En 2006, j’écrivais les deux notes de blog suivantes. À l’époque, je réagissais aux accusations d’antisémitisme de Libération à Hugo Chavez. Quelques phrases mal traduites avaient fait le tour du monde. Je dénonçais cette campagne montée contre lui.
10 janvier 2006 – Hugo Chavez n’est pas antisémite, il est catholique !
La lutte contre l’antisémitisme est un combat sérieux. Sa réussite engage des principes fondamentaux de la pensée humaniste. Le bilan du laxisme et des complaisances en la matière a fait minuit dans le siècle précédent. Il ne saurait être question de laisser ce combat être dévoyé pour de basses opérations de propagande politique au service de causes douteuses. C’est pourtant ce que vient de faire le journal « Libération ». Je vous demande de vous procurer le numéro daté du lundi 9 janvier pour vous faire votre propre conviction. Il s’agit d’Amérique latine. Je ne parle pas du récit sexiste de la page 4 (« Fraîche et décontractée, tailleur élégant, bleu foncé à liserés beiges, Ségolène Royal a été accueillie à l’aéroport de Santiago du Chili par l’ambassadrice de France »). Ce n’est que de la gestion de produit dérivé. Voyez page 7. Un grossier publi reportage contre Chavez.
Mise en page, titraille, contenu du texte, tout est de la propagande comme l’ambassade des Etats-unis aimerait que ses succursales en produisent davantage. Le titre: « le credo antisémite de Hugo Chavez ».
Il est impossible en lisant cette page de comprendre qu’il s’agit d’une campagne de propagande montée à partir de cinq phrases dans un discours de Noël de Chavez. Au contraire, tout pousse à croire qu’il s’agit d’un discours global, construit ad hoc, bref un véritable « manifeste », un credo comme dit le journal. Tout le montage de la page met en scène cette lecture particulière. En haut, sur la moitié de la page, Chavez en photo les mains ouvertes comme pour une prière, les yeux vers le ciel. Légende « le président Hugo Chavez lors d’une conférence de presse après le 15éme sommet ibérico américain, à Salamanque, le 16 octobre 2005 ». Vous vous dites « ah bon ? Il a fait un discours antisémite à ce sommet ? ». La déception vous serre le cœur. Vous pensiez soutenir un alter mondialiste vous trouveriez un raciste. Le sous-titre vous pousse encore vers cette perception. Il barre toute la page : « Inquiétudes de la communauté juive après un discours du président vénézuélien. » Vous pensez évidemment que ce discours au sommet ibérico américain doit être clairement très antisémite pour quil soit rapporté comme tel puisque de très nombreux témoins honorables en ont été témoins. Ça tombe bien c’est ce que proclame le gros titre sur 4 centimètres de haut : « Le credo antisémite de Hugo Chavez ». Sur 32 centimètres de mise en page, l’article proprement dit fait neuf centimètres… Tout le reste est de la mise en scène. Si vous ne lisez pas l’article mais seulement les titres, vous serez encore sollicités par la reprise en caractères gras et rouges : « Chavez sera aussi un des premiers chefs d’États à recevoir “début 2006” le nouveau président iranien Mahmoud Ahmadinejad, celui là même qui a appelé à rayer Israël de la carte ». Vous pouvez en déduire que c’est par appui à cette provocation criminelle que se situe l’accueil du Président iranien par Chavez, comme une approbation. C’est fait pour. Mais si soudain vous vous demandez si tout ça ne fait pas trop, d’un seul coup qui était si bien caché après sept ans de pouvoir malgré deux tentatives de coups d’État, les questions surgissent, le montage de propagande vous saute aux yeux. « Un des premiers à recevoir Ahmadinejad » ? Mais qui sont les autres? Et les suivants ? Et qu’est-ce qui est dit dans ce discours, ce credo antisémite ? Et quelle est cette « Communauté juive » qui exprime son inquiétude après ce discours ?
D’abord le discours. Il s’agit d’un passage à l’intérieur d’une allocution « lors d’une visite dans un centre d’hébergement de réinsertion de personnes sans domicile fina à Miranda, dans l’État de Zulia. » comme le rapporte le journal « Le Monde ».
