Visqueux à vomir

D’abord, comme beaucoup de personnes, j’en ai eu le souffle coupé. Notre pays est donc aussi capable de ça ! Je veux dire, de cette vague obscène de racisme décomplexé des « élites médiatique » sur BFMTV comme sur CNEWS ou ailleurs. Elle a donné ensuite le ton aux autres plateaux médiatiques du bavardage en continu. 24 heures après l’élection de monsieur Bally Bagayoko, le nouveau maire insoumis de Saint-Denis-Pierrefitte, une France des rances et des moisis s’est mise à vitupérer sans limite de décence. À vomir.

Notre pays reste capable du meilleur mais aussi du pire. Le pétainisme y est de retour sur un grand pied. Mais tout compte fait, je me dis : c’est bien eux ! Ils sont bien aussi répugnants que je le ressentais sans savoir le dire. Les voici à visage nu. Ils m’ont diabolisé pendant dix ans sans pause ni trêve et désormais quotidiennement et à tout propos. À présent, toute la scène médiatique est surplombée par les effets de ces dégoûtants abus dont ils ont expérimenté l’usage sur LFI. Ils y sont encouragés par les silences de toute une officialité complice. Puisqu’ils sont allés jusque-là, pourquoi n’iraient-ils pas plus loin ? Une vieille loi de la domination s’applique. Et les voici capables de recommencer sur n’importe qui et à n’importe quel propos le même abus de pouvoir reformuler la réalité dans un récit suprémaciste délirant. De nouveau, le silence des autorités gouvernementales les valide. Et cela dit tout de leur déchéance morale profonde et irréversible. Vivement le départ de tous ces gens. Vivement la libération de l’espace médiatique. Vivement que dégagent tous ceux qui permettent une telle défiguration de la France.

C’est à peine s’il me reste une capacité d’indignation. Mais quel tableau ! Trois jours après un naufrage supplémentaire dans le résultat des élections municipales dont ils n’avaient rien prévu, les énergumènes de la prévision électorale erronée, mènent une nouvelle campagne de manipulation sondagière. Elle est aussi grossière que méprisante pour l’intelligence du commun des mortels. Ainsi, aussitôt après une pauvre victoire sans majorité des votants au Havre, le sieur Edouard Philippe gagnerait dix points d’intention de vote au niveau national ! Il battrait même Bardella qui ferait pourtant un premier tour triomphal. Et vlan ! Un bon coup de pied gratuit dans la fourmilière des candidatures à droite. De même, après avoir perdu son unique mairie, et provoqué une petite poignée de défaites, Glucksmann est placé en tête de la « gauche » à laquelle il n’appartient pas ! Et vlan : voilà pour la volière des deux boulets associés : Marine Tondelier et Olivier Faure en mal de primaire !

C’est donc parti ! Nous sommes bien entrés dans la présidentielle ! Ils vont la transformer en cloaque. Ces gens ont bien déjà réduit les municipales à leurs lamentables obsessions mondaines. Mais un pays qui a été mené par le bout du nez dans la reconduction d’un président sortant absent de tous les débats peut-il espérer mieux ? Un pays qui s’est laissé refuser le résultat des élections législatives pourrait-il avoir droit à autre chose ? Après tout, il n’y a pas eu une seule voix gouvernementale pour arrêter l’infamie médiatique contre Bally Bagayoko. Juste une note d’un ministricule mais encore pour tirer encore les oreilles du nouveau maire sur la base d’une dénonciation d’extrême droite ! Macron offre un type de gouvernement à son image : illégitime en tout point. Après tout, les peuples ont peut-être les journalistes comme les gouvernants qu’ils méritent. Elle est loin la France des Lumières qui animait les débats en Europe, loin la France du débat Camus / Sartre. Loin celle des « french studies », vomie par ses compatriotes abrutis de haine contre le « wokisme » ou la « théorie du genre » qui n’existent pourtant pas. Vivement la fin de tout ce monde.

Si comme moi vous ressentez de durs moments d’interminables apnées de la pensée, je vous offre un morceau choisi de respiration intellectuelle, drôle et savante. Pendant la campagne, en meeting à Saint-Denis, j’avais traité le bureaucrate du PS qui a perdu son mandat de maire face à Bally Bagayoko de « petit bourgeois visqueux ». La thèse de la viscosité a inspiré un penseur. A lire sans faute. Ça réconforte. Ça prouve qu’il existe toujours un autre horizon du rebond intellectuel, loin de la grossièreté des Onfray, De Malherbe et autres lansquenets.

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