser le caractère odieux de cette intervention.
Et comment nous, Français, pourrions-nous faire autre chose que de baisser le nez avec un tel chef ? Quand il a accepté qu’un commissaire européen français, proposé par les Français, parce qu’il avait osé proposer des règles pour contrôler les GAFAM, soit interdit d’entrer aux États-Unis d’Amérique ? Alors s’il en est ainsi, que fait encore l’ambassadeur et beau-père d’un des enfants du président Trump en France ? Que fait-il encore ici, si nous sommes interdits d’aller là-bas ? C’est une question qui doit être posée. Sommes-nous à notre tour devenus un peuple dominé qui ne peut rien dire, sinon baisser le nez ? Voilà où nous en sommes !
Trump a envahi. Il bénéficie de l’appui et des prétextes que chacun de ses alliés cherche pour trouver une justification. Et maintenant, voici que M. Trump menace le Mexique, dont déjà son pays, les États-Unis d’Amérique, a volé la moitié de la superficie au siècle précédent.
Il menace la Colombie, où il a déjà des bases militaires. Il menace le Brésil, le Mexique, Cuba le Groenland s’il ne revient pas sur les décisions de justice qu’il a prises contre Bolsonaro. Et voilà la situation telle qu’elle est quand on cède une première fois, quand on ne dit pas non à la première attaque : alors on est obligé de subir les suivantes.
Il ne peut y avoir qu’un seul droit, qu’une seule règle. Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures selon ce qui nous convient. Les frontières doivent être inviolables. Les peuples ne doivent pas être martyrisés, quel que soit le prétexte.
Mesdames, Messieurs, au moment où je vais conclure, je vous rappelle ceci : 126 nations dans le monde ont un conflit de frontières avec leur voisin, et 55 d’entre elles sont déjà en guerre.
La paix n’est pas seulement un principe moral ou une espérance du plus grand nombre qui refuse de voir ses enfants sacrifiés à des luttes qui, pour finir, tournent toujours autour des mêmes intérêts matériels et des mêmes catégories sociales qui bénéficient de la guerre. La paix est une urgence. La paix est une méthode de gestion de la situation internationale et il n’y en a pas d’autre viable. À l’exception du fait que quand vous êtes envahis, c’est un devoir absolu que de résister les armes à la main contre ceux qui vous envahissent.
Pour la paix dans le monde, cela signifie que nous n’acceptons plus d’être dirigés par des gens qui cèdent et se croient très intelligents à répéter des formules dont ils ne comprennent même plus le sens. Ils disent : “si tu veux la paix, prépare la guerre”. Non, si tu prépares la guerre, tu auras la guerre et la guerre ne provoque rien d’autre que de la guerre encore, des rancœurs, de la haine, des revanches. Et ainsi irait le monde de nouveau, de violence en violence, et toujours soumis aux plus forts, car c’est toujours le plus fort qui gagne, sauf quand les peuples s’y mettent. Comme nous l’avons fait naguère contre les nazis et leurs alliés dans le monde.
Regardez bien cette coalition qui, de Milei en passant par Trump et tout ce que ce monde comporte de tyrans, voient avec une bienveillance plus ou moins marquée ce qui vient de se passer.
À bas la guerre, à bas l’Empire ! Vive la liberté, vive la paix ! Vive les peuples et leur souveraineté nationale !
ESPAGNOL
Es formidable que estén aquí tan pronto y tan numerosos. Tengan la certeza de que están siendo observados en toda América del Sur y, naturalmente, en Venezuela.
Es un momento triste. Y hay que mirarlo en toda su dureza.
En este momento, no se trata de nada más que una manifestación agresiva del Imperio para asegurar su dominación sobre las Américas y sobre Europa. No es otra cosa. No hay imperio bueno ! No hay invasiones buenas, solo hay invasiones malas. Por eso ningún pretexto autoriza a una nación a invadir a su vecino, y menos aún si pretende hacerlo para resolver los problemas que allí existen. Los problemas y sus soluciones pertenecen a los pueblos que, en cada país, son los únicos dueños de su destino. Trump ha invadido porque, ya en las semanas anteriores, en la servilidad de los poderosos de este mundo, se le había autorizado a atacar supuestos barcos de narcotraficantes y luego a bombardear Caracas.
