C’est un moment historique. La visite de Trump en Chine clôt une longue époque. Cela parce qu’elle intervient au moment même où les USA sont embourbés sans issue en Iran. Cela au plein chœur d’une séquence qui devait consacrer le plan Maga (Make America Great Again) à coups de droits de douane et de menaces d’annexions territoriales (Groenland, Venezuela). La situation est l’inverse de celle ouverte par la visite de Nixon à Mao et Zhou Enlai en 1972. La Chine était alors économiquement dans l’impasse. Les USA la dépassaient de la tête et des épaules. C’était à l’époque, pour les USA, un retournement de situation et une tentative de réorganisation de son mode de domination du monde. Ils avaient un plan et ils le mettaient en œuvre de façon conquérante. Les décisions s’enchaînaient et s’appliquaient sans hésitations ni résistances. 15 août 1971, le dollar n’est plus convertible en or ; 21 février 1972, Nixon négocie l’accord où la Chine accepte de produire à bas prix pour le marché mondial et de transformer ses avoirs en dollars en bons du Trésor américain ; 1974, accord avec les pays du golfe pour régler leurs transactions pétrolières en dollar. 1974, encore accords du Plaza qui évaluent le dollar par rapport à un panier de monnaies : « Le dollar est votre problème mais c’est notre monnaie. ». Les USA ont largement usé et abusé de cette réorganisation du monde à leur profit. Mais l’avantage acquis a fonctionné dans la durée comme une saignée. Depuis lors, les USA se sont encore davantage désindustrialisés au profit de la Chine, ils ont perdu le contrôle absolu qu’ils exerçaient sur l’Amérique du Sud et l’Asie du Sud-Est, partout à l’avantage de l’implantation chinoise. Ils n’ont gagné aucune des guerres essentielles qu’ils ont engagées (Vietnam, Irak, Afghanistan). Donc ils les ont perdues. La dédollarisation de l’économie mondiale s’est installée au rythme d’une baisse annuelle de 1 % des réserves en dollars des banques centrales. La semaine passée, pour la première fois, le Pakistan a émis des titres de dette libellés en yuan. Le système de transaction internationale chinois est désormais installé dans 57 États africains et dans toute l’Asie du Sud-Est. Cette visite de Trump est le moment où la fin du cycle s’écrit en public entre deux nations se montrant à égalité de puissance. Mais c’est une apparence. La Chine est la première nation manufacturière du monde. Dans le moment où l’armada des USA s’est bloquée dans le détroit d’Ormuz, la visite à Pékin se présente comme une demande d’intercession. Trump vient donc manger son chapeau pour obtenir de l’aide, quelle qu’en soit la forme. Et le plus important est de bien constater que c’est là le point mis en avant par les Chinois eux-mêmes. Ils savent que les USA, mal en point en ce moment, sont une puissance agressive qui voudra se sortir par de nouvelles violences de l’impasse historique où elle est encalminée. La Chine a donc raison de ne pas tourner autour du pot et de signifier clairement sa priorité : maintenir la paix du monde en refusant que Taïwan soit le prétexte à la guerre totale entre superpuissances. L’année qui vient sera celle des rebonds de l’onde de choc produite par l’évènement de ces deux jours. Si elle permet de progresser, la France peut y aider, sinon il faudra savoir manœuvrer pour éviter le désastre.
Fracassante première semaine de campagne présidentielle insoumise. Tout est allé si vite ! Les 260 000 parrainages recueillis ont été si vite récoltés ! En fait quarante six fois plus vite qu’en 2022. On comprend mieux alors l’impact des deux émissions par lesquelles j’ai présenté ma candidature, TF1 et Brut. En rediffusion comme en extraits vidéo, au total pour les deux sources additionnées cela représente quarante-cinq millions trois cent trente mille vues. Soit quarante fois le tirage du plus gros conglomérat de presse écrite de notre pays. Davantage que la diffusion mensuelle de « Libération ». « La lettre au peuple de France » a déjà été distribuée à un million et demi d’exemplaires. Les extraits de mon petit discours devant la permanence de Manuel Bompard à Marseille aux côtés de Clémence Guetté ont été vus trois millions quatre cent mille fois. Le replay de l’émission sur LCI avec Amélie Carrouër et ses extraits ont été vus un million six cent mille fois.
Dans cette série de chiffres se dessine la réalité d’un monde médiatique coupé en deux couches : l’officialité audiovisuelle et imprimée d’un côté et le numérique de l’autre. Une compilation des douze premiers comptes personnels d’Insoumis donne un résultat spectaculaire et significatif. Cela représente vingt-cinq millions d’abonnés et quatre-vingt-quatorze millions de vues dans cette semaine de lancement de ma candidature.
