Même la barbouzerie demande du professionnalisme. C’est pourquoi il faut remercier l’amateurisme du cabinet du ministre de la Justice dont le porte-parole a téléphoné de tous côtés pour commenter le déroulement de la garde à vue de Rima Hassan. « Le Canard enchaîné » l’a entendu ! Peut-être le conseiller bavard en lisait-il le déroulement grâce à un code d’accès sur le matériel de ceux qui sur place en relevaient le contenu. Je dis sans doute. Car je n’ai pas pu le voir moi-même, quoique j’habite le quartier du commissariat où Rima Hassan a été détenue. Mais j’ai été très sensible au message sicilien que cette proximité m’adressait peut-être. J’ai dit : peut-être. Tout avait été calculé aux petits oignons par monsieur Nuñez et ses potes au ministère de la Justice. Peut-être, aussi. Patatras ! L’ivresse de l’action, le flot de l’adrénaline et hop, le dérapage ! On aurait trouvé de la drogue dans le sac de Rima ! De la drogue ! Rima Hassan « pro terroriste et camée » comme dit le subtil David Lisnard pour l’insulter sans vergogne, tout président de l’Association des maires de France qu’il est censé être encore. « Des maires » peut-être, mais pas de tous puisqu’il n’a pas eu le temps ni le réflexe de prendre contact avec ses collègues de la Seine-Saint-Denis grossièrement insultés par l’officialité médiatique. Mais revenons au sujet. Bien sûr, il n’y avait pas de drogue ni rien qui y ressemble dans le sac de Rima. Seulement un produit légal à usage médical dont Rima a aussitôt donné la facture et la carte de visite du lieu d’achat. Mais d’ailleurs imagine-t-on sérieusement qu’une personne se droguant viendrait au commissariat avec ses produits le jour d’une garde à vue ? Donc pas de drogue. Mais grâce à la fuite organisée au ministère et au circuit barbouzard de diffusion de « l’information » ce fut un déchaînement. Tous les rigolos de la presse audiovisuelle et leurs compères abrutis de haine anti-insoumise dans la presse écrite régionale se sont lâchés. Habitués à recopier les infos données par la police moyennant on ne sait quoi, ils n’ont rien vérifié, rien discuté. Bilan pour tous ces pieds nickelés : l’Arcom est saisie et les plaintes pleuvent sur les auteurs des articles diffamatoires. Il fallait en voir plus d’un se tortiller sur les plateaux de télé pour diminuer leur responsabilité et combien de chaînes de télé continuer d’afficher des bandeaux ambigus pour créer de la confusion. Quant au barbouze du ministère, c’est une première : l’inspection générale lui tombe dessus. Sans précèdent : une enquête pour un viol du secret de l’instruction. Nous savons à quel point c’est incroyable vu comment ont été traitées plus d’une d’entre nous dans des conditions identiques. La justice n’a jamais ni poursuivi une seule personne responsable de ce délit ni puni une seule fuite. Personnellement, je suis convaincu que personne ne le sera, comme d’habitude. Ce sera parfait car le ridicule dans toute cette affaire est promis à se montrer bientôt encore plus crûment.
Je mets à la suite de ce post le relevé des « affaires » déclenchées contre Rima Hassan. Et les non-lieux qui vont avec. Treize sur seize ! Et quoique le déclenchement vienne des mêmes personnes, jamais une sanction pour abus de recours comme d’autres parmi nous en ont connu. On va voir la suite. Ni la justice ni la police ne sont acquises de la cave au grenier aux manipulateurs de tout ce harcèlement. Rappelons-le : les informations sur les manquements dans l’affaire de Lyon sont venues de la police elle-même. Les non-lieux rendus à propos des mises en cause de Rima Hassan sont des décisions de justice prises par des juges. Il ne faut pas désespérer de notre pays. Mais plus vite viendra la libération, mieux ce sera. Rendez-vous en 2027.
L’affaire « barbouze contre Rima Hassan » ne fait que commencer. On peut promettre ici d’autres épisodes savoureux.
Et nous n’oublions pas l’affaire de Lyon où police, justice et médias se sont bien tenus par la barbichette pour produire un récit sans rapport avec les faits. Ils ont manqué à tous leurs devoirs en laissant faire le jour de la rixe à laquelle participait Quentin Deranque et dont il est mort. Tout cela pour pouvoir coller à Rima une responsabilité dont les barbouzes savaient de façon documentée qu’elle était innocente. Et cela alors que le même ministère et celui de l’Intérieur connaissaient minute par minute la situation. Et même la photographiait. Et n’ont pas apporté assistance à personne en danger. Vous allez voir, chers lecteurs, comme la suite va être intéressante dans ce domaine aussi !