Así, la servilidad no produce nada más que una extensión del campo de dominación del más fuerte. Esa es la regla que se aplica y que siempre se verifica. ¡Y por eso hay que decir basta desde el primer minuto! Pero ¿quién va a decir basta en este planeta? Cuando se acepta un genocidio en Gaza, cuando se acepta la invasión de Ucrania, son aceptadas todas estas cosas. ¿Quién, si no nosotros, el pueblo, porque ya no queda nada más, por desgracia? ¿Dónde está el presidente de la República francesa, que debería ser el primero en decir que Francia no acepta la ley del más fuerte, sea donde sea ?
Así que se ha llevado a Nicolas Maduro y a su esposa. ¿Por qué a su esposa, además? Y Trump acaba de anunciar que tiene la intención de “arreglar” y de “hacer funcionar” Venezuela — traduzco literalmente las dos palabras que utilizó — hasta que haya elecciones.
¿Desde cuándo son los Estados Unidos de América quienes organizan elecciones en los países vecinos? ¿Por qué no las organizarían también en el Donbás para saber qué quiere el pueblo del Donbás? ¿En Gaza, para saber si realmente los gazatíes están de acuerdo con que se cree una marina?
No hay otra posibilidad que resistir a su discurso. Pero es necesario que cada uno y cada una de ustedes lo desenmascare completamente. Porque verán los grandes órganos de la propaganda, aquellos que primero habían explicado la necesidad y la justeza de la guerra en Irak y destruyeron definitivamente ese país. Que habían explicado la necesidad de la guerra aquí y allá. Y como cada vez, verán a la misma prensa servil, postrada a los pies del amo, ladrando al unísono para dar pretextos que relativicen el carácter odioso de esta intervención.
¿Y cómo podríamos nosotros, los franceses, hacer otra cosa que bajar la cabeza con un jefe como el nuestro ? Cuando aceptó que un comisario europeo francés, propuesto por los franceses, porque había osado proponer reglas para controlar a las GAFAM, fuera prohibido de entrar en los Estados Unidos de América. Entonces, si es así, ¿qué hace todavía el embajador y suegro de uno de los hijos del presidente Trump en Francia? ¿Qué hace todavía aquí, si a nosotros se nos prohíbe ir allá? Es una pregunta que debe plantearse. ¿Nos hemos convertido a nuestra vez en un pueblo dominado que no puede decir nada, salvo bajar la cabeza? ¡Ahí es donde estamos!
Tump ha invadido. Se beneficia del apoyo y de los pretextos que cada uno busca una justificación. Y ahora, he aquí que el propio señor Trump amenaza a México, al que ya su país, los Estados Unidos de América, robó la mitad de su superficie en el siglo anterior.
Amenaza a Colombia, donde ya tiene bases militares. Amenaza a Brasil, Mexico, Cuba y Groenland si no da marcha atrás en las decisiones judiciales que ha tomado. Y así es la situación cuando se cede una primera vez, cuando no se dice no al primer ataque: entonces se está obligado a sufrir los siguientes.
Solo puede haber un solo derecho, una sola regla. No puede haber dos pesos y dos medidas según lo que nos convenga. Las fronteras deben ser inviolables. Los pueblos no deben ser martirizados, sea cual sea el pretexto.
Señoras, señores, en el momento en que voy a concluir, les recuerdo esto: 126 naciones en el mundo tienen un conflicto fronterizo con su vecino, y 55 de ellas ya están en guerra. La paz no es solamente un principio moral o una esperanza de la mayoría que se niega a ver a sus hijos sacrificados en luchas que, al final, giran siempre en torno a los mismos intereses materiales y a las mismas categorías sociales que se benefician de la guerra. La paz es una urgencia. La paz es un método de gestión de la situación internacional y no hay otro viable. Con la excepción de que cuando se es invadido, es un deber absoluto resistir con las armas en la mano contra quienes invaden.
Para la paz en el mundo, eso significa que ya no aceptamos ser dirigidos por personas que ceden y se creen muy inteligentes repitiendo fórmulas cuyo sentido ya ni siquiera comprenden.Dicen: “si quieres la paz, prepara la guerra”. No: si preparas la guerra, tendrás la guerra ! Y la guerra no provoca nada más que más guerra, rencores, odio, deseos de venganza. Y así volvería el mundo, de violencias en violencias, siempre sometido a los más fuertes, Porque siempre gana el más fuerte, salvo cuando los pueblos se levantan como lo hicimos en otro tiempo contra los nazis y sus aliados en el mundo.
Observen bien esta coalición que, desde Milei pasando por Trump y todo lo que este mundo cuenta de tiranos, ven con una benevolencia más o menos marcada lo que acaba de suceder.
¡Abajo la guerra, abajo el Imperio! ¡Viva la libertad, viva la paz! ¡Vivan los pueblos y sus soberanía nacional!