melenchon union populaire

07.07.2021

Notre campagne présidentielle en chiffres

De ce point de vue, je reste un militant à l’ancienne. J’aime l’organisation. Et j’en ai transmis une culture exigeante et perfectionniste à tous les jeunes dirigeants du mouvement Insoumis. Eux-mêmes étaient déjà assez méthodiques dans la vie. Je sais combien ce trait de caractère explique souvent les rencontres politiques… Quand j’ai su qu’on imprimait une deuxième vague de tracts sur l’union populaire après en avoir écoulé déjà 600 000 depuis la conférence de presse de lancement, le front souriant de Manuel Bompard, directeur de campagne, me signalait assez bien le succès. Au total, avec l’épuisement en huit jours du stock d’affiches et de tracts « Union Populaire », l’ouverture de la deuxième grande séquence de la campagne présidentielle pavoise plutôt. L’ouverture du site Melenchon2022.fr a été un succès. Au passage toutes les plateformes liées à la campagne ont été fusionnée et la fin du cycle précédent a donc été scellée. Une nouvelle saison militante commence.

On peut donc se risquer à un bilan détaillé de la première phase. Les militants de la longue marche se reconnaîtront dans cette manie du chiffrage et des indicateurs qui fait si pleinement partie de la culture et de la tradition du « canal historique large » de notre famille. Les résultats de la première phase de mise en place ont été bons. Très bons ! 236 000 parrainages citoyens, un million d’euros de dons, c’est du lourd pour nous ! Et cela correspond à huit mois d’avance par rapport aux résultats enregistrés en 2016. Cela signifie à nos yeux un meilleur niveau de cohésion du noyau central de notre « électorat-mouvement-politique ». Je parle ici de l’ensemble à bords flous qui unit les militants les plus engagés et les sympathisants les plus éloignés du quotidien politique mais non moins fidèles en idéal. Cette entité s’est révélée de façon spectaculaire avec les 120 000 personnes qui se sont affichées en soutien sous le hashtag « ennemi-de-la-république ». C’était quand déferla la campagne de diffamation du CRIF, de Pécresse et de Delga contre les Insoumis. Ceux-là auront réussi à bien fortifier notre cohésion et le dégoût légitime qu’ils inspirent. La réactivité politique de nos réseaux spontanés est là. Ainsi quand une heure après ma conférence de presse sur la nouvelle phase de campagne nous enregistrons 900 signatures de parrainage supplémentaire et plaçons trois hashtag en tête de tendance sur Twitter.

Comme on le sait, un mouvement n’a pas le même rythme ni la même forme interne qu’un parti. Il vit par pulsation au fil des évènements et des causes et selon la nature des échéances. Nos capteurs sont là pour en attester et pour guider nos décisions de travail. Sur ce plan de l’auto-organisation du mouvement, l’ambiance pré-campagne se fait sentir par une nette progression de tous les indicateurs. Plus de 2000 groupes d’action militants « certifiés » c’est 500 de plus qu’en début de campagne. 28 000 personnes se sont engagées dans ce type de structure. Enfin 9.000 personnes ont téléchargé l’application « action populaire » au cours du dernier mois. Ce fait peut paraitre anodin. Mais il s’agit d’une véritable révolution du fonctionnement de l’aile militante active du mouvement Insoumis. L’application permet une intégration transversale sans comparaison avec aucun autre mode de fonctionnement d’aucune autre organisation du passé.

Un dernier registre doit être observé. C’est celui du travail programmatique du mouvement. Pour nous le programme est central. Son actualisation est en cours depuis le premier confinement. Depuis qualifié de « nouveau testament de Mélenchon» par l’humoriste politique Olivier Faure, ce document a reçu les conseils et critiques de 70 intellectuels invités à nos émissions, les « jeudis du programme ». Il n’est pas vrai que ce soit une mode interne sans impact public. En atteste ce chiffre phénoménal : 60 vidéos en ligne sur le programme et surtout 1 000 000 de vues faites sur le sujet !

Dernier compartiment caractéristique et crucial : la collecte des 500 parrainages nécessaire au dépôt de candidature officiel. Très intéressant aussi à huit mois du vote, le soutien de 1000 élus et du parrainage officiel de 200 d’entre eux en situation de le faire. Nous sommes là avec six mois d’avance sur l’élection de 2017. Notre espoir est d’être parvenus à collecter 250 signatures pour les Amfis d’été et d’avoir ainsi fait la moitié du chemin.

Au total, nous parlons d’un énorme effort d’organisation. Ne perdons pas de vue qu’il s’est superposé avec celui fourni pour les campagnes régionales et départementales ! Le bilan global de ces dernières sera fixé bientôt dans tous ses aspects. Mais nous savons que le mouvement insoumis siège dorénavant dans sept régions au lieu de deux auparavant. Et nous ne devons rien à personne sinon à ceux de nos électeurs qui se sont mobilisés pour ce résultat.

Les chiffres que je viens de donner ne sauraient résumer ce qu’est une campagne du genre d’une élection présidentielle. Mais il faut se souvenir que nous sommes aussi une force politique en quête de pérennité au moment où la gauche traditionnelle est en voie de destruction organisationnelle après s’être liquidée idéologiquement. Les forces et les méthodes que nous mettons en œuvre sont un socle que nous voulons le plus solide possible pour passer a la phase suivante de notre vie politique qui impliquera notre propre organisation.

DERNIERS ARTICLES

Communiqué de Jean-Luc Mélenchon. La Commission européenne cède à l’Espagne et au Portugal et reconnaît le droit à bloquer les prix et taxer les…
L’inflation ronge dorénavant les salaires dans des proportions de nature à augmenter de façon spectaculaire la part des travailleurs pauvres dans la population active….