18.09.2019

De retour dans la fosse aux serpents

Je vais au procès sans me mettre la corde au cou. Merci pour les centaines de messages de soutien. Mais si vous voulez nous aider dans ce bras de fer, suivez le fil rouge du site des Insoumis et de ses propositions d’action. Si vous voulez argumenter autour de vous, mon livre vous aidera. Il est en librairie et on peut aussi le commander en ligne. Nous sommes des consciences engagées. Des moments difficiles, nous faisons des moments de conscientisation et d’éducation politique. Le reste nous sera donné par surcroît. À présent, je veux dire deux mots du contexte.

En quelques jours, l’actualité politique est devenue extrêmement dense. La crise du pétrole saoudien vient dorénavant ajouter à toute la tension qui se notait déjà dans le commerce mondial et du coup dans tous les secteurs financiers qui s’y trouvent impliqués. On peut en déduire que les risques de crise financière mondiale s’accroissent. D’autant que l’épisode de la banqueroute en Argentine ne sera pas non plus sans conséquence. Et que si cela se met en place, le fond de scène sera bien plus âpre encore qu’il ne l’est déjà. Pendant ce temps, les crises politiques de notre région du monde vont en s’étendant. Après et en même temps que le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne déstabilisées, voici venir l’Espagne et ses nouvelles élections. L’Europe se disperse en crises de nerfs contagieuses.  Le Maghreb n’est pas plus tranquille avec le résultat très dégagiste de la Tunisie et l’étrange tension générale algérienne dans sa révolution citoyenne.

En France, c’est l’État qui se dissout dans les factions qui divisent ses corps d’autorité. Police et justice, en pleine politisation se décomposent dans les luttes de fraction qui s’y livrent. Des ministres recrutés dans l’ancien sérail du PS ont transmis à l’organisme macroniste la maladie qui a déjà détruit le régime précédent : la politique du chien crevé au fil de l’eau, l’amour de la peinture qui tient les murs, le verbiage grandiloquent et démoralisant dans le style de Nicole Belloubet. En décidant de choisir le thème de l’immigration pour la prochaine étape de son plan de marche, Macron injecte une dose de poison mortel dans les veines du pays. Le Pen peut donc légitimement penser qu’elle peut commencer la marche finale. À Fréjus elle a commencé une campagne qui ne semblait guère municipale. Nous voici donc entrés dans l’ère de la campagne électorale présidentielle permanente. Donc des paroxismes permanents. Dans ce contexte, la puissance du dégagisme en cours dans notre pays va trouver bien du petit bois pour ses incendies.

Si Le Pen a été correctement dédiabolisée, nous vivons l’inverse. Le choix de nous clouer dans les procédures judiciaires, même grossièrement ficelées, a une efficacité certaine. Pour autant, le mouvement et les groupes parlementaires restent largement déployés sur le terrain et dans les institutions. Notre plan de marche doit rester au pas du mouvement écologique et social qui se déploie dans le pays autour de la question des retraites et de la bataille climat. Il ne faut donc rien changer à ce que nous  construisons avec patience. L’enjeu numéro un, c’est la jonction classe populaire-classe moyenne. La période de la campagne européenne doit servir de leçon. On a vu comment la conjonction d’un mouvement syndical renfrogné et replié, l’isolement du mouvement populaire sous les coups d’une diabolisation bien organisée et la désertion de la classe moyenne ont conduit au résultat consternant de juin dernier. « La France Insoumise » a subi sa part d’outrages, de violences, de trahisons et de provocations qui ont permis d’annuler en partie sa fonction de pont politique. Nous avons entrepris courageusement un temps de stabilisation et de réorganisation. Rien n’est acquis.

Mais comme les problèmes sont dans la société, les réponses y sont de même. En face de l’énergie malsaine du tandem Extrême droite/ Extrême centre aujourd’hui dominant, il y a tant de bon, tant de points d’appui. L’urgence des situations fera le reste quand la marée se retournera. Dans la déroute financière mondiale et les conséquences de la bifurcation climatique, rien ne vaudra plus de cinq minutes si se produit une embardée du pays. Toutes les combinaisons politiciennes qui se cherchent sous nos yeux seront balayées. Le dégagisme reste à l’ordre du jour des sociétés comme on vient de le voir en Tunisie. Une fois de plus, il va falloir s’ouvrir un chemin autrement. Il passe par les consciences du grand nombre. Il peut s’embrouiller c’est vrai. Les élections municipales vont aggraver la balkanisation du paysage. L’intérêt de ces élections à nos yeux ne doit pas être là où le situent les ambitions des guerres picrocholines entre confettis rivaux. Tout est dans l’art d’ouvrir des solutions crédibles avec des formes d’auto-organisation assez solide pour manier fermement le balai. Mais ce n’est pas le moment pour moi d’en traiter.

J’écris ces lignes à quelques heures du procès politique qui m’attend avec mes amis. C’est une dure épreuve. Mais le carré des combattant.es s’est reformé.  Je vois l’adversaire. Je vois les amis. Tout cette comédie judiciaire a été organisée pour nous détruire politiquement et humainement pour nombre d’entre nous. C’est la guerre judicaire, le lawfare. Bien des mots me brûlent les lèvres. Je reste concentré sur la bataille à mener. Car c’est une bataille. Les décrocheurs de tableaux ont montré qu’existe un espace de respiration dans le monde moisi de Belloubet. Une seule brèche peut écrouler un mur.

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