120 PDG secours populaire jean luc melenchon

02.04.2016

120 PDG gagnent un an de budget du Secours Populaire

L’orgie salariale repart de plus belle chez les grands patrons ! Elle n’a jamais cessé. Mais elle est de plus en plus décomplexée.

Après Renault, voilà Peugeot ! J’ai déjà dénoncé sur ce blog le salaire exorbitant du PDG de Renault-Nissan : 15 millions d’euros l’an dernier dont 7,2 millions d’euros au titre de Renault. Depuis, on a appris que le même pillage est à l’œuvre chez PSA Peugeot-Citroën. Le PDG de PSA, Carlos Tavares, a empoché plus de 5,2 millions d’euros l’an dernier, deux fois plus que l’année précédente ! Ces sommes dépassent l’entendement. Rendez-vous compte. Carlos Ghosn a gagné en une année à la tête de Renault autant qu’un salarié au SMIC gagnerait en 530 ans ! Carlos Tavares a gagné autant à la tête de PSA autant qu’un salarié au SMIC gagnerait en 380 ans !

Le journal L’Humanité a publié sur son site internet quelques comparaisons très parlantes. Elles portent sur les salaires de patrons des 120 plus grandes entreprises françaises. Cela représente un total de 300 millions d’euros par an pour 120 personnes, soit une moyenne de 2,5 millions d’euros par an. Pour ne citer qu’une comparaison, ces 300 millions d’euros par an représentent le budget total annuel du Secours Populaire. Le Secours populaire vient en aide chaque année à près de 3 millions de personnes. 120 patrons surpayés d’un côté, 3 millions de pauvres de l’autre. Et si on partageait les richesses ?

D’ailleurs, quel travail font donc ces gens pour gagner autant d’argent ? Ont-ils découvert le vaccin qui guérira du SIDA ? Ont-ils mis au point le vaisseau spatial capable d’emmener l’homme sur Mars ? Ont-ils trouvé comment produire une électricité abondante sans nucléaire ni énergies fossiles ? Ont-ils composé la plus mélodieuse musique jamais écrite au monde ? Qu’ont-ils apporté à l’humanité pour mériter pareil salaire ? Non. Rien de tout cela ! Ils ont seulement supprimé 12 000 emplois pour dégager du « cash » pour leurs actionnaires. Ceux qui s’emploient aux tâches plus nobles que j’ai citées ne rêvent d’ailleurs pas de sommes aussi astronomiques comme salaire pour leur talent ou leur génie.

Seuls les médiocres rêvent d’argent. Ainsi, Pierre Gattaz trouve ces salaires tout à fait normaux pour une telle besogne ! Mardi 29 mars sur France Info, le président du MEDEF a défendu le salaire à 5 millions d’euros du PDG de PSA et son doublement depuis l’an dernier ! Sans aucune honte. Pour lui, il s’agit seulement de « récompenser la réussite » ! Mais quelle réussite ? Celle d’avoir supprimé des milliers d’emplois ? D’avoir exploité davantage les salariés ? Et Gattaz, à propos, quel est son salaire ? En 2014, il l’avait augmenté de 30% quand ses salariés étaient seulement augmenté de 3%, dix fois moins. A l’époque, Pierre Gattaz avait empoché 420 000 euros sur l’année. Mais quelle est sa réussite ? Quelle peine s’est-il donné à part le fait de naître ? Il a trouvé dans son berceau l’entreprise Radiall transmise par son père ! Ce n’est pas un entrepreneur, c’est un banal rentier, un fils à papa tout juste bon à pleurnicher contre un SMIC qu’il juge trop élevé et à défendre ses amis oligarques ! Qu’un salaire, quel qu’il soit, soit décrit comme une « récompense » en dit long sur ces gens qui ont perdu tout rapport avec la vie ordinaire ou le salaire est  le moyen de vivre et parfois même de survivre et non un appoint  donné « en récompense ».

DERNIERS ARTICLES

Texte publié dans l’Obs le 12 février 2024. La vie politique ne se résume pas à la jungle des ambitions souvent mises en scène….
Le moment politique commencé avec la nomination du nouveau Premier ministre semble trébuchant. Les lenteurs des nominations, les accidents de casting comme le calamiteux…
Rechercher