Me voilà invité à faire un post pour répondre à une émission sous le contrôle personnel en plateau de Saint-Cricq contre Paul Vannier à propos de ma conférence de presse avec les médias numériques.
Mais commençons par dire que dix jours de diabolisation médiatique de LFI sur la base d’une mort et d’une incitation à nous frapper rompent à jamais l’idée et la nature des liens avec ceux qui ont fait cette sale besogne. Vingt permanences attaquées, des dizaines de menaces de mort et ainsi de suite ne peuvent pas simplement s’oublier. L’ignoble numéro de Saint-Cricq ce soir pour nous faire dire que nous souhaitons notre propre diabolisation est un message personnel reçu cinq sur cinq. Le dégoût que nous inspire un tel personnage et une telle attitude ne se raconte plus. Nous ne sommes plus dans les jeux de rôles entre politiques et journalistes.
Mon visage sur toutes ces Unes sanguinolentes, ces heures de télé et radio où de pauvres esprits me font parler et pensent analyser ma violence, c’est sans doute le moment le plus sordide et dangereux que j’ai vécu avec le saccage de ma maison dans le Loiret. Pour autant aucun d’entre nous, visé.e ou agressé.e n’a rompu les rangs. Le contraire. La tortue n’est pas seulement mon animal totem de combat politique. C’est une figure de combat de l’armée romaine. L’un tient le bouclier qui protège devant et l’autre celui qui couvre le côté. Au carré. Les médias de l’officialité ne sont pas des miroirs de la réalité, même déformante. Ce sont des protagonistes du combat. Bolloré n’est pas un ami de la vérité mais le défenseur d’un système et d’une idéologie. Il ne se contente pas de tout posséder dans la chaîne de diffusion des idées. Il tient dans ses mains les possibles carrières futures comme celles du présent. Mais toute la scène politique est une séance d’éducation politique de masse. Celle de ce soir sur France Info sera utilisée d’ailleurs dans mon prochain cours de formation intensive pour illustrer comment se présente aujourd’hui avec Saint-Cricq par exemple la formule « plutôt Hitler que le Front populaire ».
Gros caca nerveux dans l’officialité médiatique. Nous avions invité les médias numériques (exclusivement numériques) pour une conférence de presse d’un genre nouveau. Une « conférence de presse face aux médias numériques ». Les nababs se sont indignés de l’officialité médiatique. Et même le SNJ nous accusant de trier nos interlocuteurs : « liberté de la presse », bla bla bla. Hilarant. Ce mépris pour leurs collègues a fait merveille dans le milieu numérique. Évidemment c’est une fois de plus une cabale à deux balles. Une fois de plus deux ou trois malins ont instrumentalisé leur milieu. La main de Bolloré, que j’ai mise en cause en effet, n’y est pour rien bien sûr ! En effet : nous avons trié. Mais pas comme le disent ces mauvais plaisants à grosses ficelles. Par exemple, nous trions tout le temps. Je fais des conférences de presse réservées à la presse internationale et aux deux médias français dont c’est le domaine. De cette façon, ce sont des rencontres sérieuses et argumentées. Je m’évite le crouton qui fait semblant de s’intéresser et surgit pour poser la question buzz hors sujet du moment : « reconnaissez vous votre participation à l’assassinat d’Henri IV » ? D’autres fois nous n’invitons que la presse régionale. Une fois, ce furent les seuls journalistes s’occupant d’Espace. Imaginez-vous que les cakes de la matinale d’Inter s’intéressent à un tel sujet ? Non. Alors pourquoi les inviter ?
Mais nous faisons aussi chaque mardi à l’Assemblée nationale une conférence de presse ouverte à tous. Personne dans l’officialité médiatique aujourd’hui indignée n’a jamais dit un mot contre l’absence des numériques. Mais RSF, l’organisation des journalistes de Robert Ménard, s’est même fendue d’un communiqué pour dénoncer ma méthode. Mettre ma tête à prix à la Une : ça, c’est la liberté. Oser le condamner, c’est le contraire. Compris les petits ? Oui, tout le monde a bien compris. Une fois de plus, c’est la méthode qui est intéressante à observer. Tout part d’un mensonge. Inventé par Olivier Pérou et relayé par un article du « Monde » pour accréditer la thèse d’un « choix politique des journalistes » de notre part. Quel mépris pour leurs collègues ! Ah mais pour eux ce ne sont pas des collègues. En tous cas, pourquoi mensonge ? Je ne me contente pas d’affirmer avec morgue et ignorance comme un rubricard du « Monde ». Je donne la preuve du mensonge. La voici : notre conférence de presse réservée aux médias numériques était diffusée en direct sur ma chaîne YouTube. Donc tout le monde pouvait suivre. D’ailleurs les images ont été abondamment utilisées par les chaînes d’info. Elles les ont choisies librement et ont décidé seules de leurs extraits et de leurs commentaires. Où y a-t-il là tri des journalistes sur une base de proximité ?
Du coup Olivier Pérou est selon moi un menteur inefficace qui ridiculise son journal et son activité. Je l’en remercie. Il a été embauché trois mois avant la publication de sa brochure « La Meute » par « Le Monde ». Le journal de Xavier Niel comptait bien tirer prestige et citation en plateau de cette activité de calomniateurs à sensation. En effet ce document commence par la « démonstration » que LFI est une secte. Et il poursuit par d’interminables séries de ragots et de collages de confidences de gens perturbés, violant nos vies privées et celles de nos enfants. Lui et l’inepte Charlotte Belaïch (« contre la brutalisation » hein !) ne sont plus accrédités à aucune de nos activités et ne le seront plus jamais. En effet, aucune relation professionnelle normale n’est possible avec des gens qui fonctionnent face à nous comme face à une « secte ».