Le plus encourageant ce furent ces dizaines de messages de syndicalistes et d’intellectuels, hommes et femmes de tous les horizons de la pensée en rupture de ban avec le désordre établi. Leurs mots d’amitié, le bref exposé de leurs motifs. La jeune génération encourageant « le vieux » ou ma mascotte en tortue. Et ces mille et une blagues, « mèmes » et visuels ! Tous, nous avons ressenti un sentiment étrange, une sorte de gratitude pour cet élan avec le goût aux lèvres d’une impression de seuil de victoire. Tous autour de moi qui organisent et animent ce lancement me disent qu’ils ont retrouvé en six jours l’ambiance de la veille de ce premier tour de 2022. Avant cette nuit où la suite de l’histoire nous fut confisquée par quatre cent mille voix bloquées dans de vaines candidatures de « gôche » bloquées à moins de 5 %.
Cette ambiance illustre une réussite. Il est bon que tous ceux qui l’ont rendue possible le sachent pour mesurer le fruit de leur travail collectif. Et pour que chacun sache bien pourquoi et où se mène la vraie bataille pour former une opinion populaire de combat. Que vaut alors la scène de l’officialité ? Que valent les multiples pseudopodes de la pieuvre médiatique dans la main des neuf milliardaires défendant leurs privilèges au prix de l’abrutissement collectif. Ce sont des baudruches, certes nocives et venimeuses. Mais isolées et apeurées comme la classe qu’elles représentent. Il suffisait de voir sa hargne rageuse cette semaine.
Dans le train du retour de Marseille, la semaine étant bouclée, j’ai savouré lire le dossier de presse concernant cette première semaine. La réplique de nos adversaires était naturellement aussi tortueuse que nous avons été « droit au but » nous-mêmes. Mais ce n’est ni la droite, ni l’extrême droite qui ont organisé et tenu la contre attaque. C’est la sphère médiatico-sondrière secondée par la vieille « gôche ». Les deux convergent en une tactique unique pour nous frapper : nous disqualifier au premier tour au nom du deuxième. Une attitude criminelle dont le résultat ne peut être que le renforcement du RN. Les pires jacasseurs étaient mobilisés, portant souvent au mot près, les mêmes éléments de langage. Savourons le propos du porte-parole du parti le plus divisé de France: « personne ne veut de lui, ni à gauche, ni dans le pays ». Il ne parle pas de lui ou de Faure mais de moi. Savoureux car il ne se rend pas compte de l’effet qu’il provoque. En écho, BFM, la chaîne de l’empire Saadé, affichait un écran très collector pendant que Clémence Guetté parlait. Là, Bardella obtiendrait 71,5 % des voix et moi 28,5 %. À conserver. Mais à méditer.
Car cette technique de la superposition des infos sur un même écran efface le contenu du propos rationnel par des annonces ou des images « choc » simultanées. L’usage s’en répand. Le but : dégrader le sens, anéantir les raisonnements au profit de l’émotion. Le prototype est pour moi ce passage à « France Inter » où Benjamin Duhamel me traitait presque d’agent du Hamas et dont le seul résultat à la fin fut de savoir si j’avais fait ou non un doigt d’honneur. Et cela sur la base d’images fournies de l’intérieur du studio ! Ici, dans ce sondage affiché par BFM, le grotesque est souligné par la pseudo-précision scientifique d’un chiffre assorti de deux autres après la virgule ! Cette semaine, le groupe de presse de Saadé s’est déchaîné dans cet exercice. Après BFM, « La Tribune » lançait en même temps que mon interview un sondage du comique IPSOS affirmant que « 70 % des Français voient en Mélenchon un handicap pour la gauche ». On sent que cela les afflige… Mais trente pour cent ne le pensent pas ! De l’interview, il ne reste rien. Sinon la reprise par toutes les petites Pravda de la presse régionale du sondage IPSOS orné de photos dégradantes, évidemment. Pour comprendre la valeur de ce type de « sondage » il ne faut jamais oublier : comment, quatre mois avant la présidentielle de 2022, IPSOS m’attribuait 8 % d’intention de vote (contre 22 % réel !). Mais il attribuait 17 % à Pécresse qui a fait 4,8 %, et 8,5 % à Jadot qui en a obtenu 4,8 %. Mais de ce pronostic bidon, je préfère en rire. Trente pour cent qui ne me haïssent pas, n’est-ce pas encore trop ? Qui me vaut cette ire sondagière ? « Les soupçons d’antisémitisme qui pèsent sur lui sont un élément absolument majeur », souligne Brice Teinturier, directeur d’Ipsos. Ouf ! Tout ça est donc un bobard. Car personne ne croit que je sois antisémite. À part une bande d’énergumènes suprémacistes. Tout le monde sait que je ne le suis pas davantage que Blanche Gardin, le pape François ou le secrétaire général de l’ONU, qui en ont été accusés comme des centaines d’autres braves et honnêtes opposants au génocide à Gaza et au gouvernement fasciste d’Israël. La majeure partie des personnes savent que l’accusation portée contre moi est bassement politicienne et le fait d’une petite bande influente dans un milieu étroit. Du coup la seule question qui se pose est de savoir comment est composé l’échantillon de Brice Teinturier. Rien de plus.
