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20.01.2019

Le Pen fait les yeux doux au système

Marine Le Pen affiche son soutien aux gilets jaunes. Elle le fait sans en rajouter, non par peur de la récupération mais parce que le parti d’extrême droite a beaucoup de mal à être celui des gens qui « créent le désordre », et « font des violences ». Les contradictions ne s’arrêtent pas là. Ainsi quand elle fait mine de critiquer le gouvernement pour avoir « choisi la répression » et « criminaliser le mouvement ». Il se trouve que, dans le cadre de son activité de députée, madame Le Pen a voté avec le gouvernement pour ce qui concerne l’aggravation des mesures sécuritaires contre les libertés publiques. Ainsi quand les députés de la France insoumise ont voulu supprimer la possibilité d’imposer des fouilles arbitraires et obligatoires autour des rassemblements comme les manifestations. Elle comme les autres députés lepénistes ont rejeté cette proposition. De même que celle où nous proposions l’accès au dossier de la part de la défense dès le stade de la garde à vue ou de l’audition. Aujourd’hui, ces mesures répressives sont largement utilisées par le pouvoir contre les gilets jaunes.

Elle feint de s’indigner de la « désespérance sociale » des Français engagés dans le mouvement mais ne dit aucun mot de leurs revendications. Et pour cause : son programme comprend beaucoup de dispositions anti-sociales totalement contradictoires avec les revendications des gilets jaunes. Par exemple, elle proposait de pouvoir allonger le temps de travail par des accords de branches. Pour les salariés, c’est du salaire perdu puisque le déclenchement des heures supplémentaire recule. Depuis la présidentielle, Macron l’a fait. Comme le Président des riches, l’héritière de Montretout est contre la hausse du SMIC. Elle l’a rappelé en plein mouvement des gilets jaunes, le 26 novembre, répondant à une question de Jean-Jacques Bourdin : « j’ai toujours dit que l’augmentation du SMIC entrainerait une charge supplémentaire pour les entreprises qu’elles ne peuvent pas assumer ». Un langage que ne renierait surement pas Bruno Le Maire. Sur la retraite à 60 ans, elle s’est dit un temps favorable. Puis elle a vite fait machine arrière, en précisant dans un entretien à Valeurs actuelles que « s’il apparaît que l’on ne peut pas maintenir notre système de retraite et accorder un départ à 60 ans (…) les Français accepteront les sacrifices qu’on leur demandera. ».

On vérifie le fossé entre les positions réelles du Rassemblement national et des gilets jaunes en examinant le vote des députés FN à l’Assemblée. Sur la démocratie et l’intervention du peuple dans les institutions, ils ont clairement marqué une distance avec nous lorsqu’ils ont voté contre notre amendement proposant d’instaurer le référendum révocatoire pour les parlementaires. Ils ont également voté contre la convocation d’une Assemblée constituante. Une confirmation supplémentaire de leur nouveau ralliement au régime actuel de la cinquième République. Quand les députés insoumis sont à la pointe contre l’irresponsabilité écologique et sociale du gouvernement, la bande de Le Pen est absente. Impossible de les trouver lors des deux votes que nous avons imposé pour l’interdiction du glyphosate. Nous avons proposé l’interdiction de l’épandage de certains pesticides reconnus dangereux pour la santé dans un rayon de 200 mètres autour de lieux de vie. Ils ont voté contre. Lorsque nous avons bataillé pour que l’interdiction de vendre la SNCF au privé soit inscrite dans la loi, les trois députés du Rassemblement national présents se sont abstenus sur notre amendement.

Tel est à présent le « Rassemblement National ». Mais sur tous ces sujets, on le voit les positions de Le Pen rejoignent celles de la majorité parlementaire « La République en marche », de nombre de LR et de pas mal de PS.

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