Encore une histoire de pieds nickelés macronistes. « Non à la loi Yadan » ! Une pétition utile collecte les signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Plus de six cent mille personnes ont déjà signé. Il s’agit de contrer le vote de la proposition de loi présentée par madame Yadan, députée des Français de l’étranger. Son texte vise à rendre obligatoire l’approbation de la politique du gouvernement israélien en assimilant toute critique de celui-ci à de l’antisémitisme. Ce texte devait être voté à la sauvette par une modification de l’ordre du jour de l’Assemblée jeudi dernier. Ce coup tordu a été démasqué par Mathilde Panot, la présidente du groupe parlementaire insoumis. En effet Yadan avait envoyé un mail à divers « amis » pour qu’ils soient présents le jour du vote alors même que celui-ci n’avait été ni décidé ni même demandé ! Le lièvre étant levé, nul ne peut plus l’arrêter. La loi a bénéficié de la conjonction de plusieurs composants caractéristiques du moment. D’abord l’indignation de savoir que quelqu’un pouvait manipuler l’ordre du jour de l’Assemblée de la veille pour le lendemain. Ensuite le dégoût suscité par la loi sur la peine de mort pour les résistants palestiniens en Israël. Enfin la nouvelle vague de crimes de guerre au Liban.
En effet et pour ne citer que cela, il faut dire combien, au lendemain du vote de la loi raciste de la Knesset (Chambre parlementaire en Israël) sur la peine de mort réservée aux Palestiniens, nombre de parlementaires commencent à prendre la mesure de ce que représente moralement et politiquement le « soutien inconditionnel » que la loi Yadan rendrait obligatoire. Beaucoup ont déjà regretté publiquement même leur conduite passée sur le sujet et reconnu le génocide. On a vu récemment de hauts décideurs socialistes dénoncer le génocide et les autres crimes de guerre de l’armée de Netanyahu comme un tout. C’est le cas d’Olivier Faure pour ne citer que la figure du repenti la plus spectaculaire. Je crois que cette fois-ci beaucoup vont encore changer de camp. Certes leur sincérité est voisine de zéro et leur opportunisme au top niveau. Peu importe. Ce qui compte, c’est le résultat. C’est-à-dire l’isolement croissant du gouvernement Netanyahu devenu désormais quasi absolu en France. Par exemple, le groupe socialiste a retourné sa veste et décidé de ne pas voter la loi. Cela même si Guedj, Hollande et Grégoire étaient ses premiers signataires et le restent. En tous cas le texte de la pétition expose avec une grande clarté les raisons rationnelles de la signer.
« Ce projet de loi, porté par Caroline Yadan, prétend lutter contre de nouvelles formes d’antisémitisme.
Cependant, lorsque l’on lit l’exposé des motifs, on remarque un amalgame entre l’antisémitisme et la critique d’Israël (antisionisme). On peut lire par exemple : « Cette haine de l’État d’Israël est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs. L’appel à la destruction de cet État, parce qu’il forme un collectif de citoyens juifs, est une manière détournée de s’attaquer à la communauté juive dans son ensemble. »
Cet amalgame opéré par Caroline Yadan n’est pas innocent. En effet, en 2025, un tribunal correctionnel a relaxé une personne accusée d’antisémitisme pour avoir soutenu la cause palestinienne. Ce même tribunal a énoncé : “La référence à Israël ou au sionisme, défini comme un mouvement politique et religieux visant à l’établissement puis à la consolidation d’un État juif en Palestine, ne peut, à elle seule, être interprétée comme visant la communauté juive dans son ensemble”.
On peut donc craindre que ce projet de loi ne cherche à contrer ces relaxes et à obliger les juges à opérer cet amalgame entre antisémitisme et antisionisme afin de faire taire toute critique contre Israël.
Cet amalgame est scandaleux pour trois raisons :
– Il représente un réel danger pour la liberté d’expression, en muselant tout soutien à la cause palestinienne. Si ce projet de loi devait être voté, des slogans pacifistes comme « l’égalité et la liberté pour tous de la mer au Jourdain » pourraient faire l’objet de condamnations judiciaires. Le travail des journalistes et des chercheurs.e.s pourrait également s’en retrouver censuré.
– Il appuie indirectement la colonisation de la Palestine par Israël, illégale au regard du droit international.
– Il dessert la lutte contre l’antisémitisme en assimilant les Juives et les Juifs à la politique de Benjamin Netanyahou alors que nombre d’entre elleux critiquent ouvertement (et à juste titre) cette politique mortifère.
Oui, il faut lutter contre l’antisémitisme de toutes nos forces, comme contre toutes les autres discriminations. Mais pas en muselant la liberté d’expression ni en assimilant la communauté juive à la politique de Benjamin Netanyahou.