siege pcf melenchon lettre

18.12.2020

J’ai écrit aux communistes

Ce samedi 12 décembre, le PCF tenait son conseil national. Présidé par Pierre laurent, cet organisme central dans la vie du PCF devait établir le calendrier de travail des communistes en vue de l’élection présidentielle. J’ai donc pensé que c’était le moment opportun pour proposer ma candidature à ceux dont j’ai déjà été deux fois le candidat pour cette élection. J’ai adressé ma lettre au secrétaire national du PCF, Fabien Roussel ainsi qu’aux deux présidents de groupe parlementaire Eliane Assassi (Sénat) et André Chassaigne (Assemblée nationale) ainsi qu’à Pierre Laurent. Ce courrier a été mentionné dès le début de la réunion. Puis Fabien Roussel l’a diffusé à l’ensemble des membres du Conseil national. L’AFP en a donné alors un résumé. Je pense donc pouvoir publier ici le texte intégral pour que chacun puisse y avoir accès sans intermédiaire.

« Marseille 10 décembre 2020

Cher camarade Fabien Roussel,

le 8 novembre dernier, comme tu le sais, j’ai proposé ma candidature pour l’élection présidentielle de 2022. Depuis, j’ai reçu les 150 000 parrainages citoyens que j’avais sollicités pour être mandaté pour cela par une investiture populaire.

Je me tourne donc vers toi comme secrétaire national du Parti Communiste dont j’ai été le candidat aux deux précédentes élections présidentielles. Une nouvelle fois, je voudrai proposer aux communistes ma candidature. Je souhaite l’appuyer sur un programme partagé et une répartition de candidatures communes aux élections législatives.

Je prends l’initiative de ce courrier en m’appuyant sur le bilan de nos deux précédentes alliances. Certes, nous aurions des erreurs à nous reprocher mutuellement. Mais quelle action d’envergure n’en comporte pas ? Et je crois que nous aurions tort de limiter à cela notre bilan d’action commune. Il est brillant. En 2012 puis en 2017 nous avons porté ensemble un programme audacieux pour changer en profondeur la vie de notre peuple. Et nous avons rassemblé autour de lui d’abord quatre millions de voix puis plus de sept millions. Ma candidature a recueilli d’abord presque 12% des suffrages en 2012 puis 19,5 % d’entre eux. Tout cela nous l’avons construit ensemble. Et cela nous créé le devoir de persévérer. Pour faire mieux, jusqu’à la victoire. Certes le moment est sombre. Dur. Dangereux. Les crises globales se superposent. Climat, finances, emploi, santé, de tous côtés les équilibres du passé se rompent sans qu’on voit du mieux s’annoncer. L’évolution autoritaire du régime macroniste fait craindre le pire. Mais n’est-ce donc pas aussi le moment où les peuples peuvent le mieux comprendre la nécessité d’une rupture profonde avec le système qui a produit ces désastres ?

Nous savons tenir bon. Nous le prouvons chaque jour.

À l’Assemblée nous animons deux groupes d’opposition actifs et reconnus. Nous y votons de la même façon dans 90 % des cas et peut-être davantage. Nous nous y concertons à chaque grande occasion. Nous sommes en discussions positives en vue d’un accord aux élections régionales. Dans les luttes sociales, nous sommes au coude à coude. Sur la scène internationale de même.

Ainsi l’histoire politique de ces douze dernières années, nos programmes, nos votes nous placent aux yeux de l’Histoire et de notre peuple dans une même famille de volonté politique.

C’est pourquoi je crois que j’ai le devoir de te faire ce courrier et ma proposition de candidature. Je la prolonge avec l’idée d’un accord sur le programme et sur des candidatures communes aux élections législatives. Ce dernier point n’est pas le moindre. En toute hypothèse, c’est sur l’adhésion à un programme que nous volons motiver les votes. Et c’est lui qui fait sens pour élire nos députés. Nous l’avions bien compris ensemble en 2012 et 2017 pour le programme. Mais nous avons commis l’erreur de ne pas nous accorder avant l’élection présidentielle à propos de législatives. Nous ne devons pas recommencer cette erreur. Surtout si nous envisageons la victoire, car il nous faudra être prêt séance tenante.

Pour conclure : je me place sur le chemin que nous avons ouvert ensemble il y a une décennie. Nous pouvons prolonger pour le bien de notre peuple et l’audience de notre pays parmi les peuples du monde pour qui notre parcours commun est un espoir. Unis, nous attirerons j’en suis certain des personnalités et des forces de la gauche traditionnelle qui s’interrogent aujourd’hui. Ainsi nous pourrions former un large arc de forces. À mes yeux, patience et persévérance sont nos atouts et notre devoir.

À toi, en camarade,
Jean Luc Melenchon

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