La Macronie meilleure alliée de son propre rejet

Ce 11 février fera date. On peut dire que c’était une déferlante. La preuve est faite que les mobilisations des samedis ou dimanches permettent une participation plus ample qu’à l’ordinaire quand les seuls salariés sont appelés à la lutte. Cette journée du 11 a montré combien l’élargissement de la mobilisation contre la retraite à 64 ans s’étend. En attestent les niveaux de mobilisation des petites et moyenne communes du pays. Par millions les gens s’intéressent au débat, suivent, regardent, analysent. La vie politique est sous la loupe. L’éducation populaire se fait, le niveau politique s’élève et se diffuse de jour en jour. Le temps joue pour nous à plein. L’entrée en action des secteurs jeunes des lycées et des universités est un nouveau point d’appui. Là aussi le temps joue pour nous.

La macronie ne sort pas de la tenaille « Assemblée/rue ». Et ses ripostes aggravent son isolement. Ainsi de la mauvaise opération Thomas Portes. Le ballon n’était pas le sien, un jeu de chamboule-tout battait son plein au même moment. Mais que l’on trouve l’idée du ballon à propos ou pas, l’unanimité est vite faite pour dire que la sanction est disproportionnée. Et qu’il est insupportable moralement qu’elle soit du même niveau que pour punir les propos du député raciste RN contre le député insoumis Carlos Martens Bilongo. Et enfin qu’elle prive en plein débat sur un tel sujet l’opposition d’une voix dans les votes alors que plus d’un de ces votes se jouent à un tel écart si faible. Comme par exemple sur les repas du CROUS à 1 euro. Il va de soi que la légalité et la constitutionnalité d’une telle décision pour un acte posé en dehors des murs de l’Assemblée sera regardée de près par les juristes et les tribunaux qualifiés. Car si le règlement intérieur de l’Assemblée ne dépend que d’elle pour la vie et l’activité de l’Assemblée, il ne peut se substituer à la loi qui règle la société toute entière. Si la présidence de l’Assemblée ou le bureau avait souhaité honnêtement la sanction contre un acte, ils auraient dû saisir le juge. En tout cas, on sera frappé de voir quel genre d’inquisiteur brutal siège désormais à la tête de cette Assemblée. Après le trucage du règlement pour permettre au RN de déposer la motion référendaire, après les violences impunies pour faire taire le député du nord Adrien Quatennens dans l’hémicycle, voici les interdictions de vote pour les opposants qui agissent sur un mode qui déplait à la majorité. La présidente de l’Assemblée déshonore son rôle. Evidemment le respect des « bonnes manières » est un registre habituel de la bonne société pour manifester sa domination, en renvoyant les autres catégories dans l’image de la sauvagerie et l’animalité.

Mais dans ce cas, comme dans tous les autres dans notre famille, la règle reste celle de la solidarité, qu’il s’agisse de chemises arrachées, de fausses bombonnes de gaz, ou de ce que l’on voudra. On se souvient comment les macronistes cherchèrent à faire condamner les députés NUPES qui avaient participé à la manif contre les bassines en Charente. Quelle est la règle ? L’intime conviction. Les deux députés insoumis ni la députée EELV n’avaient l’intention d’agresser qui que ce soit avec la tuyauterie arrachée par d’autres. Thomas Portes n’a jamais eu d’aucune manière l’intention d’inciter au meurtre du ministre ni de banaliser la décapitation de qui que ce soit avec le ballon que lui avaient proposé les inspecteurs du travail. Tout ce qui est entrepris contre lui est donc un prétexte. Ce serait une belle erreur de s’y laisser prendre. Nous savons tous trop bien comment l’ennemi cherche toujours à diviser pour frapper plus tranquillement et plus impunément. Pas une voix n’a manqué à la NUPES pour s’opposer à la sanction contre Thomas Portes. De leur côté, macronistes et lepénistes étaient bien unis dans un même vote de rapine. On pourrait dire qu’ils vengent chacun le siège qu’ils viennent de perdre dans les urnes des élections partielles. Mais ils croyaient porter un coup efficace dans l’opinion.  C’est le contraire comme on a pu le constater aux commentaires dans les cortèges de ce samedi. Et si pour l’extrême droite « peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse », il reste que plus d’un député de la minorité présidentielle ressent l’injustice commise avec son aide et vit mal de frapper un acte aussi bénin comme l’injure raciste d’un député contre un autre à l’intérieur de l’hémicycle.

A présent, les syndicats excédés voient bien que le régime macroniste les mène en bateau. Macron veut le choc et la déroute de l’intersyndicale parce que c’est sa doctrine de base et la victoire politique à laquelle il aspire. La grève reconductible est mise à l’ordre du jour. J’ai moi-même entendu le délégué de l’UNSA à la Gare de Lyon en parler publiquement. C’est un signe pour moi de l’état d’esprit général et pas seulement des états-majors. Evidemment, il faudrait à l’idéal qu’elle soit organisée et que son étendue et permanence soit planifiée comme la structure confédérale des centrales syndicales le permet. Je l’ai vu organisé naguère par la CGT à l’échelle des Bouches-du-Rhône avec des méthodes très efficaces quand raffineurs, transporteurs, etc entraient en lutte à tour de rôle pour assurer le blocage continu espéré.

De notre côté les Insoumis, nous devrons aussi tenir notre rôle. Et aussi souvent que possible en bonne coordination avec la NUPES sans s’arrêter aux contrariétés du chemin. D’abord, en continuant la série des meetings, rassemblements, « prises de places » et autres actions d’agitation populaire. Ensuite en aidant au combat par notre « caisse de grève » et les autres méthodes de solidarité effectives et parfois festives que les circonstances peuvent présenter. Dans les médias, sans trêve, expliquer, argumenter en dominant sans faille le rabâchage d’éléments de langage des amis du pouvoir, journalistes, experts et autres perroquets de toute sorte. La conjonction de tous ces efforts paiera. La durée du combat ne nuit qu’à la macronie. De notre côté nous participons à une session d’éducation populaire extraordinaire dans tous les sens du mot. Notre organisation, notre discipline dans l’action, notre audience de masse s’accroissent en proportion des efforts qui se pratiquent réellement sur le terrain. C’est le moment d’en décrocher, des lepénistes, qui n’y sont d’ailleurs guère actifs comme l’ont prouvé les résultats des élections partielles. Seuls comptent les actes. L’engagement réel sur le terrain. J’ai personnellement retourné l’opinion d’un couple lepéniste à Marseille en leur apprenant que madame Le Pen avait voté contre le rétablissement de l’ISF et l’augmentation du SMIC et comment Le Pen avait magouillé avec les macronistes pour avoir des bons postes à l’Assemblée. Mais il est vrai que ces lepenistes étaient présents à la marche du 11 et croyaient de bonne foi que le RN y appelait.

De nouvelles dates de grève sont appelées par les syndicats. Ce serait bien qu’une nouvelle convergence soit possible avec un appel à un rassemblement un samedi ou dimanche de mars pour entourer en masse l’action. Il est décisif de construire avec méthode une bonne implication générale dans l’action. C’est la clef du succès durable auquel nous aspirons tous. Il faut que cette lutte unifie notre peuple avant que vienne la nouvelle vague de division raciste que va rendre possible la nouvelle loi immigration qui arrive ensuite par calcul des macronistes. Non seulement pour nous-mêmes dans notre pays, mais aussi pour ceux qui nous regardent de l’étranger, notamment en Europe, et pourront puiser en nous la force de leur propre combat. 

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