Nous avons appris à nous méfier d’eux tous autant qu’ils sont. Leurs soi-disant interviews et rencontres traquenard. On a de toute façon déjà nos dispositifs de contre-offensive. Pour la presse écrite, c’est simple : on enregistre toute la conversation, exactement comme eux. Et on relit. En cas de viol de nos intentions, on diffuse tout en ligne. Pour les « enquêtes » où les auteurs font semblant d’avoir respecté le contradictoire (comme Pérou-Belaïch et autres prétendus « enquêteurs ») la sauvegarde a été établie : un les questions doivent arriver par écrit. Questions et réponses intégrales sont publiées par nous en ligne. Le plus drôle, ce sont évidemment les questions et leur niveau intellectuel. Succès garanti dans les milieux instruits.
Pour les chaînes d’information en continu, le dispositif de sauvegarde contre les fausses citations, les abus de langage et les affirmations fausses finissent de se mettre en place. Mais nous avons déjà fait de belles prises. Bien sûr, rien de tout cela ne dissuade jamais ces individus de recourir à leurs méthodes inacceptables. Mais cela nous permet de donner des preuves concrètes et vérifiables de leurs turpitudes. Cela se propage ensuite de manière moléculaire de sorte que nous convainquons à chaque occasion des milliers de gens de la malhonnêteté intellectuelle de ces personnes.
Le cœur du système médiatique parallèle des insoumis assure chaque semaine entre 15 et 20 millions de vues. Le halo d’amitiés peut doubler la diffusion. Certaines circonstances font exploser ce compteur quand l’un ou l’autre fait un buzz. Ce fut mon cas à l’occasion de la commission d’enquête parlementaire contre les musulmans. La vidéo atteint avec les extraits trente à quarante millions de personnes sur plusieurs continents. À plusieurs reprises, ce fut le cas de plusieurs d’entre nous. La conférence de presse a réuni plus de 20 000 spectateurs en direct et vingt-quatre heures après sa tenue, déjà fait 460 000 vues sur mes réseaux et plus d’un million de vues sur nos extraits. Dans ces conditions, les séances de torture de l’Inquisition en plateau fournissent une source sans fin de bonnes occasions de révolter nos réseaux. Chaque semaine, nos diffusions d’extraits permettent d’atteindre conjointement des millions de spectateurs. Les regards violents, les tons de voix haineux, les interruptions incessantes, les mensonges que font les marionnettes médiatiques pour plaire à la cheffe et au patron font des millions de vues. Ils nous disent de venir pour atteindre des gens hors de nos réseaux puis ils travaillent à nous traîner dans la boue devant eux. Notre système réplique le leur. Mais si nous sommes certains d’atteindre notre cible, eux non. Car les gens tranquilles et honnêtes sont écœurés par leurs méthodes.
Résumons. 1/ La vieille caste médiatique, deuxième peau du système, sait que « l’underground » médiatique numérique a mis fin à leur privilège d’invisibilisation. Peut-elle faire pire que les campagnes d’incitation au meurtre qu’elle vient de mener contre nous pendant dix jours. 2/ Nous avons intérêt à favoriser l’émergence de ce secteur numérique alternatif dans toute sa diversité d’opinion. 3/ L’accréditation n’est un droit acquis pour personne ni aucun média. Par exemple, nous n’invitons jamais la presse d’extrême droite. Et nous ne les accréditons jamais. Nous invitons donc qui nous voulons, quand nous voulons, comme nous voulons. Chacun ensuite est libre d’accepter ou non.
L’officialité médiatique de « gôche » peut être aussi un égout. Pourquoi ai-je acheté « Libération » aujourd’hui ? Même une fois par an c’est encore trop. Aujourd’hui deux éditos : July et Legrand. Un même registre : pour le premier je cherche à me diaboliser comme les nazis le faisaient. Pour l’autre je cherche à me diaboliser pour me distinguer de la classe médiatico politique que les Français n’aiment plus. Quand leurs incessantes campagnes en lien avec les autres, qui publient des photos de moi dans le sang, auront leur résultat et qu’un fou m’aura fait subir un mauvais sort, ils diront que je « l’ai bien cherché ». Pour l’un comme pour l’autre, cette vilenie de plus se fait sur le thème « le danger de la brutalisation permanente » comme titre July, l’homme qui soutint l’avènement du régime iranien et aussi les Khmers Rouges. Un maître à penser ! Quant à Thomas Legrand, il nous a déclaré « infréquentables » il y a trois jours à la télé. Là, il nous fait la leçon d’unité (« cessez le feu les gauches irréconciliables »). Classique renvoi dos à dos. On espère qu’il l’a transmis à son candidat Glucksmann qui prétend exactement le contraire. Non ? « Le problème c’est Mélenchon » comme le disait votre éditorial non brutal ? Ce numéro écœurant du renvoi dos à dos des résistants et leur dénonciateur s’est déjà écroulé sur le blog d’Olivier Faure. Il a été contraint de retirer son signe égal entre fascistes et antifascistes. Nous savons bien ce qui inspire ces deux reculades. Ils savent que leur attitude contre nous ne passe pas dans le pays. Le ressort profond de notre peuple n’est pas leur prêchi-prêcha bêlant et vicieux. Et l’addition à payer s’approche. Rendez-vous dans les urnes. « Ni au premier ni au deuxième tour » comme disent Faure, Hollande, Grégoire, Delga et compagnie ? Essayez pour voir ce que ça vous laisse.