Contre le coup de force présidentiel, le vote du peuple doit être respecté

Ce n’est pas un évènement comme un autre et aucun républicain ne saurait en minimiser ni le sens politique ni l’extrême gravité qu’il contient. Le Président de la République dans une lettre adressée aux Français prétend que « personne n’a gagné l’élection ». C’est faux. Tout le monde le sait. Le Nouveau Front Populaire est arrivé en tête de l’élection et c’est à lui que revient de former le prochain gouvernement. Dans toutes les démocraties du monde c’est ainsi que les élections permettent de désigner le gouvernement, avec ou sans majorité absolue à la chambre des députés. C’est d’ailleurs la règle qu’Emmanuel Macron avait fait fonctionner en 2022 pour nommer un premier ministre issu d’une coalition présidentielle qui n’avait pourtant pas de majorité absolue à l’Assemblée nationale. Cette coalition fut même baptisée « majorité présidentielle » alors qu’elle ne disposait pas d’une majorité de députés. Cette fois-ci, la coalition des partis soutenant Emmanuel Macron est arrivée en seconde position. Le Président ne peut lui recommander de former une coalition nouvelle avant d’avoir constaté ce qu’il en est avec la coalition réellement arrivée en tête. Agir comme le fait le président est donc un coup de force, un abus de pouvoir.  

C’est aussi une violence contre l’Assemblée elle-même. En effet Emmanuel Macron demande à l’élection de la présidence de l’Assemblée de définir les contours d’une nouvelle majorité gouvernementale en dehors du résultat du vote du suffrage universel. Ce n’est pas du tout le rôle de l’élection de la présidence de l’Assemblée de fixer les contours d’une majorité de gouvernement. Au demeurant le Président de la République peut-il ignorer que les groupes parlementaires ne peuvent se constituer sans déclarer s’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition ? C’est donc impossible si la « majorité » gouvernementale n’est pas connue. Tout cela est donc un ensemble et il ne prend qu’un sens insupportable : celui contenu dans la phrase où le Président affirme que « personne n’a gagné ». Il nie donc le résultat du vote du dimanche 7 juillet. Qui pourrait l’accepter et cautionner cette forfaiture ? Ce n’est pas tout.

Le Président viole aussi le sens politique de ce qui s’est passé entre les deux tours de l’élection législative. Car il fait du « front républicain » une alliance politique qui devrait produire un gouvernement ou une majorité au parlement . Il ne peut en être question. Le soi-disant « front » n’est pas une alliance politique. Il n’en a jamais été question. C’est même son sens profond que d’être au-delà des partis et des frontières partisanes pour répondre à un intérêt commun supérieur. Il s’agit d’un « cordon sanitaire » contre l’accès au pouvoir d’un parti hostile à la nature républicaine de l’Etat tel que l’est le RN pour toutes les raisons mille fois exprimées sur le sujet. Pour ce qui concerne les insoumis, la décision de retirer nos candidats arrivés en troisième positon quand le RN arrivait en tête a été rendue publique par moi à 20 heures 15, sans négociations d’aucune sorte et sans aucune demande de contreparties. Vouloir transformer une décision de « cordon sanitaire » en alliance politique est un abus de pouvoir politique sans fondement. Il s’ajoute à celui qui nie le résultat de l’élection et la victoire du Nouveau Front Populaire. Les deux forment un tout inacceptable.

Dès lors, la suite de l’élection du 7 juillet qui a garanti la défaite du RN par la victoire du Nouveau Front populaire doit donc à présent être prolongée en faisant échouer le coup de force politique d’Emmanuel Macron. Il veut garder le pouvoir que le vote des Français lui a retiré. Il ne saurait être question d’accepter si peu que ce soit cette sorte de retour du droit de veto royal s’imposant contre un vote au suffrage universel. Il ne saurait être question de permettre le retour des combinaisons indignes et manigances secrètement ourdies qui permettraient de s’imposer par une autre coalition que celle désignée par le vote populaire au suffrage universel ! Ce qui est inacceptable ne doit pas être accepté. Et cela doit se traduire concrètement, jusqu’à ce que le Président respecte la décision du suffrage universel.         

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