collapse richard ferrand

19.02.2020

La semaine du collapse

Une sorte de marathon commence pour nous. Il y a devant nous au moins trois semaines sans pause ni de nuit ni de jour, ni samedi ni dimanche pour traiter le projet de loi sur les retraites. Naturellement, le gouvernement finira par interrompre le débat d’une manière ou d’une autre. 49.3, votes bloqués, on ne sait. Tout cela est écrit d’avance pour qui sait écouter ou lire la novlangue des responsables de « La République en Marche » (LREM) quand ils récitent leurs éléments de langage. Dans l’intervalle, il faudra tenir une noria bien ajustée, chacun à son poste, chacun à son tour. La vie de famille va encore payer sévèrement l’addition. C’est notre tour. On ne se plaindra pas. Des milliers de gens ont sacrifié tant de choses depuis que la lutte est engagée.

Les premières heures de cette loi devant l’hémicycle ont été très dévalorisantes pour la majorité LREM. Sauvée de justesse par la droite parlementaire incapable de se mobiliser sur sa propre motion de rejet de la loi, la majorité s’est ensuite enlisée dans une tactique hasardeuse contre le droit d’amendement des oppositions. Richard Ferrand, à la manœuvre de cette désastreuse tactique, a réussi à mobiliser en un front unique cinq présidents de groupe sur sept. Résultat : pour gagner une heure de débat, le président de l’Assemblée Richard Ferrand a fait perdre trois heures de débat de procédure. Précisons que dans le moment on se demandait quelle était la tactique suivie car l’hystérisation des bancs côté députés marcheurs semblait constante et frontale. Pour quoi faire ? Impossible de répondre. On en a déduit que l’objectif des marcheurs était de créer une ambiance justifiant le recours au 49/3 « contre l’obstruction ».

Ce fut le règne des éléments de langage. De bons soldats lisant des feuilles récapitulant des arguments dont ils ne savent pas que nous les avons déjà démontés dix fois en commission et dans nos meetings. D’autres sont venus jouer leur rôle favori, celui de spadassins à chaussures cloutées comme l’ex-socialiste devenu le « questeur-mangeoire » des LREM comme le disent ses ennemis de l’intérieur. Une autre hypothèse est que le poste de pilotage ait été disloqué par les épisodes calamiteux de la semaine précédente depuis le vote en faveur des handicapés au désastre parisien suivi depuis des déclarations ignobles de Castaner sur les divorces d’Olivier Faure, et ainsi de suite. Ce que nous avons vécu dans l’hémicycle serait alors un feu de paille. Au demeurant, les propos de couloirs montraient un vrai embarras des marcheurs convoqués en séance pour se taire des heures durant qui finissent par exploser en vociférations et déclarations sur le mode de ma mise en cause comme « dictateur » par un pauvre diable qui avait trop lu ses éléments de langage à la buvette.

Cet enlisement du débat finit comme un naufrage. Le retrait de Richard Ferrand à la tribune présidentielle en attesterait : incapable de faire vivre la ligne dure qu’il impulsait contre les oppositions, il a préféré passer son tour à une vice-présidence LR plus apaisante et respectueuse de ses collègues. L’épisode de sa brutalité à la présidence du débat clef du quinquennat prolonge l’absurde refus de la minute de silence proposée par l’insoumise Caroline Fiat à la mémoire de l’infirmière assassinée. C’est à mes yeux la leçon politique du moment. Les marcheurs sont dans la phase ou ils se sont piégés par leur arrogance. Le reproche d’inhumanité prononcé par Emmanuel Macron contre ses propres députés leur colle désormais à la peau. On fera ce qu’il faut pour qu’ils ne s’en débarrassent pas de sitôt. Les images les montrant vociférant et huant, applaudissant comme des robots pour nous faire taire sont d’excellentes démonstrations. J’espère que les vidéastes sauront les mettre en scène.

Dans le pays, la situation est à l’identique. La République en marche a disparu comme force de terrain et reste aussi muette que le RN sur les grands sujets. Les diversions du président au Mont-Blanc puis en Moselle se sont diluées dans le sable du mépris et de l’indifférence. C’est heureux. Les couacs de communication n’en sont que plus risibles. Un discours sur la laïcité depuis un territoire concordataire c’est aussi nul qu’un sketch au Montblanc le jour où ses députés européens votent 25 projets gaziers et la veille de la signature d’une concession d’autoroute dans la région par son Premier ministre. La vérité est que si les médias en continu ne fabriquaient pas une cohérence aux tribulations du régime sous les pas de son fondateur, on dirait que le véhicule est parti dans le décor la semaine passée et qu’on ne voit pas comment il compte se remettre sur la route.

Car l’émiettement social de la majorité LREM continue. La stupéfiante ministre de l’Injustice est notre meilleure alliée. Elle a réussi à se mettre à dos les magistrats et les huissiers en essayant de les séparer d’avec les avocats. Résultat : tout ce secteur social est désormais aussi hostile au macronisme qu’une AG de la RATP ! Les abus de pouvoirs ne passent plus si facilement. On le voit jusque dans le cas Pavlansky où l’esprit de vengeance macroniste s’étale grossièrement en lieu et place de la justice comme il faudrait en effet qu’elle fonctionne. Le juge d’instruction n’a pas suivi les demandes du parquet lié au pouvoir. C’est un signe fort. La peur recule dans ce milieu aussi. La sortie répugnante de Castaner contre son ancien ami au PS Olivier Faure termine le tableau d’un mouvement politique qui affiche des postures à rebours des valeurs et coutumes de ses bases sociales. Là est la clef de la déroute qu’il est possible de leur infliger.

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