Prononcé le soir de Noël, par le catholique pratiquant qu’est Chavez s’adressant à d’autres catholiques pratiquant, des très pauvres, la nuit de Noël. Retransmis comme la plupart des discours de Chavez sur la télévision nationale, on peut aller le lire sur le site Internet du ministère de la communication du Venezuela. Voici l’intégrale du passage incriminé, l’intégrale du discours « antisémite » de Chavez, de son « credo » : cinq lignes! Version originale pour ceux qui lisent l’espagnol :
“El mundo tiene para todos, pues, pero resulta que unas minorías, los descendientes de los mismos que crucificaron Cristo, los descendientes de los mismos que echaron a Bolivar de aquí y también lo crucificaron a su manera en Santa Marta, allá en Colombia. Una minoría se adueñó de las riquezas del mundo, una minoría se adueñó del oro del planeta, de la plata, de los minerales, de las aguas, de las tierras buenas, del petróleo, de las riquezas, pues, y han concentrado las riquezas en pocas manos: menos del diez por ciento de la población del mundo es dueña de más de la mitad de la riqueza de todo el mundo y a la… más de la mitad de los pobladores del planeta son pobres y cada día hay más pobres en el mundo entero. »
Traduction (de votre serviteur, qui a l’honneur de parler couramment espagnol, lui) : “le monde contient de quoi pour tous. Mais il se passe que certaines minorités (au pluriel dans le texte original), les descendant de ceux qui ont crucifié le Christ, les descendants des mêmes qui ont chassé Bolivar d’ici et qui l’ont aussi crucifié à leur manière à Santa Marta là bas en Colombie, une minorité s’est emparée de la richesse du monde, une minorité s’est emparé de l’or de la planète, de l’argent, des minerais, des eaux, des bonnes terres, du pétrole, des richesses et ils ont concentré les richesses en peu de mains : moins de dix pour cent de la population du monde est maîtresse de la moitié de la richesse de tout le Monde et a la… plus de la moitié des populations de la planète sont pauvres et chaque jour il y a davantage de pauvres dans le monde entier »
A l’évidence, la référence à « ceux qui ont crucifié le Christ » est allégorique. Le mot « les descendants » s’entend ici clairement au sens figuré. C’est un vieil usage du christianisme de gauche que d’identifier ceux qui ont crucifié le Christ aux puissances de l’ordre établi, de la domination et ainsi de suite. Au cas particulier du discours de Chavez c’est d’autant plus éclatant qu’il évoque ensuite « ceux qui ont crucifié » Simon Bolivar. A moins que quelqu’un prétendent aussi accuser les juifs d’avoir « chassé Bolivar » et de l’avoir « crucifié à leur manière » ! La référence allégorique est typique de la théologie de la Libération dont Chavez est un adepte (ainsi que Lula au Brésil). Le cœur de cette doctrine est « l’option préférentielle pour les pauvres » dont la figure du Christ est l’expression pour qui la libération dans la société des chaînes de l’égoïsme passe par la rupture des chaînes de l’argent. En témoigne la suite de la harangue du président Vénézuélien qui est elle aussi typique du vocabulaire des adeptes de cette théologie telle qu’elle est prise en charge dans les milieux révolutionnaires depuis les années 80. « Le Monde » rapporte :
« Dans ce discours, Hugo Chavez a également célébré « Jésus, le commandant des commandants des peuples, Jésus le justicier (…), le Christ révolutionnaire, le Christ socialiste », avant de conclure : « Plus que jamais le Christ nous manque. »
Voila pour le fameux soi disant « credo antisémite ». Quand à la communauté juive évoquée globalement par le titre, de qui s’agit-il? Du centre Simon Wiesenthal pour l’Amérique latine… Ce n’est pas rien. Mais ce n’est qu’un point de vue parmi d’autres dans la communauté juive latino américaine et à plus forte raison dans les institutions représentatives mondiale de la communauté. Ce n’est donc pas le point de vue « de la communauté » comme prétend le représenter trompeusement le surtitre de « Libération ». Dès lors, n’est-il pas disproportionné, quoique parfaitement conforme aux demandes des États-unis en la matière, de demander aux États latino américains, sur la base de ces cinq phrases de logorrhée christiano-révolutionnaire d’une nuit de Noël de bloquer le processus d’intégration du Vénézuéla au Mercosur trien que ca !alors qu’il s’aoit d’un tournant décisif dans l’histoire de cette partic cruciale du continent ? En utilisant des méthodes manipulatrices de cette nature pour harceler Hugo Chavez, le journal « Libération » veut discréditer le gouvernement démocratiquement élu du peuple Vénézuelien parce qu’il se situe dans une orientation de gauche altermondialiste. C’est parfaitement son droit en tant que journal d’opinion libérale. Mais il utilise frauduleusement pour cela une référence qu’il usurpe. Ce faisant il porte à la lutte contre l’antisémitisme un mauvais coup dangereux dans ses conséquences. On sait depuis la fable d’Esope qu’il ne faut hurler au loup qu’à bon escient. Sinon, à force d’y crier sans raison, ou d’appeler loup une bête qui ne l’est pas, on désarme la vigilance et la réactivité. C’est cela faire le jeu de l’antisémitisme.
