melenchon sondage suave

19.04.2016

Un sondage suave

Un sondage me donne à touche/touche avec François Hollande et dans un cas devant lui. Les candidats de droite eux-mêmes sauf Juppé ne semblent pas hors de portée d’une campagne sérieusement menée. Je ne répète pas le doute que j’ai toujours exprimé sur ce que sont les sondages. Mais je ne méconnais pas leur capacité de prescription, pour ne pas dire d’injonction. Car si l’opinion n’existe pas, par contre, elle se fabrique.

Déjà l’onde de choc que produit ce sondage porte progressivement ses fruits. Dans cette phase où j’ai proposé ma candidature depuis le 11 février, il la conforte en la légitimant. Car non seulement je tiens le niveau de 2012, mais j’améliore le score d’alors. Aussitôt, ce sondage a fracassé bien des diguettes. En quelques heures, les contacts les plus refroidis ont repris vigueur dans tous les secteurs. Je ne me grise pas de cette situation. Je continue à ne croire en rien d’autre qu’au travail patient et méthodique pour s’incruster plus avant et plus profond dans le terrain. Que ferions-nous d’une force dont l’humeur fluctuerait au gré des sondages, des succès accordés et des enthousiasmes de commande ?

Pour autant, on ne peut négliger l’impact politique de ce sondage. Le premier concerne évidemment la faiblesse du score du président. Mais il faut aussi constater la disparition du Premier ministre, remplacé dans la mode du jour par la nouvelle coqueluche du système, Emmanuel Macron. Tout cela combiné conduit à afficher et installer une crise politique du pouvoir. Mais qui commande là-dedans ? Car la monarchie, ça marche avec un monarque. Pas avec un président de comité des fêtes cantonales.

On se souvient comment en une question, deux interruptions, madame Léa Salamé a fait de la soirée télévisée de François Hollande une fin de partie pour celui-ci. On a vu qu’en face d’elle il n’y avait plus de président, juste l’ancien Premier secrétaire du PS, qui brillait dans les fêtes de la rose, jouant désormais un rôle qui le dépasse. Léa Salamé a joué le rôle de révélateur. Un pouvoir aussi affaibli est à portée de main pour être vaincu en ce qui concerne le retrait de la loi scélérate dite « El Khomri ». La dérobade des élus PS se comprendrait dans ce cas mieux qu’une obstination suicidaire.

Je ne dis cela que pour montrer comment d’un sondage qui le montre si faible à une position encore plus faible, il y a un enchaînement accéléré dont nul ne peut dire comment il finira. Ni comment l’autorité de l’État sera sauvegardée quand elle est engagée d’une façon qui la discrédite contre les manifestations de « la nuit debout », les cortèges de lycéens et les manifs sociales. Le tout pendant qu’un ministre de l’économie caquète à tout va, et même sur la politique européenne, comme s’il était déjà le nouveau centre du pouvoir.

J’en reviens au paysage global que dessine le sondage LCI/RTL/Le Figaro. Clairement après cela, si la tendance est confirmée, fini le tripartisme, c’est-à-dire l’idée que l’espace politique est enfermé et verrouillé par les deux partis qui récoltent, le PS et LR, et leur épouvantail qui protège la moisson contre les picorées sauvages, le FN. À quatre protagonistes, on peut dire qu’est redistribuée entièrement la façon de penser la suite des évènements politiques dans notre pays. Car si le FN d’un côté et nous de l’autre sommes une alternative in fine, le PS et l’UMP sont condamnés à former ce bloc libéral dont Macron est la figure emblématique.

Enfin, j’en viens à ma candidature et à ma campagne. Je suis la lettre cachée de Poe, m’a dit un analyste. Tout le monde m’a sous les yeux, haut dans tous les sondages depuis trois mois. Tout le monde me voit rassembler plusieurs dizaines de milliers d’appui et de nouveau des foules dorénavant fort jeunes. Mais personne ne me voit parmi ceux qu’ils sont cependant censés regarder. Et surtout quand la question sociale revient sur la scène (loi El Khomri) flanquée de la question citoyenne (la Nuit debout) on est dans la doublette qui fonde mon discours et quasiment ma carte de visite politique. Cela finit par se traduire dans le champ des intentions de vote et c’est bien naturel.

Aucun mystère là-dedans. La politique ce n’est pas (encore) que de la com. Il y a aussi des réalités, notamment sociales, et celles-ci finissent souvent par dicter leur loi.

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