Pouvoir d’achat, chômage : les trompe-l’oeil sont servis !

Depuis plusieurs semaines, les sujets sociaux reviennent sur les plateaux de télé. Peut-être un effet de notre campagne intense pour que cela soit le cas. Plus sûrement un impact de l’énormité des chiffres qui se publient sur l’extension de la pauvreté et de la misère dans le pays en même temps que se fortifient au-delà du jamais vu les grandes fortunes du pays. Mais mes propositions dans Le JDD, puis dans Libération, puis dans L’opinion, sur l’augmentation du SMIC et le blocage des prix, la crise alimentaire et les accidents du travail ont peut-être aussi fait mouche. Elles ont impacté, comme j’ai pu le constater au nombre des messages que j’ai reçus sur le sujet. Elles sont entrées en résonnance avec le quotidien de la population à petits revenus, soumise à la hausse brutale du prix des carburants, du gaz, des produits alimentaires. Le gouvernement et l’extrême-droite, qui avaient prévu de faire campagne sur l’immigration et la sécurité, se retrouvent avec la question de la vie chère comme caillou dans leur chaussure. Aussitôt, la contre-propagande macroniste s’est lancée. Cette semaine, elle a consisté à répéter sur tous les tons deux chiffres censés faire taire tout le monde. C’était l’annonce d’un résumé des résultats spectaculaires du quinquennat Macron

Cette propagande m’a été servie sans recul sur France 2 lors de mon dernier passage avec un très gros coup de clairon de Caroline Roux sur « la baisse du chômage ». Pour le dire, elle s’appuyait sur « les chiffres de l’INSEE » montrant que « le chômage n’a jamais été aussi bas depuis 2008 ». Rien que ça ! Etonnée que je ne saute pas de joie sur le champ, elle insiste « vous contestez les chiffres de l’INSEE ???». C’est vrai quoi ! « Nooooon », ai-je aussitôt répliqué pour ne pas me taper deux jours de boucles sur « Melenchon dénonce un complot de l’Insee ». N’oublions pas que nous sommes sur la chaîne gouvernementale de Saint-Cricq et du « Printemps républicain ».

Mais la lecture des chiffres du chômage, « au sens du BIT » comme l’a répété caroline Roux, se discute pourtant. Car voyons de plus près ce qu’il en est. La définition du chômage par le BIT est la plus restrictive qui existe. En effet sont uniquement comptabilisées les personnes qui ne travaillent pas du tout et cherchent activement un emploi et sont immédiatement disponibles pour le prendre. Toutes les personnes qui font quelques heures ici et là mais voudraient travailler plus, tous les chômeurs en formation, tous les chômeurs de longue durée découragés sont exclus de cette définition. Aux yeux du BIT, ce ne sont pas des personnes sous-employées.

Le chômage « au sens du BIT » ne permet donc pas du tout d’avoir une vision correcte du tableau social. Il faut alors regarder d’autres chiffres. Ceux des « inscrits à pôle emploi » racontent une autre histoire. Les différentes catégories A,B, C et D incluent justement les chômeurs qui travaillent occasionnellement, ou ceux en formation. Ils sont 5,7 millions. C’est 200 000 de plus qu’avant mars 2020 et le premier confinement. On est bien loin de la situation idyllique qui m’a été présentée sur France 2. D’ailleurs, cela pourrait s’aggraver encore. En un an, entre mars 2020 et mars 2021, 1000 plans sociaux ont été déclenchés. Soit 5 fois plus que l’année précédente. Comme ils sont en train d’être mis en œuvre, leurs effets ne sont pas encore tous sensibles dans les chiffres du chômage.

En définitive, la question sociale mérite davantage que des chiffres. Mais le fait que les macronistes n’aient que des chiffres pour répondre à l’angoisse des salariés montre encore une fois comment ils confondent le gouvernement des êtres humains avec l’administration des choses. Mais s’il faut donner des chiffres pour que ces thèmes percent le mur du silence, finissons cette note avec eux.

Il y a dans notre pays 10 millions de pauvres. C’est 1 million de plus qu’avant le premier confinement. 8 millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire. 5 millions de ménages ont du mal à payer leur facture de chauffage. C’est ce que j’ai préféré dire à l’emporte-pièce plutôt que de comparer des méthodes statistiques avec Caroline roux et, du coup, être empêché de parler des sujets convenus à l’avance pour l’entretien. Rien de tel qu’un bon bain de chiffres accablants pour ramener la réalité dans la lumière de la conscience.

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