09.10.2023

Cessez le feu !

Les insoumis se voient infliger une lapidation médiatique désormais permanente. D’une semaine à l’autre, quelqu’un est pris à partie pour un mot ou une position. L’ordinaire désormais est que des « journalistes » nous attribuent des phrases que nous n’avons jamais prononcées mais qui conviennent à leurs partis pris politiques ou communautaires. Ainsi Saint-Cricq sur France Inter me fait-elle dire : « Jean-Luc Mélenchon a été un des premiers à réagir tout de suite et les gens de la France insoumise en disant en gros « ils l’ont bien cherché », les Israéliens. Est-ce que le Hamas qui est une organisation terroriste est mis sur le même pied qu’Israël ? ». Sa collègue reprend en disant : « Attendez, je voudrais juste rappeler ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon » – et là elle cite une phrase tronquée du communiqué de presse du groupe parlementaire : « intensification de la politique d’occupation d’Israël ». Pas mon tweet. Ainsi va l’information sur le service public de l’information macroniste.

De fait, en général, tout ce qui se dit n’a le plus souvent aucun rapport avec ce que nous exprimons ou faisons réellement. On voit vite alors apparaître les préjugés qui sous-tendent les discours de la classe médiatique. Elle suit la dérive qu’elle a provoquée dans la société française. C’est d’abord un racisme avéré. Cela s’est vu spécialement contre Carlos Martens Bilongo. Mais vite un sexisme grossier s’est aussi exprimé. Ce fut visiblement le cas contre Rachel Kéké, Mathilde Panot, Danièle Obono, Sophia Chikirou ou Ersilia Soudais. Ces deux dernières vivent sous menaces de mort, et passage à l’acte violent pour Ersilia (de la part d’un dirigeant communautaire encouragé par l’absence de condamnation). Dans chaque cas, d’une manière ou d’une autre mon nom est évidemment associé aux accusations absurdes proférées. Comme Éric Coquerel, je vis sous menaces de mort quasi permanentes et deux personnes ont déjà été condamnées, l’une à neuf ans de prison l’autre à dix-huit, pour avoir organisé un plan de passage à l’acte en ce qui me concerne. J’ai été agressé trois fois physiquement, Éric deux fois. Tous ces cas ont en commun, au point de départ, une campagne d’initiative médiatique. Dans le monde entier, sans exception, la méthode est la même : des accusations sans contenu réel, répétées jour après jour en dépit de tous démentis. Il s’agit soit de tordre le bras d’un juge pour obtenir une mise en examen coûte que coûte soit d’infliger une image flétrissante ensuite répétée à chaque occasion. Au total, à présent, il s’agit clairement d’une incitation au passage à l’acte violent contre l’un d’entre nous.

Dans le cas de l’offensive armée du Hamas et des massacres qui ont suivi, la pression de tous les partisans de l’extrême droite israélienne a été absolue et sans retenue ni frein dans les sphères gouvernementales. Celles-ci se sont montrées acquises d’avance à n’importe quel abandon de la position française traditionnelle sur le sujet, comme on a pu le constater au fil des heures. La France est la seule nation européenne à avoir pris parti sans aucune forme de nuance ou de recul. Ni aucune proposition positive. Les communiqués du gouvernement ne comportent plus ni appel à la retenue ni au cessez-le-feu, ni à la paix. Ces mots n’existent plus pour lui. Ils sont pourtant décisifs si nous voulons être une Nation indépendante. Le gouvernement approuve donc d’avance ce qui va se passer à Gaza. Il approuve le communiqué du gouvernement israélien qualifiant d’« animaux » les habitants de Gaza. Les animaux aussi méritent donc d’être traités de la sorte ? E. Borne approuve donc le crime de guerre que représente le siège et la privation d’eau et d’électricité de la population civile de Gaza. Dans le monde entier la stupeur face à cette attitude s’exprime. En atteste parmi tant d’autres la prise de position de Mohamed el-Baradei, prix Nobel de la paix. Quant au fond, la gauche israélienne elle-même, en dépit des conditions dans lesquelles elle doit agir, est mille fois plus critique que le gouvernement Macron. De même le pape ou le secrétaire général des Nations Unies. 

Pour leur part, les Insoumis n’approuvent aucun massacre quels qu’en soient les auteurs. Comment pourrait-on croire autre chose ? Pourquoi ? Où y’en a-t-il la moindre trace ? Je recommande donc de ne rien céder aux pressions qui s’exercent. Elles ne valent pas davantage que ceux qui les prononcent. Mais toutes fonctionnent comme des encouragements pour les massacres qui vont continuer. Toutes valent approbation du martyr qui commence pour la population de Gaza et pour les populations israéliennes des alentours du combat. Il faut en rester à la position française traditionnelle. Penser et agir comme l’ont toujours fait les Français et leurs gouvernements depuis De Gaulle au sujet de cette région du monde et de ses protagonistes. Refus du recours à la force, cessez-le-feu, respect des résolutions de l’ONU. Tout le reste est un vain bavardage morbide. À Paris, la hargne contre les insoumis tient lieu de participation aux combats lointains pour les bavards dans leur canapé qui confondent la Seine et le Jourdain. 

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