27.05.2023

Voter pour agir

Un sondage de plus confirme ce que disaient d’autres avant et ce que le pouls du terrain nous enseigne. Unie, la NUPES serait en tête aux élections européennes et donc tout le paysage politique serait modifié. Il le serait en France, bien sûr, au moment où se relaient sans pause les prophéties auto-espérées d’une victoire du rassemblement national et de Marine Le Pen. Toute une classe politique à la ramasse perdrait son film d’horreur préféré. Mais c’est surtout en Europe dans son ensemble où tout changerait. D’abord face à l’ambiance glauque de la percée de l’extrême droite dans tous les pays. Mais surtout face à la progression des alliances du « bloc bourgeois » réunissant droite et extrême droite sur le mode italien ou suédois. Ce serait évidemment un coup d’arrêt. Notamment en France. Pourquoi ? Parce que les catégories sociales concernées par l’hésitation entre les deux blocs seraient interpellées bien plus fortement qu’elles le sont aujourd’hui. Les électeurs socialistes acquis à Macron remettent en cause leur choix actuellement. Ce sont des gens instruits et sachant. Ils se déterminent des fois au-delà des apparences préfabriquées par les campagnes de propagande infamante qui ont accablé si longtemps (et si inutilement) les Insoumis. Parce que leurs enfants votent assez largement Insoumis ou Vert et cela alimente déjà les conversations à la maison. Enfin, parce que tous voient quelle impasse groupusculaire est la ligne Joffrin Cazeneuve Roussel.

J’ai vu l’argument selon lequel toute la « gauche » ne se retrouverait pas derrière ce vote NUPES unie et donc, mieux vaudrait aller séparés « pour faire plus de sièges ». Ce raisonnement se trompe lourdement. La division renverra dans l’abstention nombre des électeurs qui ne veulent plus voter pour « témoigner ». Ils veulent agir. Infliger une défaite politique à la droite macroniste et à l’extrême droite est une motivation plus importante que de manifester de la sympathie électorale pour son parti préféré. C’est en tous cas un argument décisif en milieu populaire où la gauche traditionnelle reste un repoussoir. Il est important de le rappeler, car on évoque très souvent l’action des insoumis comme un problème pour les classe moyennes supérieures votant PS ou EELV et on a l’air de moins se soucier du vote populaire. Les deux sont pourtant nécessaires. Mais on admettra sans trop de difficulté, je pense, que nous ne parlons pas dans les deux cas des mêmes quantités de personnes. Et on acceptera l’idée que la volonté des milieux populaire vaut au moins autant d’intérêt et de dignité que celle du haut de l’échelle des salaires… Ensuite, voyons la deuxième erreur liée et abordée par cette dernière remarque. Les catégories sociales votant des fois « gauche » ne se sont jamais rassemblées du jour au lendemain sur un simple appel commun. Quand l’union de la gauche et le programme commun sont entrés en lice, pendant des années il est resté une gauche les refusant. D’un côté à l’extrême gauche et de l’autre vers le centre. Gaston Defferre attend 1983 pour faire une liste sans les centristes à Marseille ! Et il y a des candidats « d’extrêmes gauche » à chaque présidentielles.

L’union est une construction. Le vote est le résultat d’une action de conviction. Les urnes ne sont pas les caisses enregistreuses de « l’offre » comme disent les technos de la politique. Elles sont le lieu du rassemblement, les lieux de la volonté, les bulletins de votes sont des actes, pas des incantations.   

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