15 janvier 2006 – Personne ne peut avoir raison contre « Libération ». Sauf le marché, bien sur…
L’escalade de « Libération »
Voici sous quel sous-titre. Lisez bien : « Les propos antisémites qu’a tenus le Président le 24 décembre divisent la communauté. » Je pense que dès le premier coup d’œil vous voyez la manœuvre. En dépit de tout ce que je viens de rappeler en début de cette note concernant les démentis officiels qui ont été opposés à ce qu’il faut maintenant nommer une entreprise calomniatrice, en dépit des premiers mots de l’article dont je parle à présent et qui posent la question « Antisémite ?
Pas antisémite ? » le sur titre tranche sans ambiguité : Chavez aurait prononcé un discours antisémite. Bref « Libération » persiste et signe. « Libération » s’institue comme une autorité en matière de lutte contre l’antisémitisme supérieur aux institutions de la Communauté juive Vénézuélienne, au Congrès juif américain, au Comité juif américain, à l’ambassade d’Israël au Venezuela. Cela pour pouvoir poursuivre une polémique destinée à nuire à l’image de Hugo Chavez dans l’opinion française. Je pense que la direction de la rédaction, qui doit surveiller tout cela (‘imagine), n’est pas préoccupée de savoir si oui ou non Chavez est antisémite et ainsi de suite. Je pense qu’il s’agit de pur orgueil : « Libération » ne peut pas avoir tort. Pourtant « Libération » a édité une page entière sur un sujet dont il est dorénavant prouvé qu’il est entièrement bidon et a consisté pour un journaliste paresseux à recopier un tuyau percé d’une officine de propagande anti-Chavez.
Puis « Libération » a publié une page entière à partir d’un courrier de lecteur bidonné et s’achevant par une déclaration d’intellectuels présentés comme de purs esprits libres sans mentionner leur engagement politique constant dans la lutte contre Chavez.
A présent, pour se couvrir « Libération » accepte donc (qui décide ?) de franchir une étape de plus dans l’escalade du montage. A la place du journaliste pris en flagrant délit de bidonnage, et qui a entraîné le journal dans une telle impasse professionnelle, écrit cette fois-ci une historienne de la shoah, respectée à juste titre m’a-t-on dit : Annette Lévy-Willard. Bien sur le journal lui fait endosser un surtitre et un titre sans lui demander son avis. Le reste de l’article est cependant bel et bien un montage dans la veine des précédents. Voyez plutôt.
De l’art de bidonner les traductions.