Finalement quelle détresse est révélée par ce rabâchage rageur qui dure depuis des mois. Il ne faut jamais oublier qu’il s’agit de mensonges délibérés produits pour abrutir. Le plus comique côtoie alors l’absurde tout cru. Pour un certain Serge Duchêne « d’Euronews », ma candidature aurait même « relancé l’idée d’une primaire à gauche ». Cette brillante évaluation était suivie d’un festival de citations consacrées à me nuire. Et alors quel festival ! La vieille gauche y excelle à détruire mieux que n’importe quelle droite. Ici : citations de Plenel, de Guedj (« ancien assistant parlementaire de Mélenchon », sic) de Corbière « ex… » professionnel, et tout le cortège habituel des tireurs dans le dos. Dans tout cela, pas un mot à propos de la ligne politique, du programme ou de quoique ce soit. Juste des sondages jetés à la figure. La vraie motivation politique n’est même pas évoquée. Prudents… En tous cas deux jours plus tard Duchêne avait son fruit avec la mise à mort de la primaire.
Le véritable effet de ma candidature sur la sphère politicienne est ailleurs. Elle a fait commencer la campagne présidentielle. Et dès lors, mécaniquement tout s’accélère. La nature politique a elle aussi horreur du vide. Le tableau doit se compléter et chacun se hâte de ne pas laisser libre la case qu’il veut dominer. Cela vaut à droite comme à « gôche ». Certes, les sondeurs ont déjà installé depuis des mois des candidatures pourtant non déclarées pour former un tableau complet et faire vivre un spectacle rempli des seuls enjeux de personnes.
À présent, la réalité va commencer. Ma candidature et son vis-à-vis RN aggravent le vide du centre. Or c’est là où le système place son futur. Leur objectif est donc de construire cette candidature qui rallierait de Philippe à Hollande les deux centres (droite et gauche) et organiserait la véritable suite du macronisme. C’est littéralement le propos de François Hollande à « Dimanche en politique » du 10 mai. « Le prochain président peut être de gauche mais pour gagner il faut parler à des électeurs qui ont voté Emmanuel Macron ou au centre » estime-t-il.
Mais il y a loin ici de la coupe aux lèvres. Car cet espace non plus n’est guère homogène. La mise en place d’un champion pour le représenter n’est pas acquise. Tout s’est accéléré aux deux bouts de l’omelette centriste. D’une part Edouard Philippe s’est affirmé à Reims, d’autre part Hollande a précipité la fin de la chimère de « l’union de la gauche sans LFI ». Hollande l’a fait brutalement en congédiant les candidats à la candidature comme des importuns entrés par effraction dans son potager. Tous viennent du groupe écolo. Et là aussi, rien ne va plus non plus, puisque le 6 juin une motion est déposée pour résilier la candidature de Tondelier hors de la primaire. Au total, de tout cela ne reste que l’affichage enfin assumé par Hollande, Glucksmann, Vallaud et autres de la grande coalition des centres. Hollande a avancé sa candidature. Cette semaine a donc bouclé la fin d’un monde et désigné le vainqueur de la grande trahison des NUPES et NFP.
