Communiqué de Jean-Luc Mélenchon
J’ai été reçu ce jour à ma demande par Madame l’ambassadrice du Canada en France et Monsieur le délégué général du Québec à Paris pour leur exprimer une solidarité française avec le Canada et nos cousins Québécois face aux ingérences des USA.
En effet, comme tout le monde, j’ai été alerté par les déclarations alarmées du Premier ministre canadien. Lors des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, Donald Trump s’en est pris au Québec et à sa population en ciblant ses lois de protection et de promotion de la langue française, qui sont l’honneur du Canada bilingue. J’ai donc aussitôt sollicité cette rencontre d’amitié avec les Canadiens.
L’ingérence odieuse des USA, prétendument au nom des impératifs du marché et de la liberté de circulation des marchandises, est insupportable. Le peuple français, le Canada et notamment le Québec sont unis par un lien indéfectible. Notre langue commune est une culture vivante que nous avons en partage. La liberté du Québec et la souveraineté du Canada importent donc directement aux Français.
J’ai donc voulu exprimer comme français au peuple canadien en général et au Québec en particulier la fraternité, une solidarité et un soutien déterminés. Nous nous tiendrons fermement à leurs côtés en toutes circonstances.
J’ai déjà eu l’occasion de leur exprimer directement ce message lors d’un déplacement en 2025 au Québec, à Montréal. En réponse au projet de Donald Trump d’annexer le Canada pour en faire le 51ème État des États-Unis d’Amérique, j’avais rappelé le refus du Canada : « no, means no, in english as in french » ; « non signifie non, en anglais comme en français ». Depuis lors, les menaces se sont aggravées et même étendues aux départements français des Caraïbes.
Ceci me donne l’occasion de prendre l’engagement suivant : si notre peuple me confie sa présidence en 2027, nous ferons bloc avec le Canada face aux appétits de son grossier voisin. Je le rappelle : comme puissance en Europe, la France est directement concernée. Nous n’oublions pas comment il menace d’invasion le territoire européen du Groenland. À présent, il semble considérer les îles françaises de Martinique et de Guadeloupe comme zones soumises aux États-Unis.
Mieux vaut faire savoir dès maintenant que cela n’est pas accepté sous quelque forme que ce soit par les Français. Cela me permet d’affirmer aussi à cette occasion la nécessité d’une francophonie politique avancée, partie prenante de la recomposition de la scène géopolitique mondiale en cours.