Cet article entretien un rapport avec la traduction des langues étrangères qui laisse pantois. Par exemple, il est dit que « les représentants » de la « petite » (sic) communauté juive Vénézuélienne « ne semblent aujourd’hui pas être d’accord avec ces accusations ». Premier constat : nonobstant le titre de l’article choisit par
« Libération » et endossé sans le savoir (en voilà la preuve) par madame Levy-Willard ce ne sont pas « des juifs vénézuéliens défendent Chavez » mais les représentants officiels de la communauté qui le font… Voyez cependant l’art des nuances : ils ne « semblent » pas d’accord ? Il y aurait un doute sur l’intensité du désaccord qu’expriment les phrases qu’ils ont rédigées à ce sujet ? Lisez : « The Venezuelan Jewish community leadership and several major American Jewish groups are accusing the Simon Wiesenthal Center of rushing to judgment by charging Venezuela’s leftist president, Hugo Chavez, with making antisemitic remarks. ». Traduction: « les dirigeants de la communauté juive vénézuélienne et plusieurs grandes organisations juives américaines accusent le Centre Simon Wiesenthal d’avoir fourni un jugement expéditif en accusant le président de gauche du Venezuela Hugo Chavez d’avoir tenu des propos antisémites ». Ce même procédé d’atténuation truquée est appliqué avec constance à l’expression de tous les aspects du point de vue qui dément l’info bidon de « Libération » sur le prétendu antisémitisme de Hugo Chavez. Ainsi, « We believe the president was not talking about Jews » est traduit : « Nous pensons que le Président ne parlait pas des Juifs ». Mais « we believe » se traduit sans aucune ambiguité : « nous croyons. » Ce n’est pas pareil, on en conviendra. Tout le reste est à l’avenant sitôt qu’il s’agit d’une traduction. Voyez plutôt. « Dans une démarche conciliante, des officiels vénézuéliens se seraient d’ailleurs rendus à l’ambassade d’Israël pour clarifier les propos du président. » Pourquoi mettre le verbe au conditionnel ? Y aurait-il doute sur la réalité du fait ? Pourtant dans la version anglaise, on lit :
“However, senior government officials met with Israeli diplomats in Caracas this week and said that the president’s remarks had no antisemitic intent or meaning, according to Livia Link, deputy chief of the Israeli Embassy. » Traduction : “Cependant, des hauts dirigeants vénézuéliens ont rencontré des diplomates israéliens à Caracas ce week-end et ont dit que les propos du président n’avaient pas dintention ou signification antisémite, selon Livia Link, vice-dirigeante de
l’ambassade israélienne. » Dans le texte pourtant cité comme source, il n’y a pas de doute, pas de conditionnel sur la réalité de la démarche faite en direction de l’ambassade. Et l’ambassade confirme. « Pourquoi faire comme si cette rencontre n’était qu’hypothétique ? » demande un lecteur de ce blog ? « Parce que cela permet dès lors d’éviter de reproduire les propos de l’ambassade : « She declined to be more specific or to provide the embassy’s views on the affair, saying that it was a Venezuelan issue ». Traduction : « Elle a refusé d’en dire plus ou de délivrer le point de vue de l’ambassade sur cette affaire, en précisant qu’il s’agissait d’une question vénézuélienne ». On a ici la meilleure preuve possible que les paroles de Hugo Chavez ne sont effectivement pas antisémites. Car peut-on penser un seul instant que si un chef d’État avait tenu des propos antisémites, l’ambassade israélienne aurait minimisé l’affaire en la renvoyant à un problème national ?.
Un ridicule appel au corporatisme des médias.
On ne m’en voudra pas d’attacher un peu d’importance aux lignes que le journal « Libération » me consacre à propos de cette affaire. Évoquant l’ampleur prise par la polémique, il m’en est attribué une part de responsabilité au motif que Chavez serait un héros de la gauche radicale à laquelle je comprends que je suis assimilé par cet article. Peu importe cette nouvelle reformulation de mon identité politique au point où nous voila déjà rendu dans cet article en matière d’interprétation. Mais je veux démentir absolument l’allégation selon laquelle j’accuserai « la presse et Libération en particulier de faire de la désinformation ». Chacun peut vérifier en lisant ma précédente note que ce n’est pas du tout ce que je fais. Je mets en cause une pratique protessionnellement inadmissible de truquage doublé d’une faute morale insupportable pour une conscience humaniste : l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme. Je le fais au nom d’une conception du métier de journaliste et de la place de l’information libre dans une société démocratique. Il est tout à fait possible de contester cette conception ou de la déclarer totalement angélique et inconsciente des réalités économiques, symboliques et culturelles qui pèsent sur toutes les consciences de notre époque et plus spécialement sur les journalistes. Je pense qu’en écrivant ces lignes madame Annette Levy-Willard avait en vue de provoquer chez ses lecteurs le même effet de disqualification de mon point de vue par le même procédé propagandiste que celui utilisé par son « confrère » trois jours plutôt contre Hugo Chavez. Il consiste non à s’intéresser à ce que je dis, ce qui est du domaine de la raison et de l’argumentation mais à disqualifier mon propos en dénonçant qui je suis. Comme il est peu probable que la banalité de mon identité politique soulève quelque réaction que ce soit madame Annette Levy-Willard doit d’abord me repeindre en « gauche radicale » ce qui est, par définition sous-entendue, un point de vue par nature excessif. Deuxièmement il faut m’attribuer un point de vue globalisant qui me disqualifierait mécaniquement notamment auprès des confrères (« n’hésite pas à accuser la presse et Libération en particulier de faire de la désinformation »). Enfin m’attribuer un rôle d’illuminé qui refuse les faits eux-mêmes. Quels faits est-ce que je refuse, ici, dans cette circonstance ? Ce point a son importance. Il va situer en une seconde quel rôle joue madame Levy-Willard, pour tous ceux qui ont suivi le cheminement pourtant embrouillé du démontage de cette provocation des milieux anti-Chavez. Quel fait ai-je osé nier ? Voyez. « le sénateur Jean-Luc Mélenchon (sur son blog) n’hésite pas å accuser la presse et Libération en particulier de faire de la désinformation quand les journalistes citent dans le texte le discours publié sur le site du ministère de la communication vénézuélien ».
