Un autre spatial est possible !

Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

Depuis hier se tient à Paris le sommet international de l’espace, organisé à l’initiative de la France. L’idée était bonne au moment où l’humanité a besoin de l’espace pour organiser sa résistance au changement climatique et approfondir sa compréhension de l’univers. 

Mais l’initiative est immédiatement entachée par l’agressivité des États-Unis et de leur relai allemand en Europe. Sur ordre de l’administration Trump, les entreprises états-uniennes ont été sommées d’annuler leur participation. Pire : le chancelier allemand, qui devait co-présider l’événement aux côtés d’Emmanuel Macron, annonce en dernière minute qu’il ne viendrait pas. L’Allemagne frappe une nouvelle fois l’acquis spatial pour lequel elle a toujours traîné les pieds.

Au total, en dépit de la réussite spatiale remarquable des équipes française, dix années de politique spatiale macroniste erratique et pro-business ont conduit à l’isolement de la France dans l’aérospatial, à l’effacement des intérêts industriels français et à la trahison allemande. Pendant ce temps, Macron a cautionné la militarisation de l’espace et l’appropriation privée des corps célestes avec le traité Artemis pourtant voté au parlement.

Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins. Soit l’accaparement de l’espace par les forces privées du capital. Ses prédations détruiront tout à commencer par les orbites basses qu’elle submerge. Soit sa préservation par la coopération internationale, au service de l’intérêt général humain.

La France doit se rendre disponible pour ouvrir une nouvelle ère de la diplomatie internationale dans les affaires spatiales. Le gouvernement doit soumettre au vote de la représentation nationale deux questions essentielles. D’abord la ratification du traité sur la Lune de 1979, qui consacre le principe ô combien précieux de « patrimoine commun de l’humanité ». C’est le moment d’envoyer ce signal alors que Donald Trump déclare publiquement son intention d’approprier la lune pour son seul pays. L’impérialisme spatial des États-Unis d’Amérique doit absolument être combattu. Ensuite la France doit se retirer des accords Artemis signés en 2022, qui rompent avec le multilatéralisme et instaurent une gouvernance parallèle du spatial au service de l’appropriation privée. D’autres pays suivront et appuieront les initiatives de la France. Enfin ouvrir une nouvelle discussion avec l’Inde et la Chine et l’Agence spatiale africaine en vue d’un approfondissement de la coopération dans ce domaine.

Pour ma part, je serai aujourd’hui présent aux côtés des travailleurs du Centre national d’études spatiales (CNES). Ils se mobilisent à Paris en marge du sommet pour dénoncer les coupes budgétaires indignes qui leur ont été imposées : au total, 330 millions d’euros en moins pour leurs activités ! Nombre de travaux scientifiques se trouvent directement affectés. Mais c’est aussi l’autonomie stratégique de la France qui est dilapidée. Un gouvernement insoumis aura à cœur de restaurer ce qui a été méthodiquement détruit et de propulser la France et le monde dans une nouvelle époque de progrès.

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