Institut La Boétie : chaire de Cédric Durand sur la critique du capitalisme numérique

Cette conférence est la deuxième d’une série de trois conférences données par Cédric Durand, titulaire de la chaire d’économie de l’Institut La Boétie, consacrée à la critique du capitalisme numérique.

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« Scientia potentia » est, le savoir c’est le pouvoir. Le vieil adage prend un tour sinistre dans notre époque de monopolisation intellectuelle. À partir des années 1980, un mouvement d’extension et de durcissement des droits de propriété intellectuelle (droits d’auteur, brevets, etc.) part des Etats-Unis pour se propager au monde entier.

C’est une évolution contestée sur le plan théorique jusque dans les rangs néolibéraux. Mais en pratique, ce sont les pays en développement épaulés par des réseaux d’activistes qui, dans des domaines comme la santé, s’opposent à ces « nouvelles enclosures », un terme utilisé par analogie à la clôture des terres communales à la fin de l’époque féodale.

La privatisation juridique de la connaissance a des effets délétères en termes d’inégalités, de frein aux investissements et de blocage de l’innovation. Mais elle ne représente pas la forme la plus puissante de monopolisation intellectuelle contemporaine.

En prenant le contrôle des réseaux d’innovation, en accumulant des données, en centralisant les compétences dans le domaine de la production des connaissances et de la gestion de l’information, les Big Tech sont devenus de nouveaux monopolistes.

À l’heure des Big Data et de l’apprentissage machinique, l’évaporation de la concurrence va de pair avec une nouvelle stratification du tissu économique et social et une remise en cause de la souveraineté des États qui appellent des réponses politiques d’un nouveau type.

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