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03.03.2022

Rapport du GIEC : l’harmonie ou le chaos

La guerre survient au pire moment. Nous voilà accaparés par un conflit susceptible de dégénérer en guerre nucléaire. Alors même qu’il faudrait s’unir face au chaos climatique. Les scientifiques du GIEC ont produit une énième alerte en ce sens. Leurs conclusions ont passé un nouveau cap de gravité. Pourtant, cela n’a pas fait réagir tous les candidats à la présidentielle. Je le déplore car il s’agit du plus grand défi auquel devra faire face l’Humanité. Je n’ai eu de cesse de le dire et de l’écrire : nous devons nous y préparer ! Les décideurs politiques doivent prendre leur part dans l’alerte et la mobilisation générale. Je résume donc ici les messages essentiels du GIEC. 

D’abord, le constat des scientifiques du climat se durcit. Ce deuxième volet du rapport du GIEC confirme des impacts généralisés et irréversibles du changement climatique. C’est le premier message clé. Le précédent rapport du GIEC, en 2014, estimait « seulement » que la probabilité de ces dommages allait s’accroître. Désormais, une partie des écosystèmes, tels que certaines forêts tropicales ou régions polaires, ont déjà atteint des points de non-retour. Entre 3,3 et 3,6 milliards d’humains vivent déjà dans des « contextes qui sont hautement vulnérables au changement climatique ». En clair, la moitié de l’humanité est déjà menacée. 

Les scientifiques constatent déjà les effets dans les Outre-mer : cyclones plus intenses, sécheresses plus fréquentes…  Et quoiqu’il arrive, ces impacts vont s’accroître. L’Europe du Sud, donc l’Hexagone, ne sera pas épargnée par la perturbation du cycle de l’eau. La Méditerranée est identifiée comme particulièrement fragile face à la montée des eaux. Les zones à risque de feu de forêt vont s’étendre. Les pertes de récoltes vont augmenter. Un habitant sur trois risque de manquer d’eau.

Certes, il n’est pas trop tard pour agir. Mais une partie de la bataille est déjà perdue. Selon les scientifiques eux-mêmes, « les actions à court terme qui limitent le réchauffement de la planète à près de 1,5 °C réduiraient considérablement les pertes et les dommages prévus liés au changement climatique […] mais ne peuvent pas les éliminer tous. »

Jusqu’à présent, le discours insoumis pouvait paraître trop exagéré aux oreilles de certains. Désormais, les scientifiques du GIEC tiennent peu ou prou le même langage. Ainsi, de leur propre aveu, « les demi-mesures ne sont plus une option ». Car chaque degré compte. C’est le deuxième enseignement clé de ce rapport. 

En effet, le chaos climatique arrive plus fort et plus vite que prévu. Les impacts se produiront de plus en plus simultanément, avec parfois des conséquences « en cascade » d’une région à l’autre. Le seuil de réchauffement de +1,5°C sera atteint autour de 2030, soit 10 ans plus tôt qu’estimé. Or, tout dépassement de la limite de réchauffement de +1,5° entraînerait des impacts irréversibles sur des écosystèmes essentiels tels que les récifs coralliens et les glaciers. 

Cela aura des répercussions directes sur la vie des êtres humains. La crise de l’eau est un exemple. Par exemple, au-delà du seuil de +1,5°C de réchauffement, les habitants des petites îles et des régions proches de glaciers manqueront d’eau douce. Alors le nombre de personnes exposées à des pénuries d’eau chroniques va dépendre de l’ampleur du réchauffement. À +2°C de réchauffement, 2 milliards d’humains seraient concernés. À +4°C de réchauffement, ce sera la moitié de l’humanité. 

Il faut donc s’adapter d’urgence. C’est le troisième message clé de ce rapport. L’adaptation est devenue une question centrale. Le temps presse : certaines îles ne peuvent déjà plus s’adapter. Message reçu : le programme l’Avenir en Commun veut « s’adapter au système de la nature ». Un chapitre entier du programme est consacré à décrire la méthode et ses points d’appui. Cette adaptation doit se faire dans deux directions. D’une part, il faut faire bifurquer nos façons d’échanger et de produire. Cela doit permettre de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre et de limiter la prédation sur la nature. Nous avons deux outils pour cela. D’abord, la règle verte : celle-ci implique de ne pas prendre davantage à la nature qu’elle ne peut reconstituer. La protection collective des biens communs comme l’eau et les forêts des pollutions ou encore de la déforestation en est une traduction concrète. Pour mettre en œuvre la règle verte, nous comptons sur la planification dans chaque secteur. 

Mais s’adapter signifie aussi se préparer aux impacts concrets du réchauffement. Nous prévoyons pour cela un plan d’investissement et d’adaptation des infrastructures. Par exemple, les ouvrages d’art comme les ponts doivent être consolidés et les lignes électriques enfouies. Le réseau de canalisations sera réparé pour mieux économiser l’eau. 

En somme, nous devons donc à la fois « éviter l’ingérable » et « gérer l’inévitable ». J’emprunte cette expression marquante à un chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales. Elle résume l’enjeu du moment : l’harmonie ou le chaos. Évidemment, l’Avenir en Commun fait le choix de l’harmonie. Cela nécessite une mobilisation collective au nom de l’intérêt général humain. Un autre monde est possible dit mon affiche officielle. Plus que jamais, l’harmonie entre les humains et avec la nature est la clé de la paix.

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