En effet madame je nie que le texte réel du discours de Hugo Chavez dise ce que vous voulez lui faire dire ! Et je vous accuse de ne pas l’avoir lu vous-même. Retour donc à la case départ. Contre la caste toute puissante des imprécateurs de la rubrique anti-Chavez personne ne peut avoir raison. Ni le CRIF vénézuélien, ni les organisations juives américaines, ni l’ambassade d’Israël, ni celle du Vénézuéla ni à plus forte raison le sénateur Jean-Luc Mélenchon de la « gauche radicale ». Cela me vaudra j’en suis sûr d’ici peu un traitement spécial de diffamation car c’est dans la nature de ce type de caste arrogante de pourchasser sans trêve ni repos ceux qui la bravent.
Une protestation plus personnelle.
Cependant, je juge inadmissible pour moi que madame Annette Levy-Willard utilise ce type d’argument contre moi pour venir à la rescousse d’un confrère pris en flagrant délit de faute professionnelle. En effet, pour faire cette besogne pitoyable elle doit avoir recours à un procédé moralement insoutenable. Elle prétend que pour couvrir un antisémite avéré (selon elle) je serai prêt à mener campagne contre ceux qui le dénoncent. Mesurez-vous la gravité de l’accusation ? Cela est pourtant énoncé comme une banalité dans cet article. Sur le moment j’ai hurlé.
Non madame, je ne couvrirai pas un crime avéré pour protéger un engagement politique. Puis j’ai vu dans la nonchalance de l’écriture quelque chose d’un aveu sur ce qu’elle-même était en train de faire. Pour couvrir un collègue cette dame est prête à banaliser l’instrumentalisation de l’antisémitisme. Comme si l’antisémitisme n’était pas un crime. Comme si la lutte contre lui ne nécessitait pas rigueur et discernement. Comme si ceux qui s’en servent pour couvrir leurs propres fautes n’étaient pas des gens spécialement dangereux pour la lutte contre l’antisémitisme.
Je suis heureux de participer à une action ponctuelle de décryptage d’un bidonnage de presse. Cela parce que je suis engagé dans la lutte contre l’impérialisme américain et sa violence contre les peuples d’Amérique latine. Cela parce que l’instrumentalisation de l’antisémitisme est une bassesse qui me révulse à proportion du crime qu’est l’antisémitisme. Cela enfin parce que j’aime la presse et les problèmes que soulève son existence dans les sociétés de l’information comme les nôtres. J’ai commencé ma carrière professionnelle dans la presse et l’enseignement coup sur coup. Ce sont des expériences indélébiles. Mon héros de référence, Albert camus, était autant un homme de presse qu’un philosophe et je crois bien que c’était deux volets inséparables de ses manières d’être. Ses textes à la création puis l’arrêt de « Combat » sont des points de repères stables et féconds pour penser les devoirs de cette profession. Je vous en livre un petit régal. Pour apprécier totalement sachez que le texte ci-dessous est signé d’un grand homme de la presse actuelle. Devinez lequel.