16.06.2022

Belle pub pour notre programme fiscal dans « Les Échos »

Bernard Arnault, milliardaire et propriétaire des « Échos » a un jour déclaré devant une commission parlementaire qu’il ne voulait pas que son journal défende l’économie marxiste. Il peut se reposer tranquille. À quelques jours des élections législatives, une page entière est consacrée à des articles sur notre programme économique, sous le titre menaçant : « Comment Mélenchon veut augmenter les impôts de 160 milliards d’euros ». Le contenu est très instructif. Il détaille en effet le programme fiscal de la NUPES, et le fait plutôt bien. Il faut noter d’ailleurs, que si « Les Échos » peuvent offrir cet article à leurs lecteurs c’est parce que nous avons fait l’effort de présenter un programme et un chiffrage détaillé. Nous ne cachons rien. Mais la rédaction de ce quotidien serait bien en peine de réaliser le même travail sur le programme fiscal de la majorité. Pour la simple raison qu’il n’a jamais été présenté.

Voyons maintenant dans le détail ce que « Les Échos » mettent donc dans ce terrible « choc fiscal » que nous préparons. 26 milliards d’euros seront récupérés par le « renforcement de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale ». Concrètement, il s’agit de recruter des inspecteurs des impôts pour traquer les fraudeurs et récupérer l’argent qu’ils détournent de la caisse commune. 26 autres milliards d’euros proviendront de la mise en place d’un impôt universel sur les entreprises. Ici, c’est la reprise dans notre programme d’une proposition faite par l’économiste Gabriel Zucman, l’un des économiste français les plus reconnus dans le monde, et l’ONG Oxfam. Il s’agit d’en finir avec les multinationales qui domicilient artificiellement des bénéfices réalisés en France dans des paradis fiscaux.

Donc sur les 160 milliards affichés en gros caractères au début de la page, on constate donc que 52 milliards sont en fait de l’argent récupéré sur la fraude et l’évasion fiscale. Pas vraiment une augmentation d’impôt. Mais plutôt l’État qui fait respecter la loi même pour les puissants. Pour « Les Échos », ça fait peur ! Mais pour des millions de gens, la fin des privilèges et la lutte contre les fuyards du fisc, ça donne plutôt envie. Il en est de même pour beaucoup d’autres mesures dont « Les Échos » s’inquiètent. Ainsi, quand nous voulons supprimer les niches fiscales nuisibles écologiquement, « Les Échos » eux militent activement pour une fiscalité qui encourage le saccage de la planète.

Le journal libéral refuse aussi plus de justice fiscale entre les grandes entreprises et les PME. Ainsi présente-t-il sous un jour sombre notre proposition de rendre progressif l’impôt sur les sociétés. Car nous voulons bel et bien que le taux d’imposition du bénéfice ne soit pas le même s’il est inférieur ou supérieur à 500 000 euros. De même nous souhaitons différencier l’impôt en fonction du réinvestissement du bénéfice dans l’entreprise ou de sa distribution aux seuls actionnaires. Dans le reste des mesures présentées comme des menaces par « Les Échos », il y a aussi le rétablissement de l’ISF, l’instauration d’un héritage maximum au-delà de 12 millions d’euros et une hausse de la TVA sur les produits de luxe en contrepartie d’une baisse sur les produits de première nécessité.

Finalement, cette pleine page dans le quotidien est pour notre programme une bonne publicité. Le 90% de la population, classes populaires, moyennes et moyennes supérieures, l’artisan ou le petit patron comprend en lisant le détail qu’il y gagnerait avec nous. Seule une minorité peut s’inquiéter vraiment de nos réformes fiscales. Ce sont ces minorités que la macronie est bien décidée à continuer de servir, avec le soutien intellectuel des « Échos ». Si Macron remporte la majorité, il continuera de faire pleuvoir les cadeaux fiscaux sur les actionnaires, en les ajoutant aux 140 milliards qui existent déjà. Il baissera encore l’impôt sur les gros héritages. Ces largesses seront payées par le peuple. Par une hausse de la TVA, peut-être. Ou, comme l’a suggéré la Commission européenne, par des économies sur « les dépenses de santé, la politique de l’emploi, les prestations sociales, le logement social et le système de retraite. ». « Les Échos » applaudiront ?

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