Le reste s’est aussitôt effondré. Là encore l’effet de la candidature insoumise était bien prévisible. Notre surgissement obligeait la « gauche de Montreuil pour la primaire » à se mettre dans la position d’incarner une légitimité. Mais aucun de ses nombreux porte-paroles n’en bénéficie pourtant. À la réunion de la primaire à La Bellevilloise, chacun parlait donc pour soi et contre l’un ou l’autre dans une pauvre demi-teinte qui ne trompait personne. La balle fut prise au bond. Faure, Jouvet et tout le marigot étaient mis KO debout par leur propre camarade Boris Vallaud. Le président du groupe PS à l’Assemblée quitte la direction de son parti avec vingt trois autres membres de celle-ci. Ils dénoncent le manque de démocratie du PS et les abus de pouvoir des chefs qui cherchent à imposer de force la primaire. Conséquence latérale supplémentaire : la dislocation du fonctionnement du Parti. Comment le groupe socialiste peut-il être absent de la direction du parti ? Cette coupure ressemble presque à la production d’un second PS. Ici encore notre méthode d’organisation fédérative produit un meilleur résultat de travail collectif. Deux jours plus tard, le même Vallaud remballe sa scission et Faure réunit une conférence des courants qui pourtant paralysent la vie de ce parti.
La réussite de « l’entrée dans l’eau » de ma candidature a donc été ainsi aussitôt amplifiée par ceux-là même qui prétendaient nous empêcher d’avancer. Le spectacle pitoyable de la primaire à la Bellevilloise, bientôt amplifié par l’explosion de la direction du PS, ont fonctionné comme un deuxième étage imprévu pour la fusée que nous avions lancé le 3 mai. L’acharnement médiatico-sondier reproduisant l’acharnement des lendemains du 7 octobre avec les mêmes arguments a produit le même effet d’abus qui avait déjà amplement solidarisé nos bases.
Cela en dit tant sur l’arrogance ridicule de la classe médiatico-politique du vieux monde de l’officialité. Pour leur part, les gens sérieux qui nous combattent ou qui nous observent en analystes politiques se sont bien gardés de bavarder et de faire quoi que ce soit avant d’avoir capté tout l’impact de notre déploiement. Il s’est en effet opéré sur une large ligne de front mettant en œuvre tout notre arsenal de combat politique. De la sorte, nous pensons avoir réussi un sans-faute mobilisateur. La fin de semaine fut l’occasion d’une nouvelle invite aux déçus de la primaire. Les retours en privé ont été bons de la part de tous ceux qui ont compris quel suicide représentait la mise à l’écart de LFI. Quelques-uns ayant même pris position pour un « accord honorable » avec l’un ou l’autre en cas d’échec de la mise en place de la primaire. De ce point de vue, un deuxième « processus » est peut-être en cours. Je l’ai dit dans mon interview à « La Tribune » à l’intention des raisonnables : « mieux vaut un bon usage de Mélenchon qu’un suicide anti-LFI ».
El Niño est de retour ! Un évènement lourd de conséquences pour l’année 2027. Tous les deux à sept ans se produit un réchauffement supérieur à la moyenne de la surface de l’eau de l’océan Pacifique, plus large étendue d’eau de notre planète. Il forme un courant marin tout le long de la côte pacifique des Amériques. Son nom : El Niño. Ainsi, au niveau de l’océan Pacifique équatorial, la température de l’eau, les vents et les précipitations sont bouleversés. Cela perturbe par effet domino en cascade toutes les conditions météo dans le monde entier, pendant plusieurs mois. Alors que son pendant, au contraire, La Niña, provoque une hausse des précipitations et des inondations, El Niño se caractérise par une forte hausse des températures et des sécheresses.
Ce phénomène existe depuis des millénaires et est enregistré depuis le début des archives climatiques. Mais le réchauffement climatique, déjà commencé et irréversible, modifie son intensité et sa fréquence. Alors apparaissent des “Super El Niño” : l’anomalie de température de la surface de l’océan n’est alors plus d’environ 0,8 °C supplémentaire mais dépasse les 2 °C. Les conséquences climatiques sont alors aggravées, se superposant au réchauffement de la planète en cours. Or, depuis les années 1980, l’Europe se réchauffe à un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale.
Et d’après les experts climatologues et météorologues, El Niño sera de retour à l’été 2026. La particularité : il sera plus fort, plus intense que les fois précédentes. Mais l’atmosphère mettant du temps à réagir, l’impact réchauffant d’El Niño atteint son maximum environ un an après le début du phénomène. D’après les experts du climat, il faut alors s’attendre en 2027 à des phénomènes extrêmes partout dans le monde. Dès cet été 2026, les températures seront plus élevées que celles de l’an passé, déjà trop chaudes. Dans un an, les températures maximales pourraient être bien plus hautes que le précédent record de 2024, l’année la plus chaude jamais enregistrée. Cette année, nous avions dépassé le seuil de 1,5 °C de réchauffement établi dans l’Accord de Paris pour le maintien de conditions vivables.
En 2027, plus que jamais, il fera chaud. L’élection présidentielle sera celle de l’urgence climatique, et donc de l’urgence d’une planification écologique active.